Affichage des articles dont le libellé est Alain Nadaud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alain Nadaud. Afficher tous les articles

Le temps et le silence - I

La « société spectaculaire marchande » n’a de complaisance que pour les marchandises susceptibles de circuler à grande vitesse et donc de laisser sur leur passage la plus grande quantité possible de plus-value. Il en va bien entendu de la sorte pour les marchandises culturelle qui, même si elles sont hors de sens et sans contenu, n’ont d’autre fonction que d’alimenter, de manière ininterrompue les circuits de l’échange et, le temps de leur passage, de faire illusion. On ne leur en demande pas plus.

Alain Nadaud : Malaise dans la littérature, 1992

Han Ryner est mort
Alain Nadaud arrête
Mais le Tenancier porte encore beau, ma foi...

Tout cela fait assez miroir mais c’est comme ça : A l’occasion de la publication d’un billet sur quelques ouvrages d’Alain Nadaud, j’avais remarqué la chose suivante dans l’un de mes commentaires :
« Ajoutons, pour le curieux, et pas si anecdotiquement, que Nadaud fut l'auteur d'un roman dont je n'ai retrouvé le thème que deux fois, antérieurement. En effet, le thème de L'envers du temps ne se retrouve que dans le roman de de Philip K. Dick, A rebrousse-temps et la fantaisie d'Albert Robida : L'horloge des siècles.
Certes on pourrait adjoindre également L'étrange histoire de Benjamin Button de Francis Scott Fitzgerald à cette courte liste, mais là ce n'est qu'une seule personne qui rajeunit alors que dans les précédents récits, c'est bien le temps et l'Histoire qui repartent à l'envers... Quelqu'un connaît-il encore un (bon) texte sur ce sujet ? »
A cela, me répondait C. Arnoult :
« Dans deux contes des Voyages de Psychodore (1903), Han Ryner imagine un peuple entier (les "Rétrogrades") qui vit à rebours : les cendres contenues dans une urne sont versées sur un bûcher qu'on enflamme ; quand le brasier s'éteint, un vieillard en sort, qui va rajeunir jusqu'à sa disparition dans le ventre d'une femme...
C'est peut-être une situation intermédiaire entre L'étrange histoire de Benjamin Button et les trois autres romans. »
Il joint désormais le geste à la parole en diffusant ce conte sur son blog consacré à Han Ryner. Le Tenancier vous recommande d’aller y jeter un coup d’œil, bon sang !
Nous attendons, par ailleurs, le témoignage plus étayé du sieur Weaver au sujet d’un texte de Daniel Joubert sur cette thématique.
Comme on a de la suite dans les idées, on vous communique également la couverture suivante :


Alain Nadaud

On vous l’a affirmé plusieurs fois ici, ce blog n’est pas destiné à faire de la critique littéraire, le Tenancier de céans n’ayant plus la fatuité requise pour imposer un quelconque point de vue sur ses plaisirs personnels. L’âge venant, on devient humble, sans doute, ou alors lucide, en estimant que le rôle de gourou ne nous convient guère. Toutefois, le métier du dit Tenancier est de vendre des livres et de ressentir toujours cette sorte de communauté entre lecteurs des mêmes ouvrages ou à tout le moins de quelques univers connexes. Cela passe également par des non-dits, ou alors par quelque inflexion guère perceptible pour qui n’a pas lu ce qui était sur cette voie précise, à un moment précis. Et, au fait qui a lu Alain Nadaud ? Je veux dire, qui connaissait donc cet auteur avant que je lui en parle, que ce fut un client ou bien alors un proche ? Ceux-là, si je m’en souviens, se comptent sur les doigts de la main. Pourtant l'auteur n’est point si confidentiel, son œuvre est étendue et riche…
Et pourquoi me mets-je à en parler à brûle-pourpoint ? C’est qu’Alain Nadaud vient de sortir un nouvel ouvrage qui s’intitule « D’écrire j’arrête ».
On ne s’étendra pas ici sur les raisons de cet « arrêt », se bornant à reporter le lecteur à la parole de l’écrivain ici même.
De mon côté, on exposera quelques couvertures de livres glanés ici et là dans ma bibliothèque personnelle, inventaire très lacunaire puisque certains livres ne furent jamais rendus, ou bien peut être volés. Cette exposition épargnera par ailleurs bien de pénibles dissertations.
Qu’importe. Il est des auteurs qui vous donnent des raisons de continuer de lire, d’autres qui vous donnent également des raisons de continuer d’écrire. Certains encore, vous laissent l'envie de chercher dans leur œuvre et de viser à une sorte de complétude, mais point trop pressée, l'assouvissement s'accompagnant du plaisir de la rareté et de l'attente, comme lorsque l'on monte à l'escalier.

Voici un hommage analogue à celui qui avait été fait pour Jacques Abeille...