Le Tenancier n'aime pas l'école


Le Tenancier n’a jamais aimé l’école. Le temps passé à cirer les bancs de la classe fut plutôt employé à la rêverie dans le bleu des cieux et la fantasmagorie des nuages. Il y avait, et il y a toujours à ses yeux, cet enfermement dont se rendaient complices les adultes et la plupart des mômes. La servitude volontaire commençait là : notes et devoirs, bulletins, cahiers et carnets, tous ces obstacles qui fermaient chaque porte, chaque envie d’ailleurs. Le mioche qu'il était à l’époque était bien noté en « tenue », on prenait son absence méditative pour une disposition raisonnable. Parfois le carcan se desserrait brièvement. L’enseignant partait en « stage pédagogique » ou pour un autre prétexte. On respirait un peu, la classe rentrait en déshérence, s’égayait sur les territoires des morpions et des batailles navales ou bien alors vers des replis égoïstes, vers le néant bienheureux des cancres et des inassouvis. On vivait ainsi chichement, dans l’odeur de la craie. Cela ne durait pas, mais c’était comme une respiration dans l’air de ce printemps impromptu, même au cœur de l’hiver, une annonce prématurée du grand farniente estival.
Alors voilà, le Tenancier s’absente pour quelques jours. Il va en colloque – c’est un peu comme un stage pédagogique, mais on va picoler - avec d’autres complices du blog.
Amusez-vous bien, profitez-en. Et si d'aventure vous entrevoyez quelque chemin de traverse, laissez-moi l'indication pour que je vous y rejoigne.
À dans une semaine.

33 commentaires:

  1. A la recherche de traverses, on peut être sûr que notre cher Tenancier va se déplacer en train.

    Fort beau texte, pour le reste, cher Tenancier. Il m'a rappelé quelques souvenirs de la même époque. A la différence que mes rêveries, moi, me valaient des zéro de conduite. Sans parler des moqueries des bas de plafond de la meute.

    Otto Naumme

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  2. "Tu es là dans ton coin cachée, pensive et ravie", commençait le poème qu'une prof m'avait écrit en fin d'année, comme elle le faisait à chacun en fin d'année. La rêverie, donc, aussi. Bon colloque!!!
    Béatrice

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  3. Jouez pas les hypocrites, ArD, voulez-vous ?
    Otto, je sais que vous êtes un frère d'enfance.
    Béatrice, quelle prof !

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  4. Mais qu'il était mimi, le petit Tenancier !

    @ ArD : VeinArDe !

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  5. Otto, oui, et elle a marqué des générations d'élèves. Chacun avait son poème, au dos d'une carte postale dont le thème avait été minutieusement choisi. Le mien figure, encadré, en bonne place chez moi ainsi qu'à la boutique: c'était ma prof de français en seconde et première. Je n'ai mesuré que bien après combien son contact m'aura été salutaire....
    Béatrice

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  6. @Beatrice : "ravie" comme celui de la crèche ? Pas quand même...
    @Le Tenancier : votre photo est celle d'un jeune Doinel et me ravit aussi.
    Ah, la pauvre école ! Et dire que je ne l'aurais jamais quittée ! Avouerai-je en paraphrasant Zazie que je suis devenu prof pour faire chier les mômes ?

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  7. N'empêche... «la classe d'hyperactifs de Mlle Armelle» (Les beaux dimanches après-midi de chez Plonk, c'est ici !

    __
    ArD

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  8. Hyperactifs par intermittence, peut-être, mais me concernant j'aurais plutôt dit Les sous-doués à l'école

    Au fait, le Tenancier n'aime pas l'école, OK, mais il ne dédaigne pas les colloques…

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  9. Ce qui nous ramène à Rimbaud, trop délaissé dans les commentaires, me semble-t-il, depuis quelques envois :
    Que faut-il à l'homme ? boire.

    Sinon je remarque que "colloque" est l'inverse de "soliloque".

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  10. Décidément, je me délecte de cette photo : le petit Tenancier s'y montre radieux, on le sent plein de confiance dans l'avenir, à mille lieues de s'imaginer l'avènement de la liseuse et les tourments de notre époque…

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  11. Oui, le p'tit Tenancier était heureux. Il ne connaissait pas le désarroi hormonal, considérait les filles comme un pays magique et rêvait en couleurs. Il ne buvait point non plus.
    Mais il avait déjà son caractère.

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  12. Le désarroi hormonal est devant vous, cher Tenancier !
    __
    ArD

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  13. Peste ! notre cher Tenancier serait-il menacé par une variante d'ancien chef du KGB (Andropoz) ?

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  14. Mais ce désarroi est à prendre non comme une déréliction mais comme le constat d'une chose inédite...

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  15. J'espère n'avoir commis aucune indiscrétion en désignant quelques uns des participants à ce fameux colloque : j'ai l'habitude de partager mon logis avec d'autres et je sais qu'il y a des colloques à taire…

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  16. Oh, pas plus que d'habitude, George...
    :-)

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  17. Pas moins que d'habitude, George. Depuis votre arrivée sur les Feuilles, on a eu le temps de s'habituer... Votre première bourde d'ailleurs, lorsque vous arrivâtes, a bien failli fusiller mon Mystère!

    On vous apprécie comme ça :)
    ArD

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  18. D'ailleurs, George, vous avez ceci en commun avec ma sœur (oui, celle qui a fait l'objet d'une rubrique ici) quelle commet bourdes, gaffes et bévues avec le même naturel que vous... et avec la même innocence.
    Quand on le sait, cela devient un charme plus qu'un défaut !

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  19. Ah ben d'accord : me voilà bien garni !

    Mais je ne vois pas bien de quelle bourde vous parlez, ArD : le fait d'avoir établi un rapprochement entre la Fabuloserie et les éditions Robert & Lydie Dutrou ?

    Je note incidemment que le premier commentaire de SPiRitus, lors de ce troisième épisode, commençait par :
    "Et voilà de nouveaux indices, qui nous plongent plus encore dans le brouillard"…
    La solution était là, évidente pour quiconque n'aurait pas eu le regard aveuglé par les hypothèses les plus farfelues : ce mot "brouillArD" signifiait tout simplement que la responsable de l'embrouille n'était autre qu'ArD !

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  20. Ce qui nous amène au Château des Brouillards, où vécut un temps, dit-on, GérArD ainsi que Georges IzambArD...

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  21. Quel Passepartout à la clef de ce brouillard ?

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  22. Je ne sais pas mais gardons eSPoiR !

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  23. SaPRisti, ces énigmes ne sont pas sans fArD !
    Avec tous ces bobArDs, faudrait de l'aSPiRine…

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  24. Pardon, Tenancier, je n'avais pas remarqué le vernis bilingue de votre question.
    Mais nous avons déjà dépassé les 80 jours, sans avoir fait le tour de ce M…-là !

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  25. ConSPiRer, secondés d'un type en gabArDine,
    SupPrimer tout suspect dessous l'astre blafArD.

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  26. Méfiez-vous, un œil noir vous regarde.

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  27. C'est l'apéro à l'opéra
    Au Bon Repos des petits rats

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  28. Plus qu'un œil, c'est un firmament oculaire qui vous scrute : le paon fait la roue.

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