La critique est très facile !

Vous le connaissez, Le Tenancier est moderne. A ce titre, il ne voit pas pourquoi il se priverait de la fréquentation de Facebook de temps à autre pour y retrouver SPiRitus ou bien quelques confrères, amis, connaissances, etc. Le Tenancier, ainsi, renseigne tout ce beau monde sur les parutions du blog, signale les nouvelles entrées dans son catalogue de livres neufs. En retour, il reçoit également des nouvelles, des annonces et y réagit à son gré. On ne sait pas toujours avec qui l’on est acoquiné. C’est un peu la loi du genre et cela permet de faire parfois d’heureux échanges. Le Tenancier à d’ailleurs la ferme intention de continuer.
Parfois, cela coince.
En voici un exemple qui alla plus loin que je ne l’avais désiré au départ, me fit me poser quelques questions et, ayant tiré la pelote, me fit aboutir à quelques considérations sur la lithératüre, sur internet et sur la notion de critique littéraire un peu inquiétantes…
Ici, je vais mettre en cause une personne nommément. On se plaira à considérer celle-ci comme représentative d’une tendance et d’une pratique issues d’un système, plutôt que de vouloir découvrir de malhonnêtes intentions de la part de cette personne. Nous la considérons même un peu comme une victime inconsciente, quelque peu inconsciente, en effet. On a décidé d’exposer son nom car elle a elle-même décidé de le faire pour son propre compte en exposant publiquement ses productions. Ce faisant, elle en autorise en quelque sorte l’inventaire.
Ainsi, avant de couper son ordinateur, la veille de la rédaction de ce présent billet, Le Tenancier tomba sur une annonce dont il n’a pas gardé la trace mais dont la teneur était approximativement la suivante :

« Rentrée Littéraire : Les haïkus de Sôseki. »

Suivait un lien vers la librairie en ligne Amazon.

L’annonce était signée d’une certaine Pascale Arguedas, qui faisait effectivement partie de mes « amis ». Amusé par l’intitulé j’allais de mon commentaire en signifiant que l’auteur était effectivement un petit jeune qui en voulait (Sôseki s’est suicidé à l’âge de 49 ans en 1916, rendant ainsi la notion de rentrée littéraire… plutôt exotique à nos yeux de Tenancier) Rien de plus, pas de laïus, cette simple remarque, au préalable. Hilare et certes un peu balourd (quoique) j’ajoutais en substance qu’on pouvait en passer ailleurs que par ce site de vente et agrémentais cette fin de commentaire d’un lien vers ici même, vers le billet qui évoquait les conditions de travail dans cette boîte. Rien de bien méchant. Je coupais mes ordinateurs sans même songer plus avant à cela et allais me coucher. Au petit matin, je reçus un message qui se transforma en dialogue qui suit :

Cher Yves Letort

Chez moi on est poli, on dit bonjour, on essuie ses pieds avant d’entrer et on parle gentiment sans s’énerver. Si ça ne vous plait pas, rien ne vous oblige à venir me lire. Amazon n’est pas l’intérêt de ce post. Plutôt la poésie et un roman zen.
Bonne soirée, Monsieur.

Pascale Arguedas
____________________

Bonsoir, alors.

Je parlais gentiment et suis toujours prêt à causer de Sôseki que j’aime beaucoup. Je sais par ailleurs qu’Amazon n’est pas le sujet, mais il faut alors chercher vos sources ailleurs, si vous ne voulez pas qu’on en parle. Faites un couper/coller sur l’image du livre et lâchez-vous, au lieu de mettre un lien vers eux ! Vous verrez, on n’est jamais aussi bon que lorsque l’on parle de ce que l’on aime au lieu de laisser parler les autres ! Si vous n’appréciez pas l’ironie, pas de problème, cela ne m’empêchera pas de dormir. Je crois que l’on va arrêter là, ça ne vaut pas la peine, hein ?

Yves Letort
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Bonjour,

En effet, ceci est mon dernier courrier. Les moralistes qui me disent ce que je dois faire, chez moi, me lassent. Je ne vous ai pas attendu pour me « lâcher », comme vous le dites avec tant d’élégance, consultez mon profil avant de m’agresser, j’ai dû le faire quelques milliers de fois, gratuitement. Après votre « gentil » post d’hier soir, les gens s’insurgeaient de votre arrogance, suffisance, j’ai tout supprimé pour ne pas vous desservir. Ne me remerciez pas de vous rendre service.

Bonne chance, ailleurs qu’ici, Monsieur.

Pascale Arguedas
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Moraliste, moi…
C’est très aimable à vous.
Vous êtes gentille.

Y.L.
Auquel j’ajoutais un codicille quelques minutes après :

Ah oui, au fait, rien trouvé dans ce que vous faites qui me donne envie de me prosterner. Du reste, j’aurais horreur de cela.
Mais c’est bien. A force d’aimer la littérature, elle finira bien par vous rendre la pareille.
____________________

Force nous était de réfléchir sur cet incident et cet échange d’amabilités. Avions-nous été trop lapidaire sur le compte de Sôseki, nos propos étaient-ils insinuants, nuisibles voire injurieux ? Moqueurs, oui. Mais, je crois que c’est surtout parce que l’on citait Amazon, et pas forcément dans son aspect positif et valorisant pour Pascal Arguedas que celle-ci réagit ainsi.
Pourquoi ?
Il fallait rechercher dans la rage de cette personne à vouloir faire reconnaître son travail d’écriture et aller à la source de son acharnement à vouloir s’imposer dans le champ de la littérature. On incitera le lecteur à se reporter au long entretien auquel elle se prêta sur un site et dans lequel elle exprime son dépit de ne pouvoir accéder au travail de critique appointé, voire à des sites bénévoles. Elle conçut alors le projet de créer son propre site qui parlerait de l’actualité littéraire. Le projet correspondait à un idéal et une foi dans la littérature. Du reste, de nombreuses tentatives – réussies... – jalonnent le parcours de Pascale Arguedas.
Faire un site littéraire, cela est louable en soi. Sa volonté de ne formuler que des critiques positives dans ses pages ne démontre rien sinon qu’un parti pris et une certaine disposition à la mansuétude. On a le droit d’aimer. On est parfaitement libre de ne vénérer que la mousse et le pampre.
Le bandeau le signale bien, c’est le site personnel d’une critique littéraire. Elle s’y adonne avec passion et gratuitement.
Quoique.
De nombreuses pages renvoient directement au site de vente d’Amazon et à défaut un lien vous incite à vous y rendre au bas de chaque article. On sait que de tels sites proposent des liens sponsorisés. En effet, pour chaque personne redirigée vers ce site, on se voit crédité de quelques centimes. Aurions-nous à y redire ? Après tout, nous avons tous le droit de recommander un commerçant dont nous sommes satisfaits. Pour autant, Pascale Arguedas ne s’est pas positionnée dans le clan du vulgus pecum mais clairement comme une critique littéraire. Se pose alors clairement la question de l’indépendance clamée par cette même personne. Comment peut-on être juge et partie ? Comment pouvoir dire du mal et en même temps attirer les clics vers la page concernée ? Vous me direz : « Ça tombe bien, elle ne dit jamais de mal ! ». Oui, en effet, ça tombe bien.
La question se pose : COMMENT PEUT-ON ÊTRE CRÉDIBLE ?
Ainsi, Le Tenancier avait tout faux. Sôseki était disculpé et la piste d’Amazon était renforcée.
Le pronostic ne s’améliora pas.
On mit sous mes yeux la page suivante :




Ainsi, non seulement les « critiques » renvoyaient au site d’Amazon, mais Pascale Arguedas y écrivait également. Honnêtement, nous ne savons pas clairement si cette tache est rémunérée. Ce que nous savons, d’après l’entretien précité, c’est qu’un partenaire était activement recherché. Est-ce ce site ? Et puis il nous apparut clairement à ce moment précis que cette personne avait réagit à notre commentaire non pour la remise en cause de son talent de critique, sa justesse d’analyse, mais bel et bien parce que nous avions touché directement à son portefeuille. Pour éviter une telle méprise à l’avenir, nous lui suggérons aimablement de changer quelques menues choses : de remplacer le mot « Critiques » par « Publi-reportages » et l'appellation de critique littéraire par le terme de son choix. Et surtout, qu’elle arrête définitivement de se proclamer indépendante.
Car, si nous croyons, a priori à son innocence, nous ne pouvons qu’être obérés par cet aveuglement têtu, à moins qu'il ne soit à des fins mercantiles, ce qui nous obligerait à reconsidérer notre point de vue.
Nous attendons, également, impavide, la cohorte de ses supporters.
Cette dérive de la notion de critique littéraire n’atteint pas que les amateurs. On découvre çà et là des liens sponsorisés assez inhibiteurs, semble-t-il, pour les sens aiguisés de professionnels. Ces journalistes, possesseurs de la Carte de Presse pratiquent cette fâcheuse accointance dans les blogs qu'ils ont développés ça et là. On ne fera l’injure à personne de dire en quoi la confusion entre la critique et la vente est préjudiciable et pourquoi on ne peut être juge et partie. La chose est tellement aisée, le lien tellement tentant à faire, un moment de faiblesse si vite oublié et la récompense tellement facile… Il faut avoir une piètre opinion du métier de critique ou de journaliste, même exercé en amateur, pour imaginer que l'on puisse le pratiquer en collaborant directement avec un libraire ou un éditeur et en étant appointé par les mêmes. Une chose est pire encore, c'est de se proclamer indépendant ! Ce mercenariat, dans le jargon du métier de journaliste, s'appelle "faire des ménages".
On se plait à penser que les colonnes de la Quinzaine Littéraire se nourrissent de probité, comme à Positif pour la critique cinématographique. On aimerait que les exemples viennent de là.
La prochaine fois que vous entendrez parler d’un livre, demandez-vous pourquoi vous le voulez et qui vous en a parlé. Et dites-vous bien qu'une critique négative donne autant à lire et à voir que des coups de brosses appointés.
____________________

Post scriptum, le lendemain : On disait plus haut que le cas de Pascale Arguedas n'était que l'épiphénomène d'une dérive plus inquiétante encore. On découvre à quel point celui-ci est anodin, voire banal lorsque l'on découvre le billet du blog de Cynthia 3000 et du débat qu'il a suscité dans ses commentaires...

31 commentaires:

  1. Cette fille n'est pas, hélas, à la fois juge... et partie !

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  2. En tout cas, Le Tenancier n'en revient toujours pas...

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  3. Et moi je reste scotchée.

    J'apprends que l'exercice d'un tel métier peut se réduire aux balbuties d'un imaginaire éprouvé par la difficulté d'en vivre.
    L'indépendance affichée allègerait donc la force de la pesanteur compromettante... hum !

    L'indépendance libertaire, Tenancier, ça existe ?

    --
    Rien à dire : la critique et aisée et l'art est difficile.
    DrA

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  4. L'indépendance libertaire ne consisterait en tout cas pas à vouloir faire taire ses contradicteurs, puisque la susnommée à joué les Anastasie sur Facebook avec moi. Je sais, du reste que je n'ai pas été le seul, par le passé. Je pense que les adeptes de ce genre de posture se donnent une image libertaire plaquée sur des pratiques libertariennes - un des paroxysmes du libéralisme.

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  5. bonjour ,
    j'aime beaucoup Soseki et que l'on publie en profondeur son oeuvre me semble une bonne chose,
    je ne vous connais pas mais je vois mal ou vous voulez en venir , pourquoi ne pas signaler que la rentrée littéraire nous réserve au moins une bonne surprise parmi sa prévisible cohue d'immondice littéraire, il va falloir faire le tri, hélas, qui va le faire ? les libraires? hélas en acceptant de devenir uniquement des marchands et cesser d'être des amoureux du livre, les libraires ne sont plus crédibles, j'en ai connus de grands (amoureux du livre et de la littérature) et me désole de leur disparition ;
    pour moi le métier de libraire, s'il veut résister aux géants du net et aux supermarchés doit redevenir ce métier passionné et engagé qu'il peut être en prenant position pour ou contre une certaine culture et littérature ;
    de même que tous les autres intervenants du circuits du livre. peut être en êtes vos un ?

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  6. Vous avez un certain style, Yves Letort, mais vous avez le tort d'être complètement à côté de la plaque. Du coup, il ne vous manque plus qu'un Sancho Panza pour nous faire totalement rire. Pascale Arguedas, que j'ai eu l'occasion et le plaisir de rencontrer, est d'une telle probité (trop à mon sens) que vos propos suffisent à eux seuls à vous autopulvériser et à vous ridiculiser dans toute le monde internautique. Il ne vous reste plus qu'à choisir votre tonneau, et comme Diogène, à haranguer les foules à l'entrée de votre librairie. Car désormais, sachez-le, vous êtes tout nu aux yeux de tous !!! Cela ne serait pas grave si cela ne vous avait pas échappé.

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  7. Ma chère Angèle,

    J'aimerais beaucoup que vous m'expliquiez en quoi je suis à côté de la plaque. Parce qu'à part me témoigner que Pascale Arguedas est à votre avis d'une intense probité, vous ne m'expliquez guère en quoi elle fait preuve dindépendance dans son travail de critique. Vous ne faites guère plus de preuve de méthodologie dans l'approche critique que la personne que vous défendez. Il vous faudra alors un petit peu plus de virtuosité dans l'argumentation ad hominem que le "c'est celui qui dit qui y est". Revenez donc me voir, si si, et démontrez moi, par exemple, qu'un Bory, un Faguet, un Kanters (je ne suis pas sectaire, je pioche partout !) émargeaient chez les libraires ou chez les éditeurs pour rédiger leurs articles. Mais il est vrai que lorsque l'on évoque ceux-là à côté de pascale Arguedas, on se dit que comparaison n'est pas raison...

    aloredelam, Sôseki est un de mes auteurs favoris dans la littérature japonaise de l'ère Meiji. Si vous voulez connaître mon point de vue sur le métier de libraire, je ne puis que vous inciter à parcourir ce blog. Vous y êtes bienvenu(e) !

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  8. Cuistre et de surcroît paternaliste. Et on y va avec le loukoum "Ma chère Angèle" après l'estocade gratuite et délirante sur Pascale Arguedas. Drôle de méthodologie qui ressemble à du racolage sur la voie publique. Qu'est-ce qui se passe ? Elle fait faillite votre petite librairie ? Il faut revoir vos techniques commerciales d'autopromotion. Ca sent la cannelle rancie.

    Yves Thomas

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  9. Alors Tenancier, ainsi vous êtes "tout nu aux yeux de tous" ? Remarquez, vous êtes coutumier du fait (cf "L'impossible représentaion", 1er août 2009).
    Tout nu, donc, mais qui plus est ridiculisé dans "tout le monde internautique" (quelle connerie, cette expression) ? Souffrez alors que je sois à vos côtés - Otto est évidemment le bienvenue : knacks et/ou choucroute au chaud...

    Ah oui, j'ai décidé de créer votre Comité de soutien et d'en prendre la tête : première convocation dés la rentrée - à cet effet, j'ai déjà retenu une cabine téléphonique, mais soyez sans crainte, je connais personnellement quelques membres influents du directoire du Stade de France.

    S'agissant enfin de mon commentaire "proprement dit", c'est très simple : il suffit de reprendre votre billet, cher Tenancier, de la première à la dernière ligne.

    Dernièe chose : j'aime bien quand vous parlez comme Alain Delon...

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  10. Yves Thomas, que voulez-vous répondre à cela ?
    Christophe Bohren, j'accepte cette souffrance avec joie. Je vous parlerai comme Alain Delon devant un bon vin d'Alsace.

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  11. Le comité de soutien, il s'appellerait... Doucement les basses ?
    Bon, d'accord !
    ArD

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  12. ArD, on vous convie également autour du vin d'Alsace ! Du reste, je crois que les ordres du jour du Comité se limiteront à une question cruciale : Knacks ou flammenkueche ? Parce que, pour l'instant, mes contradicteurs n'ont pas grand chose à m'opposer.

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  13. Je m'inscris de ce pas au Comité de soutien lancé par Chr. Bohren. Et je n'ai pas besoin d'être comme Saint-Thomas pour y croire.

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  14. Cette invitation qui m'agrée n'en est pas moins subversive, car comment garantir mon "indépendance" en étant à la fois membre du F.U.I.C.T. et adhérente au Comité de soutien ?
    C'est un peu comme si vous m'incliniez à être juge en la Parthie, vieille satrapie aux contreforts montagneux qui essoufflent ses contradicteurs.
    Mais les Parthes étaient de bons cavaliers, alors... bref, je réfléchis (aux knacks bien entendu).

    ArD

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  15. Mais, ArD, vous êtes un flèche, vous saurez vous en sortir.

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  16. Ils sont légions sur la toile les "critiques littéraires" affiliés aux multinationales du livre, ramassant les miettes tombant du panier des supermarchés. Barons et rabatteurs, appointés à quelques centimes le clic par les décideurs du marché culturel. Allons-nous les dénoncer tous ? Après une visite sur le blog de Pascale Arguedas, je constate qu'il ne s'agit nullement de critique littéraire. Les chroniques y sont d'une effrayante indigence, digne d'un 4e de couverture, une accroche tout au plus. Non, décidément, la critique littéraire ce n'est pas ça. Les billets d'humeur, écrit dans une langue que j'ignore (un exemple, parmis tant d'autres : "Mon bonheur palpite là, au cœur d’une chaîne de mots et de gens du monde."???), semblent parler de littérature, citent des auteurs, des extraits de textes et se terminent tous par des listes de livres (sans le moindre commentaires) liés avec... Amazon. Les biographies sont, comment dire pour rester aimable ? succinctes ? elles vous entraînent de nouveaux vers le site... d'Amazon. Comment ne pas comprendre alors le coup de "chaleur" du Tenancier en voyant la rédactrice de ce gentil blog personnel, mal écrit et mal conçus comme tant d'autres, se prévaloir du titre de critique littéraire ? Puisque Pacale Arguedas, nous conseille des livres, je terminerais en lui conseillant dans un premier temps la lecture des "Promenades Littéraires" de Remy de Gourmont, ainsi que celle des "Feuilletons littéraires" de Pascal Pia (les volumes sont sûrement disponibles chez Amazon...), elle comprendra peut-être ce qui sépare les pauvres blogueurs que nous sommes des critiques littéraires. Je ne comprend pas les défenseurs de Pascale Arguedas, comment ne pas voir que ce blog est un prétexte pour renvoyer ses lecteurs vers un site de vente en ligne ? Une liste de conseils de lecture, donnée par une lectrice dont je ne doutes pas de la passion, mais qui n'est, et je pense ne seras jamais une critique littéraire. Puisque qu'un exemple vaut mieux que de longues explications je renverrais pour la comparaison vers un blog où sans prétendre à la qualité de "professionnel", une jeune lectrice fait part de ces lectures, http://carnets-plume.blogspot.com/, on y verra d'autant mieux les manques de la rédactrice de Calou.

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  17. Ah oui, mais.
    Si P.A. et Plumes se distinguent quant au contenu intrinsèque de leurs compte-rendus de lecture, l'onglet "voir tous mes livres" chez Plumes aboutit aussi chez Fnac, Amazon et compagnie.

    La différence réside dans le fait qu'une seule des deux s'affiche comme critique indépendante et ne l'est pas, puisqu'elle fait fi de la déontologie de la critique qui voudrait que justement elle fût indépendante !

    Dans cette affaire, il faut se garder de faire prévaloir le cas Arguedas sur l'étude de cas en elle-même.

    Au fond, ce billet n'est-il pas là pour signifier que ces "compte-rendeurs" littéraires exercent en tant que "rendeurs-de-comptes" pour le profit d'une industrie du livre et que, par ce biais, ils nuisent à ce qu'ils appellent leur "passion" ?

    Quand on défend un aval, on se préoccupe de l'amont avant toute chose ! Acheter ses livres chez Amazon, c'est comme acheter son lait biologique chez Carouf ! La meilleure façon de mettre un terme à la diversité et à la production de qualité consiste à favoriser l'hégémonie en matière distributive.

    Une fidèle anonyme.

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  18. Que des associations ou même des blogueurs profitent du système instauré par la grande distribution pour alimenter leur caisse, cela ne me perturbe pas outre-mesure. Je connais des cas ou l'argent reversé aide à payer un gueuleton entre les membres. C'est une chose sympathique, d'autant que nous avons connaissance de l'amateurisme affirmé de ces personnes. On ne reste donc pas dupes de ces liens vers des sites marchands. Il n'en va pas de même des personnes qui se réclament d'une expertise, en l'occurence du statut de critique et qui voudraient échapper totalement à l'éthique qui s'y rattache. Nous ne parlons plus ici, d'ailleurs, de la capacité à rendre compte, du talent, de la culture, du travail que sous-tend cette activité, mais bel et bien de l'éviction nécessaire du critique professionnel du système marchand. On m'excusera ici de citer le précédent historique que fut le programme du Comité National de la Résistance, qui préconisait la séparation des organes de presse de toute système financier qui pourrait s'en assurer la sujétion. Cela signifiait en clair que le CNR désirait clairement une séparation entre la presse et les système financiers qui risquaient d'infléchir l'objectivité de la presse. Il suffit, à l'heure actuelle de regarder autour de soi dans la presse actuelle et nous dire que nous avons des soucis à nous faire. Nous avons choisi une société qui laissait libre cours à la spéculation, même sur un de nos besoins élémentaires, celui d'être informés. En cela, nous avons tourné le dos à l'idéal de la résistance. Voici un des alinéas du texte du 60e anniversaire de ce programme :
    "Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la communication marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil National de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944."
    Que dire alors du système qui vise à encourager la sujétion de critiques auto-proclamés aux extrêmes déréglements d'une société marchande ? Devons nous accepter cette sorte d'anomie, de normalisation par le marché ? Voulons-nous le même abreuvoir, le même robinet pour la même pitance sans saveur ? Devons-nous accepter un système qui abolirait les maigres cloisons qui restent encore entre les marchands et la presse au prix de la destruction de ceux-là et au profit d'une expertise auto-proclamée ?
    Le cas que représente Pascale Arguedas n'est que l'exemple médiocre d'une patique qui se généralise à tous les niveaux. Elle n'est pas la seule, elle n'est que la figure pitoyable d'un symptome inquiétant : les prémisses d'un enterrement en grande pompe des moyens d'information indépendants, les rares qui restent encore. On oublie un peu vite que chaque profession - librairie, presse, édition,pour ce qui nous intéresse ici - est liée à un code de conduite, une charte, une éthique qui s'apprend et se transmet à des pairs et non une singerie sans esprit.
    Sur la colonne de gauche de ce blog, vous trouverez également des gens talentueux... ils sont bénévoles et ne renvoient à aucun marchand. En cela ils sont libres, indépendant, passionnés et passionnants et je puis les lire quant à moi sans arrière-pensée.

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  19. PS : hélas, et vous le savez, cher Tenancier, le programme du CNR sert maintenant de hochet - ou du moins une enveloppe vide sur laquelle on a honteusement gribouillé ce noble nom - à une valetaille politique qui sait à merveille se servir des mots ("Jaurès", "Blum", "CNR"...) sans jamais se préoccuper de leur sens.
    On a les hommes politiques que l'on mérite.

    Otto Naumme

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  20. Ah la la… On ne peut s'éclipser le temps d'un week-end "déménageux" sans que le Tenancier en vienne à montrer ses petits poings. Ce n'est pourtant pas faute de lui avoir conseillé de ne pas perdre son temps avec des personnes – et des démarches – qui n'en valaient pas la peine.
    Parce que, certes, "l'affaire" est "grave", mais les marchands sont revenus dans le temple depuis belle lurette et le dernier à avoir râlé contre cela est encore en train de sécher sur deux bouts de bois croisés, si l'on peut tenir pour fait historique ce que l'on peut voir dans nombre de ces grandes bâtisses où une population toujours réduite de grenouilles vient faire sa gymnastique du dimanche matin.
    Après, bien sûr que l'indépendance, ça se mérite. Tout autant que la bonne cuisine, dirons-nous… Et, de mon simple point de vue, en tombant sur des internautes confondant allègrement éthique et Euro, je me contente de passer mon chemin, sans même prendre le temps de donner mon sentiment (pourquoi donnerais-je quelque chose à un commerçant ? C'est bête comme réflexion, hein ?).
    Mais bon, là, j'adhère bien évidemment au Comité de soutien du Tenancier (en ce qui concerne son embonpoint, il en a bien besoin, de soutien !) créé par notre cher Chr. Bohren. D'autant plus que je me laisserai toujours circonvenir par knacks, choucroute et Riesling (entre autres). J'en profite de ce fait pour rassurer notre chère ArD, l'on peut être adhérent au F.U.I.C.T tout en rejoignant par ailleurs le Comité de soutien. Il suffit simplement de payer pour pouvoir en parler (le fameux "contrat diction").
    Pas tant que notre cher Tenancier ait besoin d'être défendu. Il faudrait qu'au moins son opposition ait quelque tenue pour qu'une aide lui soit nécessaire. Et on en est loin. En fait, les "cohortes" des défenseurs de la dame Arguedas me laissent songeur (et un tantinet rigolard, mais paraît qu'il faut pas se moquer…). Pratiquer l'insulte semble le seul moyen d'expression à leur disposition pour défendre "l'icône" qu'ils semblent idolâtrer.

    Mais c'est ce côté sectaire ("pas touche à mon icône"), "t'es grillé auprès de tous mes copains", "l'enfer va s'ouvrir sous tes pas, Lucifer" – eh oui, Satan m'habite…) propre à de nombreuses "communautés" qui me défrise un tantinet. Toute critique contre le "gourou", qu'il se prétende homme d'Etat, "critique littéraire indépendant" ou apparaissant dans une émission de télé-réalité (z'avez remarqué, le point commun, c'est la "fenêtre médiatique") est instantanément vécue comme une agression. Et, comme telle, véhicule une réponse qui annihile toute possibilité de débat : "c'est c'lui qui dit qu'y est" ou "tu vas voir ta gueule à la récré". Quelque part, je ne suis pas très surpris, j'ai souvenance de m'être fait copieusement traité pour avoir associé ces deux termes : "participants à Loft Story" (ou Nouvelle Star ou StarAc, tout pareil) et "débilité". Réfléchir est devenu une activité risquée, surtout si l'on pense "différemment" – autrement dit si l'on persiste à penser par soi-même (de manière autonome, me souffle un esprit facétieux…). On n'en est pas encore à la police de la pensée, quoique…
    Enfin bref (j'aime toujours écrire "bref" à la fin d'un truc vachement long…), tout ça finit par ressembler à la rencontre de deux bandes de supporters de clubs de foot concurrents. Et ça n'a guère d'intérêt.

    Quant à dire que le Tenancier est maintenant tout nu, je sais que c'est faux : tous ceux qui l'ont vu ainsi ont perdu la vue. Je peux vous le dire, j'écris sur un clavier en braille.

    Otto Naumme

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  21. Cher Yves, une petite missive anniversaire. Je n'ai guère envie de sortir un grand couteau pour tailler en pièce la pauvre Pascale Arguedas, mais il faut dire que son comportement virtuel me semble relever de l'éthique du Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. "Prendre son temps, ne pas défoncer les portes à coup de bulldozer sans y être invité. Cette douce pensée n'est pas du tout conseillée aujourd'hui où il faut se montrer rapide, agressif, égoïste et entrepreneur pour être vu, lu, entendu", écrit cette dame dans la rubrique Billets d'humeur de son site. Ceci explique sans doute qu'elle ait pris si vite la mouche dans vos touchants échanges. Et dans celui, fort bref, que j'ai eu avec elle concernant les sites marchands amazon.fr et fnac.fr sur Facebook. Pascale Arguedas y avait posté un sondage auquel elle priait ses Facebook friends de répondre : lequel de ces deux sites leur paraissait le meilleur ? Le commentaire facebookien étant par essence un exercice libre (voire digressif), je lui répondis donc que l'un comme l'autre se montrant léonin dans leurs relations avec les petits éditeurs (sans parler des vermisseaux lilliputiens que nous sommes au Visage vert), il valait mieux les éviter. Et hop ! Le lendemain, le commentaire avait disparu, en même temps que l'explication de la dame sur les raisons qui l'avaient poussé à publier ce sondage — de mémoire, une réflexion sur l'affiliation au site fnac.fr
    Je lui demandai donc la raison de cette gentille censure, et elle m'expliqua que ces commentaires ne répondaient pas à la question. C'est une façon de voir, avec une belle paire d'œillères. Pascale, si vous vous promenez sur cette page, faites donc un effort pour comprendre qu'apporter de l'eau aux deux gros moulins que sont la Fnac et Amazon, ce n'est pas très malin quand on aime (comme vous) la Littérature, avec un très grand L. Nous l'avons compris, pourtant, nous autres nabots verts qui aimons surtout celle qui rampe, ayant de trop petites ailes pour bien voler. Et puis-je vous conseiller une excellente lecture ? Le Manifeste du Zaporogue, absurde, grossier, violent, gratuit.
    C'est ici :
    http://www.lulu.com/content/paperback-book/le-manifeste-du-zaporogue/7542545
    (Téléchargez-le gratuitement, le faire imprimer ne rapporte de sous qu'à lulu.com)
    Là-dessus, Pascale, je vous quitte ; Yves, excellente journée.

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  22. En tout cas, le procédé qui consiste à censurer un contradicteur au prétexte que l'on y trouve pas les propos qu'on espère y trouver rappelle fort des moeurs d'un autre âge. On rappellera utilement que dévoiler ses propos sur la place publique expose celui qui les émet à une possible contradiction.A lui de réfléchir aux suites, aux réponses et aux conséquences de ses dires et de ce qu'il proclame. Personne ne doit accepter les ciseaux d'Anastasie aux spécieux prétexte d'un hors sujet (ce qui n'était pas le cas du Visage Vert ni du mien) ni que l'on sous-tende cette censure comme l'expression d'un bienfait pour soi-même. Il faut même avoir une singulière conception de la liberté d'expression à l'idée qu'une personne dont on a supprimé un avis puisse vous remercier pour cela. Ce genre de concept devait être courant dans certaines Républiques Populaires. Pour celui qui reçoit de genre d'injonction d'une façon guère subliminal, il y a quelque chose de fortement insultant de considérer que sa pensée puisse être mise sous tutelle et que l'on puisse en concevoir de la reconnaissance.

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  23. Je crois que je sais le pourquoi du "critique littéraire" : les services de presse ! (pour les ceusses qui ne connaissent pas, la liste des journalistes et critiques à qui les éditeurs envoient gratuitement toutes leurs nouveautés)
    Peinard, non ? Tu t'Otto-proclames "critique littéraire" (et surtout "indépendant") et zou, t'as toute la "rentrée littéraire" à l'oeil ! Bon, faut de l'estomac pour digérer tout ça. Mais pas grave, ensuite on va sur un autre des "piliers" du Ouaibe, à savoir Ebay, pour revendre le "surplus" de ces livres. Bref, on gagne à tous les coups (les liens vers Atazone ; la revente sur Hébé).
    Bon, précisons : je ne sais pas si ce que je décris ici s'applique à la personne dont il est question dans cet article et, à la limite, cela n'a pas d'importance ; le fait est que cela existe, qu'il s'agisse de "critiques littéraires", de "critiques de disques", de "films" ou autres. Et l'on ne parlera même pas des blogs "high tech" qui s'équipent à l'oeil.
    Remarquons qu'un certain nombre de ournalistes pas particulièrement dérangés par l'éthique pratiquent de même. Mais est-ce une raison ?
    La déontologie ? Ah, monsieur, c'est un métier...

    Otto Naumme

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  24. Dites-donc Otto, c'est pour mon anniversaire que vous sortez deux fois du bois aujourd'hui ? Joli cadeau, si, si ! Bis ad libitum !

    Euh... et si on s'otto-proclame critique de blog, ça donne quoi à la sortie ?

    ArD

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  25. Chère ArD, votre anniversaire ? Je suis heureux d'en avoir été comme une sorte de bougie - en espérant que vous ne la souffliez pas.
    Pour le reste, de retour sur Ouaibe après trois jours bien plus terre à terre (ah les joies du déménagement...), il fallait bien que je rattrape mon retard en matière bloguesque.
    Même si je désapprouve les chamailleries que certain(e)s prennent trop à coeur, car cela finit par devenir nauséabond, une sorte de tout-à-l'ego, en quelque sorte...
    Quant au critique de blog, ça ne donne pas grand-chose à la sortie (surtout de la messe). Mais l'un ou l'autre s'étant essayé à ce type de discipline a bien fini par y trouver son intérêt, à accepter toutes ces petites compromissions et à s'Otto-féliciter...

    Otto Naumme

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  26. Y'en a pour qui c'est un anniversaire et d'autres pour lesquels ce serait plutôt leur fête !

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  27. Bon, v'là bien trois quatre jours que je cherche un truc intelligent à dire sur cette affaire, un commentaire bien tourné à écrire, mais tout a été dit, et plus encore, et je sèche, je sèche. Puis, soudain, la brèche et la révélation : c'est aujourd'hui l'anniversaire de notre Tenancier, ce qui vaut bien d'issoir du silence et de balancer à la volée cette banalité annuelle mais fort sentie et ressentie : Magnifique anniversaire, cher Yves ! (et non moins magnifique anniversaire, chère ArD - seriez-vous la jumelle astrale de notre Tenancier ?)

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  28. SPiRitus, merci, je vous lis bien informé sur les affaires de gémellité, ça ne m'étonne pas de vous !
    Oui, une sorte d'accointance astrale et virginale donc. Ce sont des choses qui croisent votre destin, certains s'en affligeraient quand moi, je m'en réjouis.

    ArD

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  29. Ecrivains, écrits vains,

    j'ai mon libraire, j'ai ma libraire
    j'ai ma librairie, j'ai mes librairies

    j'aime mon libraire, j'aime ma libraire
    j'aime ma librairie, j'aime mes librairies

    J'ai mon libre air, j'ai mes libraires
    J'aime mon libre air, j'aime mes libraires
    Critiquons,
    Cris tiqués

    Qui crie tique, Qui critique
    Ma libre aire ?
    Qui crie tique, Qui critique
    Mon libre air(e)

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  30. Bon.
    J'ignore pourquoi, ce billet m'avait totalement échappé jusqu'à ce jour, et d'ailleurs il n'apparaît toujours pas dans la colonne d'archives à gauche. Je viens de le parcourir, avec ses commentaires, à la vitesse d'un TGV, au point de ne pas être très sûr qu'il m'intéresse, mais une chose me revient en mémoire : si certains ont pu lire, dans Tintin au Congo : « Li braire comme un âne» , d'autres ont relevé cette anticipation de Philip Dick dans Ubu : « Licornes aux critiques, vive le Père [truqué] Ubik ! »

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