Ce pauvre vieux...


Mais de quel "auteur si mal traduit jusqu'à maintenant" — aux dires du personnage de droite — s'agit-il ici ?

Cambrer

Cambrer : Lorsqu'on termine le volume par la polissure, l'ouvrier passe le fer à polir sur le plat antérieur des cartons, en allant du dos vers la gouttière, afin de leur donner une légère forme convexe qui les force à s'appliquer plus parfaitement surt les feuilles du volume : cela s'appelle cambrer.
Vocabulaire des mots techniques employés dans l'art du relieur
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932

Une historiette de George — 4


La quarantaine échevelée et grisonnante, un type entre et se dirige droit vers moi en claironnant :
— BONJOUR MADAME ! Je m'installe dans le quartier et j'aimerais déposer chez vous — oh, pardon : Monsieur ! — quelques annonces publicitaires pour mon activité.
— Hé bien, écoutez, je n'ai pas beaucoup de place : comme vous le voyez, tout est envahi par les livres, mais… qu'est-ce que vous faites, au juste ?
— Je suis voyant… 

Merde

Allez, je vous ai fait souffrir à la précédente devinette, je vous en mets une très facile pour compenser. Même que pour corser la chose on va vous demander à qui cette courte missive est adressée, par qui elle est signée et, pourquoi pas, nous donner le contexte, la date et le lieu de la préoriginale ainsi que l’originale, tellement c’est fastoche !
 
« Monsieur ***,
 
Vous êtes un farceur, mais un farceur pas aimable, ce qui gâte tout.
Vous êtes avec cela de la plus grande mauvaise foi, ce qui complique les choses et c’est embêtant.
A la lettre que vous venez de m’adresser on répond : merde et c’est ce que je fais.
 
*** »
A vous de jouer !

Une historiette de Béatrice XLI


J'ai actuellement dans ma boutique l'homme qui sait tout des livres, qui connaît toutes les éditions, qui a offert à ses fils (13 et 8 ans ?) toutes les éditions originales dont il parle avidement, avec eux. Très fort, bien entendu.

Brocheuse

Brocheuse : Ouvrière qui coud ensemble, selon l'ordre des signatures, toutes le feuilles d'un volume, et qui les couvre d'un papier de couleur.
Vocabulaire des mots techniques employés dans l'art du relieur
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932

La baignade d'un écrivain

« L’été 1751, *** se baignait dans la Seine, une voiture verse tout près de là. Il se précipite et trouve une jeune femme renversée dans l’herbe. Il l’aide à se relever et se rendant compte qu’il est tout nu : “Madame, dit-il, excusez-moi, je n’ai pas mes gants.” »
 
Mais qui est donc cet écrivain ?

Nos 10/18 (50e partie)

A l'occasion de la parution du billet de George Weaver, j'avais suggéré la chose suivante dans les commentaires : "Il ne me reste donc plus qu'à faire un appel vibrant aux lecteurs de ce blog pour les convier à un petit jeu : Rassemblez tous vos 10/18, sélectionnez-en (pas plus de 10) et expédiez-m'en les scans de couverture, histoire de faire une sorte de panégyrique de la collection ! [...] "
A notre petit jeu, il nous faut également associer le spectaculaire labeur d'Adria Cheno au sujet de cette collection sur son site. Allez donc vous en rendre compte ici.

Voici un revenant dans notre série sur les 10/18, puisqu'il fit une contribution dans nos quatorzième et quarante-deuxième épisodes. On s'apercevra que Francis Ester aura entendu mon vœu concernant Jack London et je l'en remercie chaleureusement. J'ai laissé volontairement l'ordre dans lequel il m'a communiqué sa liste.
On lui laisse la parole :

Cher tenancier, me voilà honoré par cette nouvelle contribution à une rubrique pour laquelle je confesse volontiers un attrait bien marqué (cela ne vous aura pas échappé). J'arrive au bout de ma réserve de titres inédits et de quelque intérêt dans cette collection.
J'espère que de nombreux autres "épisodes" suivront, je les suivrai sans faillir et peut-être en risquant un commentaire, parfois.
Amicalement,
Francis.

Cinquantième billet, déjà ! Je suis heureux que ce soit précisément Francis qui en hérite.

Custine
Aloys ou le religieux du Mont Saint-Bernard
roman, précédé de "Un martyr du romantisme : Custine" par Philippe Sénart
bibliothèque 10/18
collection dirigée par Olivier de Magny, présentation par Philippe Sénart
achevé d'imprimer le 15 décembre 1970

Joubert
Pensées
choix et introduction par Georges Poulet
bibliothèque 10/18
collection dirigée par Michel-Claude Jalard
dépôt légal:1er trimestre 1966
Léon Chestov
L'homme pris au piège (Pouchkine-Tolstoï-Tchekhov)
préface par Boris de Schloezer
bibliothèque 10/18
collection dirigée par Michel-Claude Jalard
dépôt légal:3e trimestre 1966
Freud/Bullitt
Le président Wilson
(Sigmund Freud et William C. Bullitt — ambassadeur des Etats-Unis — Le président Thomas Woodrow Wilson, portrait psychologique)
traduction de Marie Tadié
n° 832
achevé d'imprimer le 4 janvier 1974

Henry Miller
Lettres à Anaïs Nin
dans une édition et une présentation de Gunther Stuhlmann
traduit de l'américain par Pierre Alien
photos:Bradley Smith et Jill Krementz
n° 764
achevé d'imprimer le 4 avril 1973
Samuel Beckett
Mercier et Camier
n° 692
achevé d'imprimer le 18 mai 1972
(du même auteur dans la collection 10/18 : Murphy, Malone meurt, Molloy, L'innommable)
Floran Tristan
Vie, oeuvre mêlées, par Dominique Desanti
évoquées, commentées et choisies par Dominique Desanti
n° 782
achevé d'imprimer le 14 mai 1973
Jean-Edern Hallier
Les aventures d'une jeune fille
A ceux-là : Bernard Lainé,Jean-René Huguenin
photo Bernard Collet
n° 861
achevé d'imprimer le 9 mai 1974

Jack London
Trois coeurs
traduit de l'américain par Louis Postif
notes et bibliographie par Francis Lacassin
série "L'appel de la vie" dirigée par Francis Lacassin
n° 1348
dépôt légal 1er trimestre 1980

Jack London
Fille des neiges
traduit de l'américain par Louis Postif
préface par Pierre Mac Orlan
bibliographie par Francis Lacassin
série "L'appel de la vie" dirigée par Francis Lacassin
n° 1301
dépôt légal 1er trimestre 1979


Une suite sous peu !

Brassée

Brassée : Tas de feuilles plus considérable que celui qu'on désigne par le mot poignée.
Vocabulaire des mots techniques employés dans l'art du relieur
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932

Une Clarisse féline ?

Il est très rare que je me déplace à un vide grenier et il a fallu que le dernier où je suis passé soit fort proche du lieu où je résidais. Je n’y trouve en général rien qui fasse la provende de ma libraire, soit parce que les rares volumes qui présentent de l’intérêt sont surévalués par rapport à leur état, soit que ce même état ne permet pas d’envisager une acquisition. Mais ce n’est pas exactement l’objet de ce billet. Mon dernier passage dans cette manifestation ne s’est soldé que par l’acquisition d’un petit Courteline en format poche, les Mémoires de Francis Lacassin et un enfantina en langue anglaise, pour un euro, qui, nonobstant le médiocre état – ce qui est courant pour des livres pour enfants : plats salis, cahier dérelié, dos absent, quelques rousseurs– n’a eu de cesse de m’intriguer avant qu’un autre ouvrage (Jean Noël Vuarnet : Le joli temps — Philosophes et artistes sous la Régence et louis XV) me rappelle incidemment l’existence du Roman de Richardson, Clarisse Harlowe. On vous laissera le soin d’aller en découvrir le thème et ensuite de vous reportez à la suite des illustrations que je mets à votre disposition ci-dessous.
Certes, l’histoire n’est point tout à fait la même, et celle que l’on vous expose est d’une autre morale que son modèle apparent. Mais elle est de ce moralisme qui orne la délicieuse cruauté de certains enfantina. Histoire d’une chute, de rapines et de meurtres, Pussy’s road to ruin fait désormais partie de la bibliothèque obscure de votre serviteur.















Pour une librairie idéale

Peu de personnes ont sans doute encore en mémoire le nom de Max-Philippe Delatte, hormis ses clients et quelques proches. Sans doute, au hasard, trouvera-t-on ce nom ici et là pour des affaires de librairie un peu anciennes ou bien de ce qui concernait les destinées de la Société Anatole France. Max-Philippe Delatte était libraire, de cette espèce dont on voudrait encore retrouver quelques exemplaires actuellement, de cette race à la fois humaniste, cultivée et néanmoins commerçante (ce terme, péjoratif pour certains, garantissant la pérennité des autres attributs dans l’exercice du métier…). Le texte que vous allez lire ci-dessous est prémonitoire, certes, mais ce que je retiens pour ma part, c’est le paragraphe final, cette ironie « francienne » qui boucle élégamment l’utopie. C’est que l’homme avait cette passion singulière mais non exclusive pour Anatole… ce qui ne l’empêchait nullement d’être un amateur éclairé dans de nombreux domaines de la littérature.
On ne dira guère plus de son auteur, sinon que je fus salarié de sa librairie et que son influence fut assez importante pour que toute ma conception du métier en soit radicalement changée. En réalité, pour moi, c’est en sa compagnie — et de sa fille — que je fis le véritable apprentissage de la librairie, comme une chose noble. Je n’ai pas l’admiration facile et j’ai toujours été très rétif dans mes rapports avec les hiérarchies. Ceci constitue une exception. Sans doute parce que, à mes yeux, il représentait la seule autorité que je respecte : celle que procure, précisément, l’humanisme et la culture.
Max-Philippe Delatte est mort le 17 avril 1989. Le texte que vous allez découvrir ci-dessous fut publié en 1974 et repris dans le numéro hommage du Bulletin de la Société Anatole France. Il est alors accompagné de témoignages de Gilles Costaz, Baptiste-Marrey, Claude Aveline, Pierre Moinot et de bien d’autres personnes encore, qui, j’en témoigne, venaient rendre visite à Max-Ph. Delatte dans sa librairie.

Pour une librairie idéale
 
LIBRAIRE, j’ai choisi de l’être. Oui, j’ai eu cette chance de pouvoir exercer le métier qui était le seul à réunir les divers attraits que présentaient à mes yeux de jeune néophyte des Lettres, ceux de journaliste, de critique, d’éditeur, de bibliothécaire, de bibliographe, de bibliophile, de bibliomane et… de bibliophage — pourquoi pas ? — puisqu’il me permettait de vivre du livre, sinon d’en manger, comme Gérard Philippe sur une célèbre affiche.
Bien sûr — à dix-huit ans, tout semble possible et facile ! — j’idéalisais ce métier que j’ignorais encore — soupçonnant seulement que les plus grandes joies qu’il puisse procurer à un esprit curieux provenaient de l’étendue considérable des connaissances auxquelles il faisait appel et du constant renouvellement d’intérêt d’un domaine qui interdisait même l’espoir d’en avoir jamais terminé l’exploration.
En quarante années d’apprentissage — et pour les raisons que je viens de dire, l’apprentissage n’en sera pas terminé, même à l’heure de la retraite ! — j’ai eu maintes fois l’occasion de dénoncer tout ce qui rendait de plus en plus difficile et ingrat la pratique de la librairie envisagée — et je ne vois pas d’autres façons d’exercer ce métier — comme une sorte de service public à l’usage des auteurs, des éditeurs et des lecteurs — autrement dit comme une activité plus culturelle que commerciale, sans que pour autant puisse être négligé cet aspect, élément indispensable d’efficacité et de continuité dans la société capitaliste qui est la nôtre.
Et je me pose cette question que chacun sans doute dans sa discipline, son activité, son commerce, est appelé à se poser un jour :
Que devrait être la Librairie idéale ?
A priori, la réponse semble facile et je dirais sans réfléchir :
1 - Ne mettre sur les rayons que les ouvrages — mais tous les ouvrages — dont l’ensemble constituerait pour soi la Bibliothèque idéale.
2 – Pouvoir disposer du temps et des moyens nécessaires pour défendre, imposer et diffuser largement ce choix d’ouvrages correspondant exactement à ses propres goûts et à ses connaissances.
3 – Être totalement déchargé de tous soucis matériels et commerciaux, tels que rapports avec les éditeurs, comptabilité, paperasserie officielle, rentabilité, et.
4 – Faire de sa librairie une centre permanent d’accueil et de discussion, que fréquenteraient régulièrement les hommes de culture de la ville ou du quartier et constituer peu à peu une sorte de cénacle par affinités, d’où seraient exclus les raseurs et les imbéciles et au sein duquel pourraient s’engager avec la plus grande liberté de larges discussions autour du livre, de la littérature et des mouvements d’idées.
Et tout de suite m’apparaissent les contradictions qui sont de règle dès que l’on aborde des problèmes touchant à ces métiers ambivalents que sont l’édition et la librairie :
— Est-ce bien le rôle du libraire que de restreindre la diffusion des livres aux seuls titres qui satisfassent ses propres goûts esthétiques, moraux, confessionnels, politiques, sociaux, etc. ? Sa mission  n’est-elle pas au contraire de mettre à la disposition du public le choix le plus large et le plus étendu — tout en gardant, bien entendu, la possibilité, le devoir même de remplir ce rôle de conseiller, lorsqu’il le juge utile ou qu’on fait appel à lui ?
— N’y aurait-il pas aussi un certain manque d’honnêteté, aussi bien vis-à-vis des auteurs et des éditeurs que des lecteurs, à consacrer tous ses efforts à la défense d’une par évidemment restreinte de la production intellectuelle, si cette action par ailleurs louable et nécessaire, devait être exclusive et s’effectuer aux dépens, non pas seulement des ouvrages que le libraire n’aime pas mais encore de tous ceux, évidemment fort nombreux qu’il ne connaît pas et ne pourra jamais connaître ?
— Ne serait-il pas dangereux et nuisible sur un plan à la fois social, moral, culturel, de s’abstraire totalement des contingences économiques et commerciales, aussi contraignantes fussent-elles, et ne serait-il pas à craindre qu’oublieux d’un contexte matériel de plus en plus pesant et présent dans la vie moderne, le libraire ne devienne une sorte d’intellectuel isolé dans sa tour d’ivoire et tout à fait incapable de remplir son rôle essentiel d’initiateur et de défenseur de la culture ?
— Enfin cette sorte de sélection, bien agréable sur le plan des rapports humains parmi les habitués de sa librairie, ne priverait-elle pas le librairie d’une des sources les plus enrichissantes et les plus vivantes de sa propre culture : le contact et la discussion avec des hommes de toutes origines, de toutes opinions et de toutes disciplines ?
Alors, n’hésitons pas à entrer dans le domaine de la spéculation intellectuelle et essayons, à la lumière de ces rapides considérations, d’envisager une solution qui, sans vouloir être parfaite, s’approcherait au maximum de notre vision de la librairie idéale. En ces temps où l’on voudrait voir enfin l’imagination au pouvoir, ouvrons les portes de notre domaine à l’imaginaire :
Un emplacement : le centre de Paris
Un local : immense, une « Tour Montparnasse » entièrement consacrée au livre et susceptible de contenir et d’exposer des centaines de milliers d’ouvrages : tout ce qui existe dans la librairie française, avec un apport important et complémentaire d’ouvrages étrangers.
Ce stock immense devrait, en outre, être complété en permanence par un choix d’ouvrages d’occasion parmi les titres épuisés les plus importants et les plus tuiles.
Un personnel hautement qualifié dirigé, pour chaque rayon spécialisé, par le meilleur libraire de sa partie.
Un service bibliographique modèle, en mesure — grâce à un matériel très étendu et à un personnel de grande compétence — de répondre quasi instantanément à toutes les demandes de renseignements et d’établir des bibliographies exhaustives sur n’importe quel sujet.
Bien entendu cette librairie idéale serait ouverte 24 heures par jour et 365 jours par an. Elle serait en mesure de livrer dans Paris et d’expédier dans le monde entier toute commande reçue par téléphone ou par courrier.
Les éditeurs seraient tenus d’avoir un service spécial de livraison immédiate réservé à la Librairie idéale et ils seraient pénalisés pour toute erreur ou tout retard de fourniture.
Les caisses seraient tenues par des caissiers, la comptabilité par des comptables, l’administration aux mains d’administrateurs, le financement assuré par des financiers — tous ces spécialistes n’ayant pas le droit de se mêler des questions de métier, réservées aux seuls professionnels dirigeant chaque rayon.
En outre, au personnel qualifié de chaque département seraient adjoints des spécialistes avertis dont la tâche consisterait uniquement à guider et à renseigner les clients, sans aucun souci de commerce ou de rentabilité.
Et, bien entendu, toute l’administration et le fonctionnement de cette énorme machine devraient être centralisés sur ordinateur ? Mais il y en aurait deux — ou, plutôt, trois — constamment programmés afin de parer instantanément à toutes déficiences ou à toutes pannes. Et ces ordinateurs seraient servis par un personnel nombreux et très qualifié de telle sorte que la machine reste à tout moment au service de l’homme et de la Librairie.
Mais vous, cher Libraire — me direz-vous — à quelle place vous situez-vous dans cette organisation ? Quel rôle vous réserveriez-vous dans cette Librairie idéale ? En assureriez-vous la direction générale ? En seriez-vous le technicien principal ? le grand Médiateur ?
Vous voulez rire, je pense ! Je laisserais cette machine idéale fonctionner toute seule pour la plus grande gloire de la Librairie et de l’Édition française et, je pense, son plus grand profit — à la satisfaction générale, je l’espère, des usagers et, dans la maison de campagne que je me serais fait construire en Touraine, au milieu d’un grand parc, pour prix de mes conseils, je m’occuperais bien sagement à mettre en ordre ma bibliothèque personnelle et je me réjouirais d’accueillir quelques bibliophiles et libraires amis pour y discuter de livres, de littérature et… de librairie tout en me félicitant à longueur de journée d’avoir été en mesure d’échapper au Paradis de la Librairie idéale….
 
M. Ph. D.

Première parution : Hors commerce, Alfred Eibel, Lausanne, 1974
Réédition Le Lys Rouge — n° 14, nouvelle série, 1991


Les Estienne — Chapitre IV

Henri Estienne, fils de Robert, et appelé Henri II, pour le différencier de son aïeul, fut le plus grand helléniste de son siècle.
Il parcourut l’Italie pour y découvrir des manuscrits et revint à Paris que son père avait quitté, pour y établir une imprimerie qu’il dirigea en savant bien plus qu’en industriel.
Après avoir consacré douze années à la préparation et à la publication de son grand Dictionnaire de la langue grecque (1), véritable chef-d’œuvre d’érudition en même temps que de typographie, il vit s’évanouir toutes les espérances de fortune qu’il avait fondées sur ce bel ouvrage.
On admira le livre, mais on l’acheta peu ; et Henri Estienne, complètement ruiné, dut abandonner son imprimerie et quitter Paris.
Il erra dans diverses provinces et s’arrêta enfin à Lyon, où il finit misérablement sa vie.
Son frère, Robert II, et après celui-ci, son neveu, Robert III, continuèrent, mais avec moins d’éclat, la maison des Estienne.
Robert III fut imprimeur de Henri IV. Il mourut sans postérité.
_____
(1) — Ce dictionnaire porte le titre de Thesaurus græcæ linguæ
(Fin)

Les célébrités de l'atelier - Ouvriers et inventeurs (1887)

Chapitre I, première partie
Chapitre I, deuxième partie
Chapitre II
Chapitre III

Bosses

Bosses : On donne ce nom à des plaques de laiton, carrées et bombées dans le milieu en demi-sphère, de 8 centimètres de diamètre. On place quatre de ces bosses sur chaque côté de la couverture des gros antiphoniers ; on les fixe par quatre clous de laiton, dont la tête est en dehors et la rivure en dessous, cachée par la garde qu’on colle dessus. On distribue ces quatre plaques à égale distance des coins, et en forme de carré long ; elles servent à garantir la couverture et le dos puisque c’est sur ces bosses que repose le livre ouvert sur le lutrin. Elles servent aussi à accrocher les bandes de cuir qui maintiennent le livre fermé ; dans ce cas, ces bandes sont posées par-dessus les plaques des bosses, et sur l’autre plat des bosses sont surmontées de crochets dans lesquels les bouts de bande, qui portent une lame de laiton, s’accrochent.
Vocabulaire des mots techniques employés dans l'art du relieur
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932