Une historiette de George — 3
| Et tout à l'heure, une toute petite dame, la soixantaine, demande depuis le seuil : — Bonjour, auriez-vous À la recherche du temps perdu ? — La recherche ? Désolé, je n'en ai qu'une partie : seulement Le côté de Guermantes, deux tomes en folio. — Non, non : je vous parle du livre À la recherche du temps perdu de Boris Vian ! — … — Oh, mais il se peut que je me trompe de titre… — Vous pensez peut-être à L'écume des jours ? — Ah oui, voilà, c'est ça ! Vous l'avez ? — Désolé, pas pour l'instant. Donc cette dame était À la recherche de l'écume des jours… (joli titre, non ?) |
Une historiette de Béatrice XL
Les Estienne — Chapitre III
Ce fils, Robert Estienne, né en 1503, mort le 7 septembre 1559, « débuta dans l’imprimerie par les partitions oratoires de Cicéron, qui portent la date du 7 des calendes de mars 1527. » Puis, d’année en année, il publia quelques belles éditions classiques, soigneusement revues par les savants qui fréquentaient sa maison. Son atelier était établi rue Saint-Jacques ; il avait coutume d’afficher à sa porte les épreuves des livres en cours de publication et il offrait — rapporte la tradition — un écu d’or de récompense aux passants qui y découvraient quelque faute. » Sa scrupuleuse exactitude était si bien connue et si justement honorée, que François Ier, lui rendant un jour visite, attendit pour l’avertir de sa présence, qu’il eut achevé la correction d’une épreuve qu’il tenait à la main. » C’était une vie toute de travail et de vertus intimes que celle de Robert Estienne. Comme ses confrères de Venise, les Alde Manuce (1), il était peu riche, et cependant il menait une vie paisible et heureuse, lorsqu’un différend, qui s’éleva entre la Sorbonne et lui au sujet de l’édition de la Bible de 1531, vint troubler cette tranquillité. » Heureusement, Robert Estienne, qui avait reçu, dès 1539, le titre d’imprimeur du roi pour le latin et l’hébreu, trouva un sérieux appuis dans François II… Il dut toutefois se soumettre à l’obligation de ne rien imprimer sans le consentement exprès de l’autorité ecclésiastique… Il se rejeta dans des travaux purement littéraires et composa son fameux Thesaurus Linguæ latinœ, ouvrage excellent qui contient les substances de la meilleure latinité (2).» __________ (1) — La famille des imprimeurs célèbres, connue sous le nom des Alde, florissait, nous dit M. Louis Figuier dès l’année 1488. Le chef de cette maison, Alde Manuce, dit l’Ancien, fonda à Venise une imprimerie qui avait pour objet spécial de reproduire les chefs-d’œuvre de l’antiquité. Alde Manuce se plaça au premier rang des imprimeurs. Ses éditions ont l’autorité des manuscrits. La marque de son imprimerie est un dauphin enlacé autour d’une ancre. Paul et Alde Manuce, dit le jeune, fils de Paul, continuèrent la gloire de leur père. Ils furent protégés par les papes et composèrent plusieurs ouvrages d’érudition. Une autre famille, qui rivalise avec celle-ci, est celle des Elzevir, en Hollande (XVIe et XVIIe siècles). C’est Bonaventure Elzevir et son frère associé Abraham qui ont produit les chefs d’œuvre typographiques connus sous leur nom. Enfin, en France et à notre époque, un grand nom, celui des Didot, vient ccompléter et clore cette galerie des gloires de l’imprimerie. « François-Ambroise Didot, mort en 1804, a fondu d’admirables caractères et publié de magnifiques éditions. Son fils, Firmin Didot, continue l’œuvre de son père. » (M. Louis Figuier) C’est lui qui a inventé la stéréotypie, art au moyen duquel on immobilise les types en faisant passer les pages composées à l’état de plaques métalliques. Les fils et successeurs de Firmin Didot soutiennent dignement la renommée de la maison. (2) — Biographie des grands inventeurs, par MM. Beaufrand et Desclozières. (A suivre) |
Les célébrités de l'atelier - Ouvriers et inventeurs (1887)
• Chapitre I, première partie
• Chapitre I, deuxième partie
• Chapitre II
Battée
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932
Comme ça, en passant
La complication pour votre tenancier chéri est que, travaillant à domicile et outre le fait qu’il ne voit pas souvent passer du monde, il n’a pas tant que cela l’occasion de voir du livre. Certes, il y a ceux dont il s’occupe, qu’il fait rentrer dans son fonds. Mais enfin, un libraire doit se nourrir d’autre chose encore. Il doit voir, voir et toucher encore, ouvrir, renifler et sentir des bibliothèques, des rayonnages ou d’uniques items. La chose est importante, il faut continuer à sentir le flux des livres, de ce qui va rester, comme l’écume après le reflux, exercice délicat qui consiste à discerner ce qui tient de l’impermanent et de la mode, de la sagacité et du pavlovisme.
C’est ainsi que les bibliothèques des autres sont importantes…
Pas envie d’en dire plus. Ceux qui ressentent ça complèteront.
C’est ainsi que les bibliothèques des autres sont importantes…
Pas envie d’en dire plus. Ceux qui ressentent ça complèteront.
Les Estienne — Chapitre II
| Le chef de la famille des Estienne se nommait Henri. Né à Paris en 1470, il mourut le 24 juillet 1520. Sa marque, composée d’un écu chargé de trois fleurs de lis dit assez qu’il jouissait de la protection royale. D’un nuage qui s’élevait au-dessus, sortait une main tenant un livre fermé. C’était la couronne de l’illustre ouvrier qui avait choisi pour devise : « Plus olei quam vini » (Plus d’huile que de vin.) Le premier parmi les maîtres typographes, Henri Estienne « avertit le lecteur au moyen d’un errata, des fautes qui se sont glissées dans l’ouvrage. » Par lui-même, le premier des Estienne mérita la place qu’il occupe dans les annales industrielles de son époque. Toutefois, il est permis de douter que son nom fût arrivé jusqu’à nous s’il n’eût un fils qui le surpassa au point d’avoir été appelé par les biographes « le grand homme de sa famille. »
(A suivre)
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Les célébrités de l'atelier - Ouvriers et inventeurs (1887)
• Chapitre I, première partie
• Chapitre I, deuxième partie
Basane
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932
Astérisque
Une historiette de George — 2
| La semaine dernière, un type entre, la cinquantaine, bonne allure : — Bonjour monsieur, je cherche Le malade imaginaire de Shakespeare. — Euh, pardon, il y a un petit problème : soit vous cherchez la pièce de Molière, soit c'est du Shakespeare mais alors sans doute un autre titre… — Mais non, je vous assure : c'est Le malade imaginaire de Shakespeare qu'il me faut ! Sans insister plus avant, j'extrais d'un rayonnage le "Classique Larousse" de Molière et le lui fourre entre les mains. Il consulte brièvement l'ouvrage, l'air un peu égaré, puis, assez vite : « Bon, je vous le prends. Mais je reviendrai pour celui de Shakespeare. » Certains malades ne sont pas imaginaires… |
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