Balade du temps jadis

Astérisque

Astérisque : Signe de convention par lequel les imprimeurs marquent les cartons. C'est ordinairement une étoile placée à côté de la signature.
Vocabulaire des mots techniques employés dans l'art du relieur
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932

Une historiette de George — 2


La semaine dernière, un type entre, la cinquantaine, bonne allure :
— Bonjour monsieur, je cherche Le malade imaginaire de Shakespeare.
— Euh, pardon, il y a un petit problème : soit vous cherchez la pièce de Molière, soit c'est du Shakespeare mais alors sans doute un autre titre…
— Mais non, je vous assure : c'est Le malade imaginaire de Shakespeare qu'il me faut !
Sans insister plus avant, j'extrais d'un rayonnage le "Classique Larousse" de Molière et le lui fourre entre les mains.
Il consulte brièvement l'ouvrage, l'air un peu égaré, puis, assez vite :
« Bon, je vous le prends. Mais je reviendrai pour celui de Shakespeare. »
Certains malades ne sont pas imaginaires…

Dans ce film, il y a une ou deux bibliothèques...



Je vous mets une chose facile, puisque vous ne voulez pas vous fouler : 
dans quel film trouve-t-on cette image ?

Il n'est pas interdit de questionner le Tenancier...

Les Estienne — Chapitre I, deuxième partie

Gutenberg s’établit à Strasbourg. Il associe à ses travaux trois bourgeois de la ville qui fournissent les fonds nécessaires… L’œuvre marche… Toutefois une difficulté arrête l’inventeur. « Il reste à trouver un métal, ou à obtenir un alliage convenable pour la multiplication des lettres… Le fer était trop dur : il perçait le papier ; le plomb était trop mou : il s’écrasait sous l’effort de la presse… Il fallait, au moyen de l’alliage de certains métaux, arriver à des caractères possédant un degré de dureté convenable et susceptibles d’être coulés dans les moules.
« … pour arriver à créer l’œuvre glorieuse qu’ils avaient entreprise, les associés de Gutenberg n’hésitèrent pas à vendre leurs meubles, leurs bijoux, et même leur patrimoine. Aucune plainte ne sortit jamais de leur bouche tant ils avaient conscience de la grandeur de l’œuvre et du géni de l’ouvrier qui la dirigeait.
» Tout ce qui touche à l’histoire de la découverte de l’imprimerie est d’un si puissant intérêt, que nous inscrivons ici les noms des trois hommes qui aidèrent Gutenberg de leur fortune et de leur intelligence pour enfanter ce grand art : C’étaient Heilmann, André Dryzehn et Riff.
» Découragé par la mort de ses associés arrivée sur ces entrefaites et poursuivi par ses créancier, Gutenberg abandonna ses travaux et quitta Strasbourg (2). »
Il revint à Mayence, s’y associa avec un riche banquier nommé Faust, et un jeune clerc très instruit et habile copiste du nom de Shœffer, qui lui aida, paraît-il à obtenir l’alliage qu’il avait jusque là vainement cherché.
Cette imprimerie de Mayence atteignit rapidement un haut degré de perfection : Gutenberg n’en profita pas. Odieusement exploité par ses associés, le père de l’imprimerie, réduit à la misère, dut s’expatrier de nouveau.
Il essaya une seconde fois de s’établir à Strasbourg, et y fonda en effet une imprimerie, mais qui réussit peu, puisque nous le voyons, vers la fin de ses jours, trouver un asile auprès de l’archevêque de Mayence, qui le met au nombre de ses gentilshommes, et lui fait une pension ; générosité grâce à laquelle l’illustre inventeur peut consacrer les dernières années de sa vie à perfectionner sa découverte.
Après sa mort (février 1468) ses enfants (3) se dispersèrent sur divers points de l’Europe : Cologne, Augsbourg, Nuremberg, Bâle virent fleurir l’industrie nouvelle.
Paris ne pouvait et ne devait pas demeurer en arrière de ce grand mouvement. Le nom propre qui le personnifie le mieux est celui des Estienne dont nous allons esquisser à grands traits la biographie.
Constatons auparavant que loin de rencontrer des obstacles dans l’autorité royale, l’imprimerie trouva, au contraire, auprès de nos rois, sympathie et appui.
« Louis XI accorda des lettres de naturalisation aux typographes allemands ; Charles VIII admit l’imprimerie et la librairie à participer aux privilèges et prérogatives de l’Université. Louis XII, confirmant ces privilèges et prérogatives, considéra cette invention « comme plus divine qu’humaine » ; François Ier exempta les libraires-imprimeurs de tout service militaire. Louis XIII, ou mieux le Cardinal Richelieu, fonda l’imprimerie royale et l’installa au Louvre (4).
(A suivre)
_____
(2) — M. Louis Figuier : Les grandes inventions
(3) —  Les ouvriers imprimeurs ont porté longtemps le nom « d’Enfants de Gutenberg. »  
(4) — Transféré plus tard à l’hôtel de Rohan, rue Vieille-du-Temple, cet établissement, aujourd’hui Imprimerie nationale, est le plus riche du monde par la variété et la perfection des caractères. « Elle est organisée pour occuper des milliers d’ouvriers ; cependant elle n’emploie ordinairement que 40 fondeurs, 200 compositeurs, 250 imprimeurs, 20 relieurs et 130 régleuses, brocheuses, etc. »

Les célébrités de l'atelier - Ouvriers et inventeurs (1887)

Chapitre I, première partie

Assembleur

Assembleur : Ouvrier qui classe les feuilles imprimées, qui doivent former le volume, selon l'ordre des signatures.
Vocabulaire des mots techniques employés dans l'art du relieur
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932

Jouons à Guillaume Tell

Allez, puisque vous avez été sages, on vous remet encore un coup d’enfantina, avec cette petite brochure de huit pages non datée, ci-dessous. Tout ceci nous laisse à penser que la production enfantine était redevable à la publicité comme en témoigne le deuxième plat de couverture. Mais ce qui nous intéresse plutôt ici est l’origine de ce petit ouvrage, tiré des presses des Imageries Réunies de Jarville à Nancy, comme il est mentionné en dessous de la publicité. Si l’on songe immédiatement en matière d’imageries à Épinal, il ne faut pas oublier qu’une production soutenue existait également dans cette autre ville. Les imageries Jarville éditaient des planches d’images, des petits imprimés, des décalcomanies, etc. Nul doute que le présent titre ait été proposé comme objet publicitaire standard et que, dans cette idée, on le retrouve à l'occasion avec une autre marque sur son deuxième plat. Ce marchand de godasses était à Rouen, bien loin du pays de Guillaume Tell ou de Nancy. Mais après tout il y a aussi une petite Suisse en Normandie…
















(Dimensions : 15,5 X 12 cm)

Les Estienne — Chapitre I, première partie

« Les Estienne exercèrent de 1503 à 1629, c'est-à-dire sous les règnes de Louis XII, François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III, Henri IV et Louis XIII. Leur renommée tient plutôt à leurs éditions soigneusement expurgées et d’une correction rare qu’aux progrès qu’ils firent faire à l’art typographique. »
Quoi qu’il en soit, on ne saurait écrire un ouvrage à l’honneur des célébrités de l’atelier sans mentionner cette famille qui, pendant trois générations, consolida et développa en France l’œuvre de Gutenberg.
Mais, avant d’esquisser le portrait de ces ouvriers illustres, nous avons à raconter brièvement l’invention même de l’imprimerie.
« L’imprimerie, dit M. Louis Figuier dans son livre des grandes inventions, c'est-à-dire l’art de multiplier rapidement et à bon marché les copies d’un même livre et de rendre ainsi accessible à tout le monde les produits de l’intelligence et de la pensée, a été découverte et mise en pratique au milieu du XVe siècle. On ne saurait rapporter à aucune époque antérieure l’origine de cette invention immortelle, car les Chinois et quelques autres peuples, auxquels on a voulu l’attribuer, n’ont jamais fait usage que des moyens de reproduction qui servent à obtenir des estampes.
» La mobilité et la fonte des caractères sont le fondement de l’imprimerie. Or, ce n’est qu’au milieu du XVe siècle, vers 1450, c'est-à-dire quarante années avant la découverte de l’Amérique, que les caractères mobiles et la fonte de ces caractères ont été imaginés.
» Avant le quinzième siècle, l’imprimerie était inconnue ; on ne se servait que de manuscrits, et voici comment s’exécutaient ces manuscrits qui, en très-petit nombre, composaient les bibliothèques des universités, des cloîtres et des châteaux :
» Le librairie qui était un homme instruit en toutes sciences, confiait au copiste les manuscrits à reproduire.
» Le parcheminier préparait les peaux douces, reluisantes et polies sur lesquelles l’écrivain exécutait son travail.
» L’artiste rehaussait les pages du manuscrit de peintures et de dorures.
» Le relieur réunissait les feuilles du livre qui revenait dès lors, à l’état d’achèvement, entre les mains du clerc-libraire.
» On comprend, d’après les opérations multiples que nécessitait son exécution, qu’un livre constituât à cette époque un objet rare et précieux. On le serrait dans un coffret richement sculpté, ou bien on l’attachait, au moyen d’une chaîne, au pupitre de lecture. Beaucoup de ces manuscrits valaient plus de six cent francs de notre monnaie. Ils avaient pourtant fini par rendre peu de services, car les copistes multipliaient tellement les abréviations que les savants eux-mêmes avaient quelquefois de la peine à les lire.
» Dans les premières années du XVe siècle, le désir de s’instruire devenant de plus en plus général et le prix élevé des manuscrits étant un obstacle insurmontable à la satisfaction de ce désir, on eut l’idée de graver sur une planche des bois des cartes géographiques, des figures de dévotion, etc., que l’on accompagnait d’une courte légende explicative. On recouvrait ces planches d’encre grasse et l’on appliquait dessus des feuilles de parchemin ou de papier, sur lesquelles on transportait par la pression les signes gravés sur bois. Peu à peu la légende ainsi gravée augmenta d’étendue, et on finit par reproduire, grâce à ce moyen, des pages entières.
» Ce mode primitif d’impression tabellaire fut, dit-on, connu des Chinois dès le XIIIe siècle de notre ère. Mais ces simples tables de bois sculptées ne sauraient être considérées comme les débuts de l’imprimerie qui, ainsi que nous l’avons déjà dit, a pour base essentielle la mobilité des caractères.
» Dans la première moitié du XVe siècle, un artiste hollandais, Laurent Coster, inventa, à Harlem, le procédé d’impression en caractères mobiles fondus dans un moule.
» Gutenberg (1) perfectionna et rendit pratique ce procédé d’impression auquel il fut initié à Harlem, par Coster lui-même. »
(A suivre)
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(1) Jean Gutenberg naquit à Mayence en 1400 d’une noble et ancienne famille. il passa une partie de sa jeunesse dans la maison paternelle. Cette maison était décorée de sculptures et d’ornements allégoriques selon l’usage des imagiers en pierre du moyen-âge. Au dessus de la porte principale était sculptée la tête d’un taureau colossal avec cette inscription : Rien ne me résiste. Cette devise devint celle de Gutenberg. N’est-elle pas aussi celle de l’imprimerie ?
Gutenberg avait quinze ans lorsque la mort de son père, le laissant libre de suivre sa vocation qui le poussait à sa découverte, il quitta Mayence pour aller s’établir à Strasbourg.

Les célébrités de l'atelier - Ouvriers et inventeurs (1887)

Armes

Armes : On donne ce nom à des fers à dorer, ou, pour parler plus correctement, à des plaques sur lesquelles sont gravées en relief des armoiries, qui se tirent avec la presse, et se placent sur le milieu des plats de la couverture.
Vocabulaire des mots techniques employés dans l'art du relieur
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932

Quelle nouvelle !


Mais d'où vient cette superbe image et pour quelle raison figure-t-elle dans ce blog ?

Glixia & Cyperus flavescens
(Dites-le avec des fleurs)

Cette station de radio en diffusa toute une collection. Le spécimen que nous possédons est bien médiocre. On ne désespère pas d’en trouver de plus beaux un jour…

Nos 10/18 (49e partie)

A l'occasion de la parution du billet de George Weaver, j'avais suggéré la chose suivante dans les commentaires : "Il ne me reste donc plus qu'à faire un appel vibrant aux lecteurs de ce blog pour les convier à un petit jeu : Rassemblez tous vos 10/18, sélectionnez-en (pas plus de 10) et expédiez-m'en les scans de couverture, histoire de faire une sorte de panégyrique de la collection ! [...] "
A notre petit jeu, il nous faut également associer le spectaculaire labeur d'Adria Cheno au sujet de cette collection sur son site. Allez donc vous en rendre compte ici.

Inventons un petit jeu dans le jeu et ingénions-nous à ne mettre ce qui n’a pas encore été cité dans notre série sur les 10/18… Ai-je réussi mon coup ? La plupart de ces livres ont été lus ou bien consultés à l’exception d’un, rentré il y a peu et seulement humé. Il s’agit de l’ouvrage de Young qui sera sans doute, une fois abordé, le préliminaire à une lecture dans une édition  plus complète. Je dois ce livre à Adria Cheno, encore elle, toujours elle dès qu’il est question de cette collection. Fort heureusement, on peut également aborder d’autres sujets avec Adria, et cela avec beaucoup de bonheurs. J’en redemande, c’est dire !
Ceci est le quarante-neuvième billet autour de cette collection. Cela ne représente pour autant pas tout ce qui a été publié dans la période qui nous intéresse, celle ou Christian Bourgois administrait celle-ci. Fort curieusement, quelques auteurs ne sont pas très bien représentés : Nietzsche compte un volume cité, Wilhelm Reich aucun, Kipling un seul, Curwood pas un seul et Verne que deux malheureux titres sur les onze publiés. Pour ce dernier, on prendra notre revanche en publiant notre collection complète et en égratignant le contrat que nous avions établi il y a longtemps : pas plus de dix titres. On trichera. Mais le moyen de dépareiller quelque chose d’aussi abouti ? D’autres titres manquent, comme les Colloques de Cerisy et pas mal de textes politiques, marxistes ou anarchistes. Et puis qui rassemblera tout London, sans doute un Graal que maintes rééditions ailleurs n’a pas fait disparaître ? En effet, avoir tout London en 10/18, quel chic !...
Pour notre part, nous pensons que cela nous distinguerait. Et puis ce serait une réparation de tout ceux qu’on a été contraint, dans la dèche, de laisser filer.
Allons, laissons tout, cela. Quand le Tenancier utilise le pluriel de majesté, c’est que la nostalgie pique un peu et que cela risque de finir en drame, comme pour la fermeture crépusculaire d’un bistrot.
Vous ne méritez pas cela.

Le Tenancier

n° 498/499 - 500/501 - 502

Jacques Boulenger

Les romans de la Table Ronde
Tomes I, II & III

Préface de Joseph Bédier
et
Frantz-André Burguet
pour le tome I

Préface de Marcel Schneider
pour le tome II

Préface de Michel Hérubel
pour le tome III

Couvertures de Pierre Bernard
Photos Roger Viollet
Impr. Union-Rencontre à Mulhouse
Dépôt légal: 1er trimestre 1971

n° 513/514

Arthur Young

Voyages en France

Extraits et présentation par Philippe Bernard

Couverture de Pierre Bernard
Photo Roger Viollet
Impr. Union-Rencontre à Mulhouse
Dépôt Légal: 4ème trimestre 1970
n° 590

Francis Lacassin
Tarzan ou le chevalier crispé

Préface de Burne Hogarth

Couverture de Pierre Bernard
Doc. D.R.
Impr. Union-Rencontre à Mulhouse
Achevé d'imprimer le 23 juillet 1971
n° 731

Francis Lacassin
Pour une contre-histoire du cinéma

Couverture de Pierre Bernard
Doc. D.R.
Impr. L.P.-F.L. Danel
Acheve d'imprimer le 15 novembre 1972

n° 911

Alexandre Dumas
Mille et un fantômes
suivi de
La femme au collier de velours

Introduction par Hubert Juin

Couverture de Pierre Bernard
Gravure d'O(dilon) Redon
Photo Snark
Impr. Bussière
Achevé d'imprimer le 23 décembre 1974
n° 988
André Bazin

Le cinéma de l'Occupation et de la Résistance

Préface de François Truffaut

Couverture de Pierre Bernard
Photo de F(rançois) Truffaut
Impr. L.P.-F.L. Danel
Acehvé d'imprimer le 5 septembre 1975
n° 1103
Jacques et Colette Beaufort
et
Jean-Noël Pascal
(Ed.)
Le dix-huitième en 10/18

Couverture de Pierre Bernard
Voltaire, Diderot, Rousseau - Doc. Roger Viollet
Impr. Firmin Didot
Achevé d'imprimer le 28 septembre 1979
n° 1147
Nora Scott
(Ed.)
Contes pour rire ?
Fabliaux des XIIIe et XIVe siècles

Textes choisis et établis par Nora Scott

Couverture de Pierre Bernard
Doc. Roger Viollet
Impr. Bussière
Achevé d'imprimer le 11 janvier 1979

n° 1361
Jacques et Colette Beaufort

(Ed.)
Le dix-septième en 10/18

Textes littéraires français
choix établis par
Jacques et Colette Beaufort

Couverture de Pierre Bernard
Voltaire, Diderot, Rousseau - Doc. Roger Viollet
Impr. Firmin Didot
Achevé d'imprimer le 18 janvier 1980

n° 1439
Joseph Bédier

Le roman de Tristan et Iseut

Préface de Gaston Paris

Couverture : Comment la reine Yseut délivre Tristan de la prison où le roi Marc l'avait fait mettre
Maître Luces, Miniature XVe siècle, Chantilly (Photo Bulloz)
Impr. Bussière
Achevé d'imprimer en mars 1991

Mais qui sera donc le cinquantième participant ?

Affiner

Affiner : Coller sur le carton des feuilles de papier ou de parchemin, pour lui donner de la fermeté. On dit : affiner le carton.
Vocabulaire des mots techniques employés dans l'art du relieur
in : Lenormand & Maigne : Le Relieur
Encyclopédie Roret - 1932

Une historiette de Béatrice XXXIX


Bonjour madame, je possède une très belle édition en 3 volumes avec illustrations protégées par papier sur la guerre de 14. Ça raconte la guerre de 14, avec plein de détails. En état parfait, vu que ça date de 1916.