Fine lame, le ME taraude George…

Ou bien :
— « Tarot, tarot, tarot…
— Ferme ta g… », répondit l’écho [de Narcisse, évidemment…]


Adonc, en arrivant ce vendredi 27 juillet devant ma boutique, je comprends aussitôt que mon tour est venu, après le Tenancier, Adria et Otto, de bénéficier des faveurs de la réincarnation du Mystérieux Expéditeur : une belle enveloppe aux motifs tarotesques désormais bien connus m'attendait, sagement posée entre la grille et la porte d'entrée.
Otto a reçu tellement d'envois mystérieux qu'il ne s'en étonne plus guère, mais pour ma part j'ai été fort émoustillé de découvrir cette nouvelle énigme adossée à mon huis, quasiment un an pile-poil après la précédente !
L'enveloppe est constituée d'un pliage (et non d'un réassemblage) de la persistante feuille aux motifs de lames de tarots entremêlées, et son verso met cette fois (comme dans le château des Comtes) en valeur l'arcane XI, La Force (ce qui ne me sied guère, mais après tout ce ME-là ne me connaît peut-être pas plus que la précédente…) :


Incidemment, il m’est venu à l’esprit que cette deuxième série d’envois insiste fortement sur un aspect somme toute marginal du Mystère de l’Abeille : le thème du tarot n’y apparaissait alors que de manière adventice, via les faux timbres que la téméraire ArD s’ingéniait à confectionner, tandis que désormais ce motif semble prédominer puisqu’il enveloppe tous les envois, qu’il sert de marque-pages dans celui reçu par Adria, et même d’objet principal dans celui reçu par Otto
Comme je l'ai annoncé lors d'un commentaire vendredi dernier, le cachet de la Poste fait foi (toujours comme dans le château des Comtes) que cet envoi a été expédié le 25 juillet à Castelnau-d'Estrétefonds, à 20 km au nord-ouest de Toulouse :


Les deux timbres qui oblitèrent l'enveloppe sont tout à fait officiels, issus de la même série d'où provient « Le château d’If » (et si…, se demanderont les anglophones…) qui affranchit l’envoi reçu par le Tenancier ainsi que « Le château des Comtes de Foix » apposé sur celui d’Otto.
À gauche, le château Guillaume-le-Conquérant, sans doute en référence à mon deuxième prénom, Wilhelm (même si je ne me sens pas plus l'âme d'un conquérant que d'un détenteur de Force…) et à droite, hé, hé, un « Château du Taureau » (dans la baie de Morlaix, bien évidemment, puisque nous avons été nombreux à mordre à l'hameçon) qui évoque immédiatement certain bovidé plonk&replonkesque, symbole du précédent Mystère, qu'il fallait prendre par les cornes et que SPiRitus terrassa peu après… :


Le verso de l'enveloppe présente l'entrelacs habituel des différentes lames, la partie supérieure de l'une d'elles étant masquée par le rabat cachetant l'ensemble…


Mais surprise, lorsque l'on décachette celui-ci (scellé au moyen d'un adhésif de type Scotch Magic)…


on découvre que sur cette arcane — la première, celle du Bateleur — le visage est remplacé par un collage : une tête féminine, soigneusement découpée sur une reproduction de gravure du XVIIIe ou du XIXe siècle, et qui à moi ne m'évoque rien de particulier. Tout ce que je comprends par là, c'est que puisque le bateleur est un joueur, un jongleur, un prestidigitateur, le Mystérieux Expéditeur bis, qui ne l'est pas moins, semble par ce collage se désigner comme une personne du sexe — ce que le contenu de l'enveloppe incite d'ailleurs également à penser, comme on va le voir.


À l'intérieur de l'envoi, un objet qui ne surprendra personne dans ces contrées-ci, savoir… un livre !
Un petit in-8° d'une trentaine de pages, plutôt une plaquette, donc, mais joliment manufacturée puisque constituée de quatre cahiers cousus et collés. Un texte assez coquin d'Emmanuelle Urien, Vénus Atlantica, titre directement inspiré d’Anaïs Nin et publié, hé, hé… dans la collection « La porte à côté » des éditions de l'Atelier in-8, qui héberge également le texte fondateur de notre premier Mystère, Séraphine la kimboiseuse, colporté par l’ami Otto voici près de trois ans !


Concernant le texte lui-même, je n'y décèle quasiment rien qui puisse fournir un indice à propos de la résolution de ce mystère-ci. Il y a bien une vague évocation bibliomane dans l’allusion mallarméenne à la fin du prière d’insérer au quatrième plat, mais à quoi cela nous mène-t-il ?
C'est l'histoire d'une obsession nabokovienne étalée entre 1990 et 2016, celle d'un agent de police d'abord mal marié, pour les naïades qui pullulent sur les plages de Biarritz durant ses congés estivaux. Cela dit, il y a entre le début et la fin du récit une sorte de circularité (une dialectique, plutôt — serait-ce une référence aux initiales hégéliennes de mon triple prénom ?) qui n'est pas sans faire songer au redoublement du Mystère qui nous occupe présentement…
En outre, le ME bis a choisi cette fois comme auteur une femme, ce qui n'est peut-être pas anodin…


Mais venons-en à ce qui constitue sans doute le must (la clé ?) de cet envoi.
En ouvrant le livre, j'ai découvert, serrée entre le contreplat et la page de garde, une carte postale déjà étonnante en elle-même, mais de surcroît considérablement modifiée.
Le recto représente une photo de Doisneau, un amusant cliché (que j'avoue n'avoir jamais vu auparavant) où la tête de Jacques Prévert, saisi en légère contre-plongée, vient masquer le « O » de l'enseigne qui se trouve derrière lui, de sorte qu'on ne peut s'empêcher de lire, en énormes lettres publicitaires, MERDE. Belle critique, en 1955, de la société de consommation qui ne faisait alors que poindre, en même temps qu'un tout aussi bel hommage au poète que Michaux refusait de voir publié chez Gallimard, consterné par sa « vulgarité »…
Sur cette carte, deux collages : en haut, découpé je ne sais où (peut-être dans la reproduction d'une publication surréaliste, ou bien une sur celle d’une métagraphie de Guy Debord ?), un bandeau où s'inscrit en capitales « D'UNE HYPNOTISÉE » ; et en bas à droite, masquant sans doute le chien que Prévert tenait en laisse au moment du cliché, la photo découpée d'une jeune femme nue (l'hypnotisée en question ?) dont on n'aperçoit que le torse (mais le collage respecte fort bien les lois de la perspective) — photo dont on comprendra l'origine en lisant le verso de cette carte postale…

Et voici justement, il était temps, le verso de la carte :


Cet Album de Documents Artistiques d'après nature est proche du sous-titre d'un ouvrage de photographies coquines (pour l'époque !) intitulé Le Nu Esthétique, publié en 1902 par Émile Bayard et préfacé par le peintre-pompier Jean-Léon Gérôme : voir ici. Je n'ai pas cet album sous les yeux ni ne l'ai d'ailleurs jamais eu entre les mains, mais je mettrais ma main au feu que la photographie collée au recto provient précisément de ce livre-là (en tout cas ce n'est certes pas l'image de notre Mystérieuse Expéditrice hypnotisée)…

Et voici, me semble-t-il, qui nous fournit le lien avec tous les précédents envois récents du ME bis (hormis celui reçu par Adria, sauf à considérer que les timbres locomoteurs visaient effectivement à évoquer Mirbeau, comme j’avais osé le suggérer), savoir : Les Âmes d'Atala.

Cette fort estimable et presque bénévole maison d'édition, qui s'intéresse à parts à peu près égales à la littérature fin-de-siècle (« finiséculaire », voire « finissante », selon certaines acceptions récemment attestées) et au mouvement punk (mais pas que…) a récemment publié un magnifique album de photographies intitulé SANG FROID, à tendance furieusement féministe et d'où provient la carte postale reçue dernièrement par Otto.
Mais Les Âmes d'Atala viennent également de sortir un cinquième et ultime numéro de la splendide revue AMER, entièrement consacré à la photographie, au ton duquel s'apparente fort bien (quoique sans doute en beaucoup plus mièvre) l'ouvrage susdit, Le Nu Esthétique.
Il se trouve qu'un certain Ian Geay collabore de façon très active à la revue AMER, et ce depuis le début. Le dernier numéro s'ouvre d'ailleurs, après un hommage à Bruno Leclercq, sur un bel article de sa main consacré aux photographies de Pierre Louÿs, Arpège se réalise.

Au verso de la carte postale que j'ai reçue, la première phrase manuscrite, au feutre-bille vert, dit ceci:
« IAN VS AU SCRABBLE POSE UN RESSEMBLANT " GOYAVE "», ce qui forme presque un alexandrin (sauf que je ne sais pas trop comment prononcer ce "Vs" que j'interprète comme versus, « contre » — mais contre qui ?), et en mélangeant comme au Scrabble les lettres du mot « GOYAVE », plutôt que se soumettre à un impossible et stupide « Go, Yahvé ! », on obtient « VOYAGE » mais surtout : « GEAY VO », qui contient le patronyme du contributeur en question (lequel n'aime pas trop qu'on étale son nom sur la place publique, crois-je savoir…)
« VO » peut fort bien signifier « version originale », ledit Ian ayant des ascendances autres que françaises, mais le rapport avec « Vs » ?

Plus bas, un quatrième alexandrin (plutôt tridécasyllabique, faut-il préciser), après ceux reçus par le Tenancier, Adria et Otto, et toujours dans le thème du reflet possible (celui du premier ME ?) :
— DERRIÈRE UNE GLACE SANS TAIN — COMBIEN RIGIDE !
Ce « rigide » m'évoque, allez savoir pourquoi, une métaphore sexuelle, mais l'on sait aussi que les miroirs sont inflexibles…

Adoncques, si l'on reconstitue — comme Otto a commencé à le faire dans son propre compte rendu — la suite des alexandrins qui parsèment les quatre premiers envois (dans l’attente de ce que « Mouton à Lunettes » voudra bien nous dévoiler), cela donne ceci :

Et
tourne la
PSYCHÉ
que
Je se
joue de
L’AUTRE


Bris de l'ancien miroir où
vit un souvenir…

Oh désuet soupir que
Narcisse enveloppe !

IAN VS AU SCRABBLE POSE UN RESSEMBLANT ” GOYAVE ”
— DERRIÈRE UNE GLACE SANS TAIN — COMBIEN RIGIDE !

À vous de jouer, les amis : ça commence à trop faire pour moi, et j’attends les échos de ce Narcisse-là…

George Weaver

Où l'on tire la grille du métro...

Ceux qui suivent notre quiz sur le blog n'ont pas manqué de lire la suite des soixante huit commentaires qui suivaient la grille de mots croisés que je vous proposais. Parmi ceux là, se distinguaient particulièrement ceux de Nana Marton et George W. Weaver qui entreprirent de faire un jeu dans le jeu. Ainsi, ils s'amusèrent à proposer les définitions de la grille — que je n'avais pas dévoilées — toujours sur le thème obligé du métropolitain. Rappelons que la grille originelle était due à George Perec. Pour ma part, je trouve que nos deux complices sont nettement plus habiles que celui-ci. Si vous voulez voir la grille remplie ainsi que le la discussion autour des définitions, rendez-vous ici.
On les remercie.

Définitions pour la grille du Quiz n°3

MÉTROPOLITAIN



















































































Horizontalement

I. A Père Lachaise, on ne s'y bouscule pas
II. Ses colonels n'y furent Fabien, mais alors fa du tout…
III. Chapelle s'ensuit — En expansion à La Défense — A Boulogne ou à Vincennes
IV. Charles de Gaulle ne l'était pas vraiment, aussi n'est-ce pas à lui que l'on doit un tunnel pour lequel il fallut plus tard se retrousser les manches
V. Début d'embrouillamini à Gaîté — Je me souviens de tous les Louvres... euh, de tous ces livres !
VI. Un Michel pas suffisamment sanctifié pour disposer déjà de sa station dans le quartier des Lettres — Certains penseront sans doute que Froissart serait froissé de se voir réduit à de telles extrémités
VII. Je le ferai ce soir, à Poissonnière, à Parmentier ou à Maraîchers
VIII. Liberté : c'en est une de la République
IX. Naguère exigée à Colonel Fabien — Des boulets ou dans les brancards


Verticalement

1. Pas si loin de Rueil
2. Carte de presse — N plutôt que H, ç'auraient été les initiales de ce proche de Kléber
3. Si l’on entend bien, il a créé sa propre ligne — Le fis à vue, près d'un Quai, à Cité
4. Visait juste, mais pas au Champ de Mars — Fonction plus utilisée à Massy-Palaiseau qu'à École militaire
5. Manque d'en train
6. Se fait tout petit entre Jacques Bonsergent et Colonel Fabien — Comme du Louvre, mais à Orsay
7. Fleurs de poinçonneur — Dans l'erreur mais plus rapide que son ancêtre
8. Approuvé par Grenelle… — A Corvisart et à Saint Jacques
9. Habiter Avenue Foch ou Henri Martin laisse entendre qu'on n'est pas dedans

__________

Les définitions de George Perec :
Horizontalement
Verticalement
I. Ne se ferme presque plus jamais seul. - II. Du côté de la Défense, mais pas de la défense des Droits de l'Homme. - III. Article. En solde. Albert, Rodolphe ou Victoria. - IV. Parlerait plutôt du « tube ». - V. Dans Pigalle. Fis plus que parcourir. - VI. Beaucoup y sont vers six heures du soir. Une paire de chaussettes. - VIII. Imiterai Lucullus. - VIII. Touche à sa fin. - IX. Augmente le prix du ticket. n'est grand que quand il n'y en a pas beaucoup d'autres.
1. Une banlieusarde depuis longtemps desservie. - 2. A sa carte. A Vavin en tête et en queue. - 3. Abréviation parisienne. Conserverai. - 4. As de carreau... Dans le labyrinthe. - 5. Une certaine économie d'énergie... - 6. Un morceau de Coltrane. On peut très bien y être à la fois progressiste et conservateur. - 7. Ont leur porte. N'existait pas encore au temps de Zazie. - 8. C'est le patron de beaucoup de travailleurs manuels ! Possessif. - 9. A force de loi.

Quiz - 07


Mais qui sont ces deux personnages ?


Comme vous êtes tous très forts, j'ai décidé que je ne vous donnerai aucune indication.

Au tour d'Otto !

J'ai donc également reçu un Mystérieux Envoi, dans la lignée de ceux reçus par ce cher Tenancier et cette chère Adria. L'enveloppe est de la même "fournée" que celles des deux autres impétrants, simplement arrangée différemment, le Pape et le Bateleur se retrouvant mis en avant alors que les autres lames sont recouvertes par des timbres : sur la gauche, deux crabes chinois comme sur l'Envoi du Tenancier, sur la droite un timbre "Pacific 231 K8" comme pour cette chère Adria ainsi qu'un plus inédit "Château des comtes de Foix".

Côté cachet de la Poste, les timbres de droite n'ont pas été oblitérés, seuls les deux "crabes" l'ayant été. Et, noir sur fond noir, difficile d'y voir clair (hum…) si ce n'est pour décrypter le "Atlantique" qui doit s'accoler, il semblerait à "Pyrénées" (plus qu'au Loire que j'avais évoqué préalablement). Ce qui nous ramène dans les parages de Pau ou de Bayonne…
Et à l'intérieur du paquet ? Un livre. Et, comme l'Expediteur ne manque surtout pas d'humour, un 10-18 ! Pour les puristes, le n° 250, "Arcane 17" d'André Breton (achevé d'imprimer du 20 mai 1965). Ouvrage dont le titre laisse bien évidemment présager de sa couverture, à savoir trois lames, les XVI, XVII et XVIII, respectivement la Maison, l'Etoile et la Lune. Un examen minutieux de la page de garde (est-ce bien le bon terme, j'ai un doute ?) montre qu'un prix (1,50 €, il semble) a été gommé : cet ouvrage sortirait donc bien de l'étal d'un(e) bouquiniste ? On peut le penser.
Dans ce livre, que trouvons-nous ? Une carte postale figurant une "sainte" aussi accorte que peu vêtue, issue d'une colletion de 50 photos nommée Sang froid réalisée par un artiste nommé LNOR et éditée par les biens connues de ces lieux "Ames d'Atala". Ames d'Atala qui ne se privent pas, faut-il le rappeler, de publier des articles de certains commentateurs de ces lieux…
Mais, au fait, que peut-on lire sur cette carte ? Eh bien, voici le texte manuscrit : "Oh désuet soupir que Narcisse enveloppe !". Troublant, n'est-il pas ?

Voici donc, dans leur graphie et avec les fins de ligne respectées, les "énigmes" laissées dans ces trois Envois :

Et
tourne la
PSYCHé
que
JE se
joue de
L'AUTRE


Bris de l'ancien miroir où
vit un souvenir…

Oh désuet soupir que
Narcisse enveloppe !

On notera bien évidemment que ces trois citations se réfèrent les unes aux autres, jouent sur "l'effet miroir", le narcissisme, voire la schizophrénie. De quoi pousser à la réflexion.
En revanche, difficile de trouver un point commun entre les divers objets contenus dans ces Envois, entre les papillons anarchisants et la carte postale rimbaldienne reçus par le Tenancier, le "La fin des livres" d'Octave Uzanne et les marque-pages "tarotesques" reçus par Adria, et l'Arcanes 17 que j'ai moi-même reçu. Si ce ne sont les relations d'Uzanne avec Rémy de Gourmont et celles de Breton avec Saint-Pol Roux, qui tendraient à nous faire penser que tout ce Mystère trouverait sa source du côté de Pau…
Mais cette solution ne vous semble-t-elle pas trop simple ? A moi, en tout cas, si.
Il faudra y repenser plus avant… Dès que le Tenancier sera de retour et apte à gérer les images que j'ai faites de cet Envoi.


Otto Naumme

Quiz - 06

A propos de titres, un courriériste, Arnold Mortier, eut un jour une idée fort ingénieuse.
C’était vers les années [18]80, quand on parlait beaucoup d’ouvrir un opéra populaire, pour que les personnes peu fortunées puissent entendre les chefs-d’œuvre lyrique.
A ce moment-là, les théâtres populaires s’adressaient à un public très peu cultivé et se complaisait dans le petit mélo de caf’conc’.
Alors ce charmant homme avait pensé que les titres des opéras célèbres sembleraient plus acceptables si on le popularisait un peu.
Et il avait trouvé des synonymes assez convaincants.
Ainsi :
Le Barbier de Séville, devenait : Le merlan à la guitare
: Mince d’adresse
: Gueule de bois
: Le racleur de boyaux
: Le tire-fiacre en zinc
: Les victimes des ratichons

(D’après Les Théâtres de carton, de Pauline Carton – 1947)

Mais quels sont les véritables titres ?

Où Adria reçoit également des envois mystérieux...

Bon alors, c’est l’histoire d’une enveloppe timbrée.
L’enveloppe est unique puisque faite avé les mains, impression des lames du tarot de Marseille. Timbrée de trois locomotives en commémoration de la Pacific 231 K 8
(Bien que le train du 12 mai 2012 ait été supprimé et reporté à l'automne, l'émission du timbre-poste commémoratif du centenaire de la 231.K.8 s'est déroulée comme prévu : vente anticipée avec cachet 1er jour le 11 mai au Carré d'Encre, et dans les bureaux de poste à partir du 14. Deux sortes de souvenirs philatéliques sont associés à la sortie de ce timbre) source : ici
Vous constaterez avec moi qu’aucune lame ne se distingue.
Trop facile.
Décachetée, hop ! le Bateleur apparaît, regardez :

Vous ne pouvez pas bien réaliser comme l’adresse est alignée, utilisation d’un guide-ligne ?
Oui, oui que contient cette enveloppe ?
http://youtu.be/vHivET4HGjg

Misère ! Qui ose m’envoyer … ? Je l’ai déjà.
La lèpre qui s’étend sur mon lieu de travail me poursuit donc… ? Serait-ce un oracle funeste ?
Me voilà sceptique et démoralisée.
Soudain un éclair, Le Tenancier a annoncé des nouvelles du Mystérieux Expéditeur. Pourtant ArD a avoué…
Alors qu’est-ce … ?



Acceptant l’éventualité de la réalité du Mystérieux Expéditeur, j’éclate de rire tout en étant perplexe, ArD étant le M.E..
Que faut-il comprendre ?
Quelques heures plus tard…
Dubitative, je reprends le livre , tout à coup il s’ouvre à la page 29 et je vois ceci :

Le Soleil, la Tour, la Force.
Je tourne le signet pour le poser sur la page 28 et je pousse un cri de surprise, regardez :

Pour que vous puissiez suivre le propos du M.E ., ceux qui auraient une autre édition que celle-ci, la page 29 : « Et les bibliothèques, qu ‘en ferez-vous, mon cher ami des livres ? »
Pensez-bien, le livre s’est ensuite ouvert page 32 : « [ …] D’autre part, des sortes d’automatic libraries, mues par le déclenchement opéré par le poids d’un penny jeté dans une ouverture, donneront pour cette faible somme les œuvres de Dickens, de Dumas père ou de Longfellow, contenues sur de longs rouleaux faits pour être actionnés à domicile. »


Le Pendu, l’Arcane.

Je vous livre tous ces éléments me fiant à votre sagacité et à votre érudition pour confondre ce Mystérieux Expéditeur.
Qui est l’auteur de ce mélancolique « Bris de l’ancien miroir où vit un souvenir… » ?
Que ce Mystérieux Expéditeur veuille bien prendre en considération que je connais son identité. Je n’interviendrai donc plus dans l’enquête qui va se poursuivre, et me réjouis d’en suivre les épisodes, le sourire aux lèvres.

What's new Copycat ?
(Une histoire de voyance...)


Et Rimbaud vint.
C’était en effet un portrait du poète sur carte postale qui était joint aux plaquettes anti-électorales… Tout d’abord, avant d’aller plus loin, il me faut remercier chaleureusement mon expéditeur de cette trouvaille et je me demande si un détail de cette carte ne fut pas déterminant dans le choix de celle-ci à cause de l’humour subséquent qu’elle recèle. C’est que ce très beau portrait fait par Etienne Carjat proviendrait de la collection personnelle de François-Marie Banier… Que le portrait du « Clochard Céleste » soit détenu par un photographe giflé par un SDF me ravit au plus haut point. Le destin réserve bien des tours et ferait presque croire à une justice immanente.
Au verso de la carte, à la partie réservée à la correspondance est sommairement dessiné ce que l’on suppose un miroir ou un cadre. A l’intérieur de celui-ci on trouve le texte suivant :
Et
tourne la
PSYCHÉ
que
JE se
joue de
L’AUTRE

Certes, « Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon et Nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu’ils ignorent tout à fait !» — notre expéditeur connaît le minimum du corpus rimbaldien pour que l’allusion fit mouche. Ce n’était pas trop difficile, ce texte est tellement connu….
Continuons donc plus avant dans cette extrait de lettre de Rimbaud à Georges Izambard (Mai 1871) :
« Vous n’êtes pas Enseignant pour moi. Je vous donne ceci : est-ce de la satire, comme vous diriez ? Est-ce de la poésie ? C’est de la fantaisie toujours. — Mais je vous en supplie, ne soulignez ni du crayon, ni trop de la pensée […] (s’ensuit le poème Le Cœur supplicié)
Notez bien que l’italique du mot enseignant n’est pas de mon fait et se trouve dans la transcription que je possède.
Mais que dire alors de ce double sens que l’on peut prêter au mot psyché, « miroir » et également « ensemble des phénomènes psychiques », qui nous renvoie à la fois à ce miroir qui « ferait bien de réfléchir » et à cette fameuse tempête de crânes proposée par la Société Secrète de Ceux Qui Tirent les Ficelles.
Bien sûr le rapport est dans La Lettre du Voyant citée en partie plus haut… Ici, l’avertissement se veut clair : nous aurons beau chercher, il se peut que notre quête soit vaine et que nous nous perdions tous dans la stérilité et le soupçon.
Ou alors que nous avons ici des aveux complets !
Complets, vraiment ?
Quelle désolation que cette carte délivrant un tel message, si nous ne la considérions que dans son unicité. Or, la tension générée par celle-ci pourrait sans doute trouver un apaisement dans le lien avec cette histoire qui n’en finit pas de resurgir dans notre blog mais également avec les autres items, je veux parler des autres éléments qui accompagnaient cet envoi. La chose était flagrante, j’avais également fait le rapprochement, et c’est curieusement SPiRitus — qui, ai-je besoin de le dire, n’est point éloigné de la chose poétique et de l’enseignement ? — qui y fit allusion dans l’un de ses messages. La figure du Pape, dans les arcanes du Tarot, apparaissait de façon flagrante sur l’enveloppe. Cette disposition était-elle voulue ou le fruit des caprices du pliage ? Que l’enveloppe ne fut pas constituée d’une seule feuille rempliée mais bel et bien de deux pièces accolées laissait croire que c’était bien volontaire. Mais quelle était donc la signification de cette mise en évidence et en quoi pouvait-elle se rapprocher du portrait de Rimbaud ? C’est que l’expéditeur aurait pu tout aussi bien mettre une autre carte. Pas n’importe laquelle : L’Étoile. Mais nous allons y revenir. Pourquoi tout à coup ce Pape évoqua-t-il pour moi la figure d’André Breton, « Pape du Surréalisme », quant à lui, et en quoi cela avait-il un rapport avec Rimbaud et l’identité de mon expéditeur ? Sans doute que mettre en évidence l’arcane 17 eut été trop évident à exposer, ou bien que cette image ne figurait pas sur ce papier d’emballage, impossible donc à utiliser. En tout cas c’était désigner Breton d’une façon trop évidente… Il faut remonter à 1949 et l’affaire de La Chasse Spirituelle pour saisir le cheminement et peut être la clé de l’affaire. A la parution de ce faux Rimbaud manigancé par Pacal Pia, le seul à aller à contre courant de l’admiration générale pour ces poésies de Rimbaud miraculeusement exhumées fut André Breton, un autre voyant (« Être voyant et se faire voyant : il ne s’est agi pour nous que de découvrir les moyens de mettre en application ce mot d’ordre de Rimbaud », cité d’après Position politique du Surréalisme, mais on est vivement prié de vérifier, s’il vous plaît, je n’ai plus la source chez moi). La dénonciation de Breton dévoila l’identité des faussaires, Akakia Vala et Nicolas Bataille, un homme et une femme.
Au terme de cette amusante enquête je ne puis m’empêcher de songer au lapsus d’ArD qui lia tout de suite la réception de la lettre à un Mystère sans que rien ne le lui suggérât et le petit mot de SPiRitus faisant allusion a l’arcane du pape dans l’un de ses messages.
Je ne tirerai pas de conclusion flagrante, la certitude ne se trouvera que dans l’aveu des protagonistes…
Une dernière chose en attendant de vous lire à mon tour. J’avais mentionné dans le premier message qu’il me restait quelque chose à vous dire à propos de l’enveloppe : c’est le cachet de la poste, bien sûr qui donne la localisation du Centre de traitement du courrier.
Le voici (reconstitué à l’aide de mon compte-fil, tant l’encre était pâle sur ce fond bariolé) :
13102A
Il correspond au Centre de Pau, sis au 124, avenue de Buros.
Je me demande bien qui demeure à Pau, n’est-ce pas, mon cher SPiRitus ?

What's new Copycat ?
(Où l'on s'interroge sur un contenu)

Le contenu de l’enveloppe est plutôt homogène et est principalement constitué de cinq documents allant du simple papillon jusqu’à la feuille grand format rempliée, en voici les titres :
Métal Urbain : 50/50
Élisée Reclus : lettre adressée à Jean Grave
Albert Libertad : le criminel, c’est l’électeur
Octave Mirbeau : La Grève des Électeurs
Émile Pouget : Le Muselage universel


La plupart de ces textes sont des classiques de l’anti-électoralisme d’inspiration libertaire vers la fin du XIXe siècle, à l’exception, bien entendu, de la chanson de Métal Urbain. Il n’y a pas trace d’édition ni de mention légale d’imprimeur, rien qui permette d’identifier la source. Un sondage sur le net ne m’a pas permis de remonter à l’origine de ces publications. Nous sommes en quelque sorte dans la clandestinité…
Si j’apprécie grandement le contenu et même la forme de cet envoi, il reste néanmoins que cela constitue ici aussi une rupture avec les ouvrages qui régalaient Otto. En effet, le Mystérieux expéditeur, ArD, donc, avait des choix poétiques ou "arty" mais pas vraiment du côté de la contestation révolutionnaire. Le divorce d’avec l’allusion que pouvait constituer l’enveloppe est ici consommé. Ce n’est pas une question de raisonnement ni de déduction, mais uniquement le fruit d’un ressenti : ce choix annonce la même rigueur qui a présidé à la confection de l’enveloppe, je dirais presque une affaire de sévérité. Car, signalons au béotien de passage, l’esprit libertaire est parfois plein de frimas apparents, le bonheur se situant plus dans le Gai Savoir, quelque chose d’intériorisé. Qui aurait donc pensé à envoyer de tels textes, pas méconnus, et confortant une opinion dont je ne fais point mystère ? Par ailleurs, qui serait assez frileux pour ne pas se risquer à m’expédier de la littérature ou de la poésie mais bien plutôt l’expression farouche d’un refus social ? Curieux, ces chauds-froids… ils ne ressemblent pas à Otto dont je sais le peu de soins – malgré toute sa bonne volonté – dans les petits travaux manuels et les emballages. Non qu’il ne saurait faire, mais il y aurait ces petites imperfections que je lui reconnaîtrais et surtout, surtout, ce soupçon de cabotinage qui le trahirait et qui est comme une tendre marque de sa part. Pourtant, je sais qu’Otto est friand de Métal Urbain, et que cette littérature ne lui est pas vraiment étrangère, alors… George WF Weaver ? Cela pourrait lui ressembler bien plus. Il y a le motif, l’opportunité (beaucoup de presse parallèle et d’écrits militants dans son antre…) Il y a la frustration intense, également, d’avoir vu la fin de notre saga sur les envois mystérieux. Cela paraît évident. Trop, sans doute. Pourtant, j’ai un peu de mal à trouver un argument qui infirmerait ce postulat. George, est-ce vous ? Pour l’instant, le détecteur est braqué sur vous, mon cher. Qu’avez-vous à dire, mmmhhh ?
Pourtant, connaissant un peu mes intérêts, puisque j’ai la faiblesse d’acheter des livres chez vous, vous ne m’avez jamais vu prendre de ce type de publication. Non que j’aie pu en faire le tour, mais que je ne suis pas dans cette période depuis que nous nous connaissons. Disons que je vis sur un certain acquis. La chose n’a pas pu vous échapper. De deux choses l’une : ou vous tendez à me remettre sur ce chemin ou ce n’est pas vous, puisque vous auriez opté pour… mettons, un Gombrowicz ou de ces 10/18 tellement rares que le double – plutôt vous tuer que de retirer un exemplaire de votre bibliothèque ! - que vous m’auriez procuré dans cette enveloppe aurait tenu de l’apparition de Bernadette Soubirou.
Mettons tout de même une petite pièce sur ce cheval, en attendant.
Mais quid des autres lecteurs réguliers de ce blog ?
Adria Cheno ou Moons ne sont pas, sauf erreur de ma part, des candidates sérieuses pour l’instant. Qu’elles me pardonnent. Je n’ai rien pour justifier cette impression parce que, justement cette affaire n’a l’air de tenir que sur l’intuition. Mais c’est avec joie que je pourrais me tromper.
Et SPiRitus, alors ?
Hé, c’est que l’hypothèse de sa culpabilité a bien du charme ! Nonobstant cet acharnement très scrupuleux à vouloir me faire suivre une fausse piste trop évidente, le contenu respecte assez bien l’embarras dans lequel notre cher SPiRitus a dû se trouver dès lors qu’il s’agissait de choisir quoi m’envoyer. L’homme ne me connaît qu’à peine et nos relations épistolaires sont fugaces et guère littéraires. Restait ce pari sur ces textes libertaires qui n’apparaissent pas le moins du monde comme un pis aller, mais plutôt comme une option rationnelle devant la méconnaissance qu’il peut avoir de son interlocuteur. Et puis, il y a cette rigueur dialectique que l’on retrouve dans la confection du paquet. On sent le cordeau de la raison dans l’étirement du scotch, le classicisme rigoureux de l’alignement des timbres et ce je ne sais quoi de scolaire dans la calligraphie de l’adresse (les « r », mon cher, les « r » !!!) que l’on ne peut retrouver chez les autres suspects pour différentes raisons, parfois opposées (maniaquerie calligraphique, écriture de cochon, etc.) On se ressent ici de l’application au tableau noir !
Tiens, oui, pourquoi pas SPiRitus ?
Mais il y a encore un autre élément dont je ne vous ai pas parlé. Il s’agit d’une carte postale…

(A suivre...)

What's new Copycat ?

Est-il bien raisonnable de faire revenir le Mystérieux Expéditeur dans les colonnes de ce blog ? La nostalgie fait faire de drôles de choses. C’est ainsi que le 11 juillet vers midi, je reçus une enveloppe que j’identifiais immédiatement comme un envoi d’ArD : même type d’emballage qui rappelle le motif à base de lames de tarot de Marseille, même jeux, de loin, sur les timbres, certainement un de ces envois — nullement mystérieux — dont il est arrivé qu’elle me gratifie.

Pas assez souvent d’ailleurs. Le plaisir de cette réception fut à ce point que je lui envoyais un message électronique presque immédiatement :
« Je savais qu’avec votre silence prolongé je devais m’attendre à quelque chose (je n’ai pas encore ouvert l’enveloppe) »
Ce à quoi elle me répondit aussitôt :
« Heu… Vous risquez d’être déçu, car je ne vous ai rien envoyé.
Mystère que votre réjouissement ! »
Bien évidemment, on jugera de ma réaction à ce mot jeté en réponse, faisant allusion au Mystère qui avait tant fait travailler les habitués du blog. Étais-je donc à mon tour le sujet de ce petit jeu où ma subtilité serait mise en question ? Notez que je n’avais pas encore ouvert l’enveloppe. Cette alerte avait d’ailleurs de quoi m’intriguer. Qu’ArD, en réponse à mon mot spontané me jetait le Mystère dans les pieds de but en blanc alors que je n’avais mentionné qu’une enveloppe, et c’est tout… Il me fallait donc examiner celle-ci de plus près. Tout était préparé pour me faire accroire que c’était bien elle qui en était l’auteur. Il y avait tout d’abord ces arcanes du tarot, cette écriture qui s’invitait à sa manière sur l’espace, ces timbres dont le détail était éloquent : l’un représentant le Château d’If, « demeure » de Monte-Cristo, bien sûr, se situant au large de Marseille, tellement évident, tellement flagrant.
Les deux autres timbres représentent ce qui semble une araignée de mer quelque peu exotique. Là n’était peut être pas le plus remarquable, mais par ailleurs ceux-ci ont l’air de célébrer une relation sino-franco-honkongaise qui constitue une allusion autrement plus corsée, puisque ArD ne fit mention de ses pérégrinations chinoises qu’accessoirement sur notre blog et de façon assez discrète. Cette première approche accomplie, il était nécessaire de faire un examen plus critique de l’objet. Notez bien que je n’avais rien ouvert encore, alerté par la peu sibylline allusion d’ArD.


Certaines petites choses clochaient pour que j’obéisse cependant à l’injonction qui me ferait considérer notre Machiavel marseillaise comme l’auteur. Énumérons-les :
Si notre ami Otto a souvent mentionné la façon très appliquée des emballages confectionnés par ArD, il nous faut noter — je rappelle ici que j’ai reçu des envois de sa part tout aussi soignés — que cette rigueur était toujours tempérée par une fantaisie certaine. Le jeu des matériaux, la disposition des timbres révèlent ici une sévérité à laquelle elle ne nous avait jusqu’alors point habitués. Que l’on examine la saga des Envois mystérieux pour nous en convaincre, jamais une enveloppe ne serait close avec une telle précision à l’aide d’un adhésif (du « scotch magic »)… Que ce nouvel expéditeur me pardonne, mais il n’a point la fantaisie esthétique d’ArD, la chose est manifeste. Passons à l’écriture de l’adresse, qui est celle de la librairie. Possédant une correspondance d’ArD, il me fut aisé de comparer la formation de certaines lettres. Ainsi, le « r » ne semblait pas conforme, celui d’ArD s’apparentant plus au script qu’à une écriture attachée…Par ailleurs, la calligraphie manque de rigueur, a été faite avec un stylo-feutre… Du reste, rien de plus aisé que de faire la comparaison de deux écritures avec l’illustration ci-dessous :


On notera la permanence de l’arcane du tarot dans les envois d’ArD — Le Monde est une arcane assez éloquente et plutôt flatteuse pour un libraire blogueur… — qui ne doit pas nous induire en erreur. C’est habitude est aisément décelable et ne la désigne point, ce n’est pas une preuve, même pas un indice. Du reste, la différence primordiale avec l’enveloppe, plus haut, réside dans la facétie de son expéditrice qui a consisté à faire passer cette arcane pour un timbre ! Or l’enveloppe mystérieuse n’avait pas ces subtils attributs. On voulait à l’évidence me faire penser trop vite à un envoi d’ArD, s’attendant bien que je la récuse par l’analyse… Le faux était grossier et, manifestement destiné à me faire tomber dans le panneau et éliminer d’entrée une récidive d’ArD.
Cependant, une remarque nous laissait à réfléchir, cette autre phrase de ma correspondante :
« Vous risquez d’être déçu, car je ne vous ai rien envoyé. »
Affranchis par nos expériences passées, nous savons pertinemment tous ici que, n’envoyant pas son courrier, cela ne l’empêchait nullement d’en être l’auteur. Était-ce une mise en abyme, une chausse-trape ?
En attendant, posons-nous la question : avons-nous affaire à un copycat ou à un pasticheur ?
C’est que l’impression qui se dégage ici, à première vue, c’est la façon assez irrévérencieuse avec laquelle cet expéditeur marche sur les brisées d’ArD. Alors, est-ce une facétie, ou une tentative bien maladroite de ressusciter un Mystère ? Ou bien encore, serait-ce un piège à tiroirs dont les protagonistes chercheraient à dissimuler leurs traces sous des évidences ?
Il me fallait enfin délaisser l’enveloppe — provisoirement, que l’on se rassure, puisqu’il y a encore des choses à dire… — et en explorer le contenu.

(A suivre...)

Quiz - Pause

Le temps qui est imparti au Tenancier ne lui permet pas de continuer le quiz comme il se l'était proposé. En effet, il s'absente dans peu de temps pour se reposer une semaine et il doit entre temps rendre compte du retour d'un événement important survenu il y a deux jours :
En effet, votre Tenancier a reçu, personnellement, un envoi mystérieux.

Serait-ce le retour du Mystérieux expéditeur ?

Votre pauvre Tenancier n'aura pas trop de trois ou quatre billets pour en causer et donc, pour éviter de gâchez notre plaisir, reporte la suite du quiz à son retour.
On voudra bien l'en excuser.
Le prochain billet concernera donc cet envoi mystérieux.

Une historiette de Béatrice XXVI

« Bonjour, j’ai une très belle encyclopédie en 12 volumes toute neuve. C’est un cadeau que l’on m’a fait il y a quelques années, mais je vous assure que je n’y ai pas touché. Jamais lue, toute neuve. Vous m’en donneriez combien ? »

Quiz - 05

05 — Qui a écrit :

C’est une sottise que d’écrire des romans pour gagner sa vie. Je vous assure. C’est étrange. L’irréalité de la chose donne l’impression de pénétrer dans votre vie réelle, de vous entrer dans les os, de faire battre des illusions dans les artères à chaque pulsation du cœur. La volonté se fait esclave des hallucinations, ne réagit qu’à des élans fantomatiques, est au service de la seule imagination. État étrange, aventure éprouvante, cette sorte de brûlante ordalie par l’insincérité. Et on la traverse avec une exaltation aussi fausse que tout le reste. On la traverse et on n’a rien à montrer au bout du compte. Rien ! Rien ! Rien !

Le Tenancier ne répondra que par « Oui » ou par « Non » à toute demande de précision.