| Coupé (Être), v. Être sans argent. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Coupé (Être), v. Être sans argent. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Coup de feu, s. m. Ivresse commençante. v. Barbe. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Coule (Être à la), v. Être bien au fait d'un travail, être rompu aux us et coutumes de l'imprimerie. Cette locution a passé dans d'autres argots. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Coquilles, s. f. pl. Lettres mises pour d'autres, par manque d'attention. Voir. [en page spéciale], notre article spécial et un choix de coquilles célèbres ou curieuses. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Copie de chapelle, s. f. Exemplaire donné par l'auteur aux ouvriers. Ce mot est tombé en désuétude, les auteurs ne donnant plus d'exemplaire aux ouvriers, et les chapelles ayant cessé d'exister. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
Une preuve par l'image de la validité de la loi d'Yves Letort disant "qu'une bibliothèque déborde toujours" : un bout de ma chambre.| Copie, s. f. Ce qui sert de modèle au compositeur. Elle est manuscrite ou imprimée; la copie manuscrite est, on le comprend, payée un peu plus cher que la réimpression. Au figuré, Faire de la copie sur quelqu'un, c'est dire du mal de lui, en médire. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Conscience, s. f. L'ensemble des ouvriers qui travaillent à la journée ou à l'heure, par opposition à ceux qui travaillent aux pièces. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Compositrice, s. f. Jeune fille ou femme qui se livre au travail de la composition. Nous ne réveillerons pas ici la question tant de fois débattue du travail des femmes; nous ne rappellerons pas les discussions qui se sont élevées particulièrement à propos de la mesure prise par la Société typographique, qui interdisait à ses membres les imprimeries où les femmes sont employées à la casse à un prix inférieur à celui fixé par le Tarif accepté. Contentons-nous de dire que nous sommes de l'avis de MM. les typographes qui, plus moraux que les moralistes, trouvent que la place de leurs femmes et de leurs filles est plutôt au foyer domestique qu'à l'atelier de composition, où le mélange des deux sexes entraîne ses suites ordinaires. — Quoi qu'il en soit, il existe des compositrices; nous devions en parler. MM. les philanthropes qui les emploient vont les recruter dans les ouvroirs, les orphelinats ou les écoles religieuses. Ces jeunes filles, en s'initiant tant bien que mal à l'art de Gutenberg, ne manquent pas de cueillir la fine fleur du langage de l'atelier et de devenir sous ce rapport dé vraies typotes comme elles se nomment entre elles. L'argot typographique ne tarde pas à se substituer à la langue maternelle; mais il en est de l'argot comme de l'ivrognerie: ce qui n'est qu'un défaut chez l'homme devient un vice chez la femme, et il peut en résulter pour elle plus d'un inconvénient. L'anecdote suivante en fournit un exemple : Un employé, joli garçon, courtisait pour le bon motif sa voisine, une compositrice blonde, un peu pâlotte (elles le sont toutes), qui demeurait chez ses parents. La jeune fille n'était point insensible aux attentions de son galant voisin. Un samedi matin, les deux jeunes gens se rencontrent dans l'escalier: « Bonjour, mademoiselle, dit le jeune homme en s'arrêtant; vous êtes bien pressée.— Je file mon noeud ce matin, répondit-elle ; c'est aujourd'hui le batiau, et mon metteur goberait son boeuf si je prenais du salé. » Ayant dit, notre blonde disparaît. Ahurissement de l'amoureux, qui vient d'épouser une Auvergnate à laquelle il apprend le français. Nous avons dit plus haut que les typographes, en proscrivant les femmes de leurs ateliers, avaient surtout en vue la conservation des bonnes moeurs à laquelle nuit, comme chacun sait, la promiscuité des sexes. Ce qui suit ne démontre-t-il pas qu'ils n'ont pas tort ? Un jour, ou plutôt un soir, une bande de typos en goguette faisait irruption dans une de ces maisons de barrière qu'on ne nomme pas. L'un d'eux, frappé de l'embonpoint plantureux d'une des nymphes du lieu, ne put retenir ce cri: « Quel porte-pages ! » La belle, qui avait été compositrice, peu flattée de l'observation du frère, lui répliqua aussitôt : « Possible ! mais tu peux te fouiller pour la distribution. » (Authentique.) L'admission des femmes dans la typographie a eu un autre résultat fâcheux: elle a fait dégénérer l'art en métier. Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner les ouvrages sortis des imprimeries où les femmes sont à peu près exclusivement employées. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |

| Vingt-cinq ans se sont écoulés. Je revois votre visage de vieux morse éploré, vos larmes, votre épuisement de n’avoir jamais été reconnu et lu de votre vivant. Faut-il que ce soit la mort qui consacre les auteurs tels que vous ? Oui, bien sûr. Et vous le saviez. Après sa mort, il arrive qu’on attende encore un siècle. Parfois plus. Pour vous ce sera moins. Je peux vous dire qu’une partie de votre œuvre a été publiée, commentée, annotée. Les lettres. Les inédits. Les fonds de tiroirs. Quantité de thèses et de livres ont été écrits sur vos ouvrages et sur votre vie. La mort a toujours gagné. C’est elle l’auteur des livres de ces écrivains maudits – je pense aussi à Louis Calaferte – qu’on méprisait de leur vivant. Lorsque la mort paraît, l’œuvre du défunt est applaudie à grands cris. On en parle en tout cas. Durant une semaine, le nom de l’auteur est sur toutes les lèvres. La mort est une convention de plus. Assez souvent, elle autorise une manière de consécration. Autant dire un passeport pour le néant. […] |
| Compagnon, s. m. Camarade de rang. Dans les ateliers, les rangs sont disposés pour deux compositeurs; chacun des deux est le compagnon de l'autre : Dis donc, mon compagnon, prête-moi ta pointe. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Bonjour, Cela fait un petit moment que je suis votre blog et que j'avais envie de vous partager mes 10/18, alors voilà ! Cordialement, Vélik Dubeau |
| Commandite, s. f. Association d'ouvriers pour la composition d'un travail quelconque. Les grands journaux de Paris sont, à peu d'exceptions près, tous faits en commandite. Il existe dans le public, à propos de la commandite typographique, une erreur qu'il importe de rectifier. Pour les uns, c'est le partage des bénéfices entre le patron et les ouvriers qu'il emploie; pour d'autres, c'est l'annihilation même du patron, qui ne serait plus alors qu'un simple bailleur de fonds. La commandite n'est pas du tout cela. Un client apporte au bureau un journal quotidien à imprimer, par exemple; le prix est débattu et fixé entre celui-ci et le maître imprimeur, ou plus ordinairement son prote, ce qui revient au même. Ce dernier désigne alors un certain nombre d'ouvriers pour exécuter le travail, seize à vingt pour les grands journaux, ou bien il charge l'un d'eux de réunir l'équipe nécessaire. Ces ouvriers élisent leur metteur en pages et se partagent chaque semaine la somme qui leur revient d'après le Tarif, en faisant toutefois un léger avantage au metteur. Voilà la commandite. Il y en a de deux sortes: la commandite autoritaire et égalitaire est celle au sein de laquelle chaque associé est obligé de faire un minimum de lignes déterminé, la somme gagnée étant ensuite partagée également entre tous les associés; et la commandite au prorata, dans laquelle chacun touche d'après le travail qu'il a fait. C'est la plus juste des deux et la plus humaine: les jeunes gens et les vieillards peuvent y trouver place; les hommes dans la force de l'âge et de l'habileté n'y perdent rien. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Coloquinte (Avoir une araignée dans la), v. Avoir le cerveau fêlé. V. Hanneton. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
Se demander si, sur une liseuse électronique, une signature numérique vaut pour un envoi autographe signé pour un livre en papier.
| Clous (Petits), s. m. pl. Caractères d'imprimerie. Lever les petits clous, c'est être typographe, paquetier. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Cliché, e. m. Réplique ou propos qui est toujours le même. Tirer son cliché, c'est avoir toujours la même raison à objecter ou dire constamment la même chose. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Claquer, v. int. Mourir. Ce mot n'est pas particulier aux typographes. Alfred Delvau, dans son Dictionnaire, l'attribue aux faubouriens. Il est aussi bien compris dans le centre de la ville qu'aux faubourgs. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Chouflic, s. m. Mauvais ouvrier. Expression employée dans d'autres argots. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Choux (Être dans les). Se dit, dans les journaux, par les compagnons qui, pour une cause ou pour une autre, craignent de ne pas arriver à faire leur pige ; dans les maisons de labeur, lorsque, le jour du batiau approchant, on craint de ne pouvoir arriver à faire une banque moyenne. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
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| Verre-Vert : L'heure Verte Brochure 16 pages sur papier fluo, 12X17 cm. Pas de mention de tirage sur beau papier - Tiré à 100 exemplaires. Collection Fornax vert - Volume 0 Fornax, MM |
| Chou pour chou (Aller), v. Suivre exactement la copie imprimée. C'est l'équivalent de Kif-kif. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Chiquer des sortes, v. Synonyme de Fricoter. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Chiper, v. a. Prendre de la lettre, des sortes ou des espaces à son camarade. On dit aussi Fricoter. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
« Pas compliqué, Tenancier : pour les livres poly-classifications à caractères non homologues, procurez-vous les en double!Ah, ArD, le fameux rangement par format, qui fait penser à la vanne mythique qui se raconte dans le métier sur le garçon qui fit un classement des livres par hauteur… C’est la « Clef du champs de tir » à nous, notre « Fouet à tourner le vent » ! Mais à la réflexion, que donnerait donc un rangement autre que la subdivision classique d’une bibliothèque particulière : Littérature d’un côté, Essais de l’autre avec des subdivision, etc., etc.
Mais sachez qu'une bonne cladistique se veut être le corollaire de la parcimonie : moins vous aurez de livres à critères différentiels de classification, au mieux votre clade se portera.
La cladistique n'est peut-être pas la bonne méthode finalement. Rangez-les donc par format, par couleur,...ArD »
| Chier dans le cassetin aux apostrophes, v. Cette phrase grossière et malséante peut se traduire en langage honnête par : « Quitter le métier de typographe. » |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Chiens perdus ou bien Chiens noyés, s. m. pl. C'est ainsi que les journalistes désignent les nouvelles diverses. Le metteur en pages a besoin d'un chien perdu pour boucher un trou, quand les rédacteurs n'ont pas fourni assez de copie. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
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| Chien, s. m. Lettre tombée d'une forme ou qui se trouve sur le marbre au moment où l'on y dépose un châssis. Le chien fait lever le texte quand on desserre, en sorte qu'il est impossible de taquer sans écraser le caractère. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |