









| Article 4 (Payer son). v. Payer sa bienvenue en entrant dans un atelier. Voici l'origine de cette expression. Dans le temps où les compositeurs portaient l'épée, chaque imprimerie formait une sorte de confrérie ou chapelle régie par un règlement. Ce règlement stipulait le nombre d'exemplaires que les éditeurs et les auteurs devaient laisser à la chapelle. Ces exemplaires étaient vendus, et l'argent qu'on en retirait consacré à fêter la Saint-Jean-Porte-Latine et la Saint-Michel. L'article 4 de ce règlement, le seul qui soit par tradition resté en vigueur, déterminait tous les droits dus par les typographes. On ajoute quelquefois, en parlant de l'article 4, les mots verset 20, qu'il faut traduire: « Versez vin. » — Dans le nord de la France on dit: payer ses quatre heures au lieu de payer son article 4. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Amphibie, s. m. Ouvrier typographe qui est en même temps imprimeur ou correcteur. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
| Voici la question du client : Bonjour, l'exemplaire que je possède (en mauvais état), est relié et couverture rigide . Ce qui m'intéresse surtout, est l'état de la jaquette, celle-ci comporte en haut gauche SWIFT puis au dessous Voyages de Gulliver, en bas Editions R. Simon. ma question: cette jaquette est-elle en très bon état? [...] > Titre : Voyages de Gulliver > Auteur : Swift (Jonathan) > Éditeur : Editions R. Simon > N° de référence : 03264 > Prix : EUR 7.5 > Description : Poids : moyen. in-12, 286 pp non coupées, br - bel ex. Précédés d'une notice biographique et littéraire par Ville. |
| Monsieur, L'édition que je possède est brochée, ne comporte pas de jaquette et, à m'a connaissance ne devait pas en posséder comme votre édition cartonnée. Je vous incite à explorer d'autres sites comme livre-rare-book ou Galaxidion qui peuvent présenter des livres qui ne se trouvent pas forcément sur Abebooks... Sincèrement, Yves Letort - Feuilles d'automne |
| Bonjour, mon livre qui a les mêmes caractéristiques que le votre, et dont j'ai collé la page de présentation et de "tranche" à l'intérieur m'a été offert il y a maintenant 50 ans, j'ai 63 ans. Il avait alors sa jaquette en état, et était aussi en parfait état; Il ne comporte aucune mention sur la couverture rigide (cartonnée) s'il en est de même pour le votre, je serai tenté de dire que c'est votre livre qui a perdu sa jaquette. De toute façons, c'est avant tout d'avoir une jaquette en état qui m'intéresse. Un très grand merci pour votre aimable et plus que complète réponse. au revoir, cordialement H*** J*** |
| Cher Monsieur, Merci pour votre appréciation. Il semble tout de même que nous ne possédons pas le même exemplaire. La faute à notre jargon. Lorsque j'indique qu'un ouvrage est broché, cela signifie qu'il a une couverture papier - généralement illustrée, ce qui est le cas ici - et que l'on a tendance à appeler "une couverture souple". Il semble que l'éditeur ait fait paraître deux types d'éditions, chose fort courante à l'époque, la cartonnée faisant figure d'édition un peu plus luxueuse, avec jaquette. Bien entendu, l'édition brochée n'avait nul besoin de jaquette et cela pour plusieurs raisons : - La minceur du papier : enrouler une jaquette autour aurait posé des problèmes de tenue - De redondance : la couverture de l'ouvrage broché étant déjà illustrée, aucun intérêt d'en remettre une autre par-dessus - De moeurs éditoriales : la jaquette sur livre broché intervient sur des ouvrages qui font partie d'une collection et dont on veut en distinguer certains (par exemple, vers les années 70, les ouvrages de Yourcenar en collection Blanche ont tous reçu une jaquette) - De coût de fabrication A contrario, le recours à une jaquette pour un livre cartonné est évident. En conclusion, il vous faut rechercher un ouvrage cartonné (j'utilise souvent l'abréviation "cart." dans mes descriptifs pour cartonné et "br." pour broché) et dont la jaquette est mentionnée. Cela donnerait à peu près ça dans le descriptif : in-12, 286 pp, cart. sous jaquette illustrée de l'éditeur - bel ex. Précédés d'une notice biographique et littéraire par Ville. Je n'ai pas vu cela dans le site d'Abebooks, les ouvrages de mes confrères semblent tous brochés. Il va falloir vous armer de patience... Bien cordialement, Yves Letort - feuilles d'automne |
| Aller en Germanie, v. Remanier. Cette expression, d'allure si preste, s'applique pourtant, comme on voit, à une chose très désagréable pour le compositeur. Lorsqu'il qu'il a commis un bourdon ou un doublon et qu'il est forcé de remanier un long alinéa, on dit qu'il va en Germanie. Cette locution, récemment introduite dans quelques ateliers, vient-elle des nombreux remaniements que la Prusse a fait subir, depuis 1866, à la carte d'Allemagne, et même, hélas! à la carte de France ? Un vieux typographe nous fait remarquer que cette locution: Aller en Germanie, dont on n'aperçoit pas distinctement l'origine, que nous venons tout à l'heure de chercher au delà du Rhin, est purement et simplement une corruption. Quand un compositeur a commis un bourdon, il s'écrie de mauvaise humeur: Allons ! bon! Il faut que je remanie. D'où aller en JE REMANIE, puis en Germanie. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |


| Aller en Galilée, v. Remanier, remettre en galée. M. Ch. Sauvestre, qui, lui aussi, est un ancien typo devenu journaliste, nous signale cette expression pittoresque: «Aller en Galilée, dit-il, c'est faire des remaniements qui nécessitent le transport d'une page ou d'une portion de page du marbre, où elle était en forme, dans la galée, sur la casse. Aller en Germanie n'est rien, comparativement au guignon d'aller en Galilée.» Galilée est évidemment une corruption plaisante de galée. |
| Eugène Boutmy - Dictionnaire de l'argot des typographes, 1883 |
Écoutez, vous m’énervez, là.

(Photographie : Eugène Atget)