Nos 10/18 (6e partie)

A l'occasion de la parution du billet de George Weaver, j'avais suggéré la chose suivante dans les commentaires : "Il ne me reste donc plus qu'à faire un appel vibrant aux lecteurs de ce blog pour les convier à un petit jeu : Rassemblez tous vos 10/18, sélectionnez-en (pas plus de 10) et expédiez-m'en les scans de couverture, histoire de faire une sorte de panégyrique de la collection ! [...] "

Laissons la place à Grégory Haleux, qui est la moitié de la maison d'édition que nos habitués connaissent pour avoir vu leur série consacrée à Jarry dans notre rubrique bibliographique, Cynthia 3000 :

389 - Les chemins actuels de la critique.
Achevé d'imprimer le 20 septembre 1973.

661 - Claude Pélieu : Jukeboxes.
Dépôt légal : 1er trimestre 1972

810 - Bailly / Buin / Sautreau / Velter : De la déception pure, manifeste froid.
Achevé d'imprimer le 27 septembre 1973

845 - Change. Première suite.
Achevé d'imprimer le 26 février 1974

849 - Jérôme Peignot : Les jeux de l'amour et du langage.
Achevé d'imprimer le 2 avril 1974

1102 - Jacques Sojcher : La Démarche poétique.
Achevé d'imprimer le 18 octobre 1976

1124 - Raymond Roussel : Comment j'ai écrit certains de mes livres.
Dépôt légal : 1er trimestre 1977

1180 - L'Espace et la Lettre. Cahiers Jussieu / 3.
Achevé d'imprimer le 10 novembre 1977

1232 - Paul Zumthor : Anthologie des grands rhétoriqueurs.
Achevé d'imprimer le 8 mars 1978

1277 - Collages. Revue d'Esthétique n°3-4.
Achevé d'imprimer le 30 novembre 1978

Il est toujours temps de m'envoyer votre propre liste si vous ne l'avez fait déjà.

Le Ministère de la Com'

Ce que j'aime bien parfois, c'est le manque de complexes vis à vis de ce que l'on dit par rapport à ce que l'on cache...
Il y a quelques billets, nous évoquions les nouvelles dispositions commerciales de PriceMinister vis à vis de ses vendeurs. De même nous évoquions le battage fait autour de la sortie de l'autobiographie de son créateur, Pierre Kosciusko-Morizet, et de l'empressement avec lequel cette "information" fut reprise ici et là, comme dans ce blog intitulé Geek, c'est chic. On nous livra à cette occasion un bel entretien chargé d'effluves conquérantes, et dont nous vous livrons la dernière phrase, tellement elle nous plaît :
"Il faut d'abord que les gens l'utilisent... et que ça soit vite rentable. [Rires]."
Les rires sont aussi enregistrés à la source, nous ne les avons pas ajoutés en post-synchronisation. Ces rires nous plaisent également car nous songeons qu'ils étaient également destinés au journaliste, courroie de transmission utile à la "communication" de cette société. Nous ne sommes pas trop incertains quant à la nature de ces rires lorsque l'on connaît la suite.
De cette interview, le Tenancier s'était livré à une ou deux conjectures sur ces assertions :
"Pour quelques commentateurs - dont votre serviteur, il semble que cette communication recouvre quelques manœuvres commerciales quant ce ne sont pas de gesticulations pour agrandir le tour de table des actionnaires..."
Et nous avions raison.
Voici, ci-dessous, le chapeau d'un article électronique du Monde en date du 17 juin :
Le leader japonais du e-commerce, Rakuten, a acheté la totalité du capital de Priceminister, dirigé par Pierre Kosciusko-Morizet, pour environ 200 millions d'euros, a annoncé jeudi dans un communiqué le groupe français, qui vient de fêter ses 10 ans.
Rappelons la chronologie :
- Le billet du blog, signé Boris Manenti parait le 3 juin 2010
- Le lendemain, les vendeurs professionnels apprennent de la direction de PriceMinister qu'il devront régler une base forfaitaire de 20 € mensuels.
- L'annonce de la vente est dévoilée le 17 juin 2010
On ne vend pas une société en une quinzaine de jours.
Certes, la question de cette cession ne devrait pas m'empêcher de dormir. Seulement je songe que j'ai assisté à des manœuvres quelque peu dérangeantes dans le sens où l'on a essayé de m'endormir sur une chose : la nécessité de me faire payer des services chimériques alors que le but était simplement de faire augmenter le jackpot pour que l'investisseur mette le pognon sur la table. Dans ce cas là, c'est l'obscur qui allonge le fric, et le gros qui ramasse la mise.
Quelque chose me dit que j'aime bien être dans ma peau et m'être retiré de ce petit jeu où je ne pouvais être que perdant. En revanche, je n'aimerais pas du tout être à la place de ce garçon qui rédigea cet entretien quelque peu téléguidé.
Que conclure ?...
Oh... la vague impression qu'une fois de plus le double langage règne et que nous avons failli être les cocus d'une médiocre entreprise de désinformation. Tant mieux, nous n'aimons pas la petitesse.
Ceux qui restent auront de quoi réfléchir.

Il n'ira pas et il le regrette

Ce n'est pas à chaque fois, mais j'aime bien aller au Marché de la Poésie, place Saint Sulpice à Paris. C'est autant la poésie que les livres exposés qui m'attirent. Cette année, je ne m'y déplacerai pas à cause d'obligations auxquelles je ne puis me dérober. J'aimerais cependant que l'on m'en parle et qu'un éventuel lecteur de ce blog ait l'amabilité de nous faire un compte-rendu qui sera reproduit ici. Cela commence jeudi et cela finira dimanche...


Allez-y pour moi, je me languis un peu de ces quelques créations originales et émouvantes qui y sont parfois exposées.
Merci.

Les bébés sont décevants

Il ne faut jamais négliger une occasion de faire diversion aux taches importantes, cela accroît la culpabilité et devient donc un stimulant appréciable pour le travail. Ainsi, je m’amuse de temps à autre à répondre aux questions d’Éric Poindron, soit sur son site, soit sur Facebook. Les dernières en date sont :
« Quand vous allez sur une brocante, que cherchez-vous ? »
« Quelles sont les personnes décédées que vous ne souhaiteriez aucunement rencontrer ? »
Etc.
A la veille des grandes vacances, de pareils questionnaires font penser aux quizz des journaux pour mômes ou même à ceux des magazines que nos parents achetaient par lots soldés dans les boutiques des stations-service, au bord de la nationale bondée, dans l’ondoiement des capots en chaleur.
Il n’y a pas que les questions, Éric Poindron nous donne parfois quelques citations. L’une d’elle a retenu mon attention : « Vous pouvez jeter un livre du cinquième étage, vous le retrouverez plus ou moins complet en bas. Si vous jetez un e-book, il sera à coup sûr détruit. » Celle-ci est d’Umberto Eco, vraisemblablement tirée de son dernier ouvrage, N’espérez pas vous débarrasser de vos livres, ou alors d’un des multiples entretiens qui accompagnent la sortie de chacun de ses ouvrages…
Je ne veux certes pas entrer dans ce débat qui me paraît d’ores et déjà diablement frelaté tant il fut abordé dans la dernière décennie. Ce qui retient plutôt mon attention, c’est tout de même l’argument spécieux d’Eco : lancez en l’air votre Kindle / e-book / I-pad ou autre et voyez ce qui se passe. Á ce compte-là, et suivant le même raisonnement, les Assyriens auraient pu apporter également une appréciation négative sur le papyrus ou le papier. En effet, les tablettes d’argile résistent tout de même mieux au feu que le fonds de la bibliothèque d’Alexandrie (qui ne serait au bout du compte qu’un fantasme, mais fantasme pour fantasme…) Ce qui est assez surprenant, en somme, c’est l’inquiétude vis-à-vis d’un objet qui n’est qu’un outil banal, un développement à peine rusé de l’ordinateur portable, lui-même dérivé de notre bon vieil ordinateur de bureau. On voudrait dans l’affaire que tout le monde retrouve son sang froid et examine la situation sous un autre angle. Ces livres électroniques sont une aubaine pour votre serviteur qui, dans son travail de bibliographie, serait plutôt enchanté d’avoir un outil de référence peu encombrant au lieu des centaines d’ouvrages volumineux que l’on traîne derrière soi comme une ancre flottante. Mais à part cela, lirai-je dedans mes œuvres préférées ? Je ne le pense pas. Devrais-je pour autant obliger mes contemporains à s’en priver ? Et si nous laissions les choses évoluer ? Je le répète ici, je n’irai pas plus loin dans le débat, qui est sans doute plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Mais si la citation d’Umberto Eco est bien de lui, on s’autorisera à regretter la faiblesse de l’argumentation, sa facilité.

« Vous pouvez jeter un chat d’un mètre de hauteur, vous le retrouverez plus ou moins complet en bas. Si vous jetez un bébé, il sera à coup sûr détruit. »

Je l’ai toujours pensé, les bébés sont très décevants.

Nos 10/18 (5e partie)

A l'occasion de la parution du billet de George Weaver, j'avais suggéré la chose suivante dans les commentaires : "Il ne me reste donc plus qu'à faire un appel vibrant aux lecteurs de ce blog pour les convier à un petit jeu : Rassemblez tous vos 10/18, sélectionnez-en (pas plus de 10) et expédiez-m'en les scans de couverture, histoire de faire une sorte de panégyrique de la collection ! [...] "

Maintenant, c'est au tour de SPiRitus, et de ne choisir que neuf couvertures, décidant ainsi de ne point profiter du maximum que nous nous étions fixé. Chacun fait selon son caractère...


128/129
Léon TROTSKY : Terrorisme et Communisme
(Présentation d’Alfred Rosmer ; couverture de Roman Cieslewicz).
Dépôt légal : 3e trimestre 1963. Imprimé sur les presses de l’imprimerie Bussière Saint-Amand (Cher).
446
SADE : [Histoire de Juliette ou] Les prospérités du vice
(Préface de Gilbert Lély ; couverture : Gravure illustrant les Prospérités du vice (1797))
« Domaine français » dirigé par Jean-Claude Zilberstein.
Dépôt légal : septembre 1985 ; Nouveau tirage : juin 1995. Achevé d’imprimer sur les presses de Cox & Wyman Ltd. (Angleterre).

465
Georges BATAILLE : Le Bleu du Ciel
(couverture : Dessin à l’encre de couleur, (détail) par Hans Bellmer).
Dépôt légal : 1e trimestre 1970. Nouveau tirage : avril 1993. Imprimé en Angleterre.

506
Georges DARIEN : Bas les Cœurs !
(Préface de Gilbert Lély ; couverture de Pierre Bernard).
Dépôt légal : 3e trimestre 1970. Impr. Union-Rencontre à Mulhouse (Ht-Rhin).

586
Georges DARIEN : Le voleur
(Préface d’André Breton ; couverture de Pierre Bernard).
Dépôt légal : 2e trimestre 1971. Achevé d’imprimer le 8 mai 1978 sur les presses de l’imprimerie Bussière à Saint-Amand (Cher).

739
Georges BATAILLE : Ma mère
(couverture : Dessin au crayon (détail) de Hans Bellmer).
Dépôt légal : 1e trimestre 1973. Nouveau tirage : août 1994. Imprimé en Angleterre. Achevé d’imprimer sur les presses de Cox & Wyman Ltd. (Angleterre).

795
Georges RIBEMONT-DESSAIGNES : Déjà Jadis ou Du mouvement Dada à l’espace abstrait
(couverture de Pierre Bernard).
Dépôt légal : 3e trimestre 1973. Achevé d’imprimer le 8 juin 1973 sur les presses de l’imprimerie Bussière, Saint-Amand (Cher).

2472
Pierre LOUYS : Trois filles de leur mère
(Préface d’André Pieyre de Mandiargues ; couverture : Vénus gantée (détail) par Otto Dix)
« Domaine français » dirigé par Jean-Claude Zilberstein.
Dépôt légal : février 1994 ; Nouveau tirage : mars 1998. Imprimé en Allemagne.

2909
Jonathan SWIFT : Instructions aux domestiques et opuscules humoristiques
(Préface de Roger Nimier ; traduit de l’anglais par Léon de Wailly ; couverture : Le retour du paysan (détail) Gravure de Hogarth)
« Domaine étranger » dirigé par Jean-Claude Zilberstein.
Dépôt légal : septembre 1997. Imprimé en Allemagne (Achevé d’imprimer par Elsnerdruck à Berlin).

Vingt euros qui coûtent cher !

Il y a peu, j'ai reçu comme pas mal de professionnels qui vendent leurs livres sur PriceMinister, l'annonce d'instauration de frais fixes d'un montant de 20 € par mois. On passera sur les détails et les justifications extrêmement ridicules et alambiquées pour justifier cette ponction. On notera simplement qu'après avoir vanté à qui voulait l'entendre les bienfaits de l'autoentreprise, cette même société allait pénaliser des personnes en état de précarité. Mais doit-on s'étonner qu'une société comme celle-ci décide de s'assurer un revenu fixe sur les comptes les moins rentables ? Cette boîte fait son métier de "boîte", un point c'est tout. Et croire qu'une "boîte" ait des préoccupations sociales donnerait seulement des raisons pour que l'on vérifie votre état mental.
Je tournais tout de même dans mon esprit un billet furieusement torché lorsque je tombais par hasard sur le blog de Jean-Luc Tafforeau, par l'entremise d'un article qu'il cite également, ci-dessous. Après l'avoir lu, j'ai convenu que le Tenancier n'avait nul besoin de se casser le tronc. Tout y était ou peu s'en faut. Alors, avec l'accord de son auteur, le voici in extenso. Vous pouvez également le retrouver sur son blog et y ajouter des encouragements et des commentaires. Il les mérite.

PriceMinister : bingo… et merci !

M. Kosciusko-Morizet fête le dixième anniversaire de PriceMinister, dont il est le fondateur. Son site est devenu le numéro 1 du commerce électronique en France.

Soyons justes : l'auteur de ces lignes a toujours apprécié la qualité de PriceMinister, son efficacité et, en particulier, l'absence de charges fixes et de frais de mise en vente.
Dès l'automne 2003, j'y ouvrais une boutique d'occasion, où de nombreux livres, cassettes vidéo VHS (eh oui !) et CD audio ont trouvé preneurs. Fin 2006, “mes” éditions AO y ont créé un compte dit “professionnel”. La différence avec une boutique de particulier est qu'elle autorise la vente de produits neufs, ainsi que d'autres fonctions comme le calcul des éléments de facturation.

Toutes les entreprises ont été petites un jour
Ironiquement, le livre de souvenirs que publie ces jours-ci M. Kosciusko-Morizet s'intitule Toutes les entreprises ont été petites un jour. C'est exactement ce que je lui écrivais dans un courrier du 7 mai dernier, dont voici la citation intégrale :

Cher Monsieur Kosciusko-Morizet,

C’est au fondateur de PriceMinister que je me permets de m’adresser.

La force de PriceMinister est sa simplicité, son efficacité et l’absence de toute charge fixe. Contrairement à vos concurrents, vous avez su vous démarquer de la sorte. Prenez garde à ne pas casser ce qui fait votre succès !
 Je m’explique.

Vendeur « particulier » d’occasions depuis 2003, j’ai créé en 2009 une minuscule start-up, les éditions AO. Rien à voir avec votre start-up devenue une référence, même si je rêverais d’un tel succès !

Les éditions AO impriment leurs livres en petites quantités et profitent du web pour les diffuser. Ma boutique « professionnelle » me donnait toute satisfaction avec une commission de 15% et aucun abonnement fixe. J’avais étudié Amazon et Alapage, tous facturaient environ 20 € par mois.

Et voici que vous accomplissez un virage à 180° ! Facturation d’un abonnement de 20 € HT dès la première vente.

Le problème est que, le plus souvent, je ne vends qu’un ou deux livres par mois, au prix moyen d’une dizaine d’euros. Le calcul est vite fait ! Certes, j’espère une croissance de mes ventes, mais ce n’est pas encore le cas.

Je vous en conjure, que PriceMinister conserve sa spécificité ! Il ne devrait pas être difficile de trouver une formule plus juste. Autant 20 € ne représentent rien pour une boutique qui vend 1000 € par mois, autant, dans mon cas, c’est rédhibitoire !

Espérant que ma « bouteille à la mer » sera recueillie et son message lu, je vous prie de recevoir, Monsieur Kosciusko-Morizet, mes plus cordiales salutations.
Je n'ai reçu aucune réponse à ce courrier. Je suppose qu'il s'est noyé dans l'océan des missives reçues par le P-DG. En revanche, j'ai pu échanger par mail et recevoir un appel téléphonique d'une chargée de clientèle, qui n'a malheureusement pu remédier à cette décision unilatérale mal calibrée. Relevons – et apprécions – qu'au moins il existe encore des êtres humains derrière la boutique virtuelle, et qu'ils soient autorisés à prendre le temps de s'occuper des demandes de leurs clients, aussi “minuscules” soient-ils !

Oui, en effet, comme le dit le P-DG, “toutes les entreprises ont été petites un jour”. Dommage de les “flinguer” avec des charges fixes qui compromettent leur démarrage ! Sans nul doute, PriceMinister a compté le nombre de vendeurs professionnels dans sa base de données, sorti la calculette et multiplié par 20 euros et par 12 mois. Bingo ! Oui, mais PriceMinister n'est pas un casino – à moins qu'il n'ait décidé d'en ouvrir un… en ligne !

ANNEXE
Pour être exact et précis, ma (défunte) boutique professionnelle a encaissé depuis le 1er janvier, 266 euros, nets de la commission PriceMinister de 15%. Une moyenne de quelque 53 euros mensuels. Si les frais forfaitaires de 20 euros avaient été appliqués sur cette période, j'aurais dû amputer les 266 euros de 100 euros, soit près de 40%, venant s'ajouter aux 15%. Total : 55% Là, est-ce moi qui “exagère”… ou bien ?

Ajoutons encore une chose : il est certain que pour ma part j'aurais pu tout à fait continuer à vendre mes livres par cet intermédiaire, mon chiffre d'affaire me le permettait aisément. Mais il y avait ici une aubaine pour lier mon éthique à mes propres intérêts, d'une part et le fait que, désormais, il était plus intéressant de quitter ce site qui n'est après tout qu'un bazar, fait qui pourrait à la longue porter préjudice à mon métier de libraire.

Bibliographie Minilivres : Trois questions

Nous sommes arrivés, au bout de l'inventaire de la collection des Minilivres de chez Deleatur. Puisque c'est devenu une habitude, le Tenancier a tenu à poser trois questions à Pierre Laurendeau autour de cette collection. Nombre de titres sont encore disponibles. On les recommande !

— Au bout de 55 ouvrages (plus le volume élaboré «à façon» : Une nuit dans la Grande Bibliothèque), pourquoi avoir arrêté cette collection ? Est-ce lié au destin de Deleatur ?

— Oui, tout à fait. L’expérience était à son terme. Je collaborais depuis quelques années à Ginkgo (j’y ai piloté une vingtaine d’ouvrages, dont trois romans de Jacques Abeille et un recueil de nouvelles de Deleatur). J’avais espéré un temps créer un «espace» Deleatur chez Ginkgo, avec une diffusion normale (Ginkgo est diffusé/distribué par Gallimard/Sodis). Cela n’a finalement pas été possible. J’ai réactivé Deleatur, mais pour un projet très particulier : « Sous la Cape », une collection mauvais genre (polars, érotisme, SF, fantastique…), avec une spécificité : tirage limité à 100 exemplaires de la version papier et téléchargement de la version numérique, avec contribution libre.

Bien que fort disparate en apparence, on a l'impression que la collection présente une sorte de constante pour la géographie imaginaire et pour un exotisme intérieur. Était-ce un choix déterminé ?

— Ah oui, « géographie imaginaire » « exotisme intérieur », c’est bien vu ! Cette collection reflète mon éclectisme foncier… comme la Nouvelle postale avant elle (avec la complicité alors active de Jean Pallone) : hétéroclites, bizarreries, jeux de langage, faux-semblants… Plus l’érotisme, en « sous-collection » – il s’agit là typiquement de géographie et d’exotisme intérieurs – avec l’exigence de l’anonymat (auteur, illustrateur et… éditeur, les 6 volumes parus sont totalement clandestins !).

Qui auriez-vous bien aimé publier dans cette collection ?

— J’ai fait la connaissance récemment de Sylvie Dubin, une nouvelliste virtuose. Peut-être un peu sage pour Deleatur, mais une de ses nouvelles aurait été en bonne compagnie dans cette collection !


Editions Deleatur
BP 12243
49022 Angers cedex 02
http//deleatur.free.fr
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Nous reviendrons plus tard - vous pensez bien ! - sur la bibliographie de la «sous collection» à laquelle faisait allusion Pierre Laurendeau.