Ouane maure Mystère pour la route !

Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, reprenez avec moi tous en chœur : "il est de retour, le divin Mystérieux Expéditeur". Eh oui, têtes blondes, brunes, rousses, poivre et sel ou déplumées que vous êtes, nous voici confrontés à un nouvel épisode du Mystère. Envoyé pile un mois après le précédent : notre bien aimable Expéditeur hausse le rythme !
Ce mois-ci, donc, notre cher Mystérieux Expéditeur s'est livré à quelques-unes de ses facéties préférées, avec notamment une enveloppe présentant quelques clins d'œil amusants. Sur son rabat, on note ainsi le 2005 dessiné en une sorte de pyrogravure, 2005 qui rappelle fortement le 1955 ornant l'un des précédents envois (l'épisode 4, pour être précis). Un indice ? Oui, peut-être, mais de quoi ? Je n'étais pas né en 55, un peu plus en 05. Et je ne vois guère d'événement survenu en 2005 qui pourrait nous aider (cela dit, j'ai tellement mauvaise mémoire que je n'ai plus vraiment souvenance de ce qui a bien pu se passer cette année-là…). Autre élément amusant, le timbre, reprenant une illustration du Petit Nicolas disant "J'ai fait le bonheur de tout le monde". Je ne sais pas si c'est à titre de conclusion que notre ami le Mystérieux Expéditeur dit cela, mais on lui rétorquera que oui, il a contribué au bonheur de tous ceux qui se sont intéressés au Mystère. Qu'il en soit donc remercié.
Par ailleurs, ce timbre a été oblitéré d'un cachet de la poste d'Ussac Pays de Brive, d'où avait déjà été expédiée l'enveloppe de l'épisode 4. La Corrèze serait-elle donc au centre du Mystère ? Cela en est un, de mystère ! Pour le reste, quelle qu'en soit la raison, on notera que l'adresse ne fait plus mention d'Otto Naumme mais simplement de mon nom (même pas mon prénom !), et que l'écriture est celle, je persiste à penser déguisée, qui a servi à la plupart des écrits intérieurs des précédents envois.


A l'intérieur de l'enveloppe, une preuve que le Mystérieux Expéditeur est doué de ses mains : un amusant carton plié en deux, percé de rubans violet, orange et bleu, les deux premiers formant d'attendrissants petits nœuds, bordé d'une dentelle façon "grand-mère" ! Pour couronner le tout, quelques graines de provenance inconnue (non, ni anthrax ni tabac qui fait rire…) et des "plumes" ressemblant à celles des fleurs de pissenlit.


Dans ce petit carton, une carte postale, visiblement faire "maison", sur une imprimante personnelle (de bonne qualité). Au recto, une photo délicieusement vintage tout autant que bondage, une charmante jeune femme brune en gaine, bas, porte-jarretelles et talons aiguille terminant de fixer sur une comparse habillée de manière similaire (et aux mains liées) un objet destiné à obturer la bouche de la "victime" (les aficionados du bondage et du BDSM connaissent sans doute la dénomination exacte de cet objet, mais mes connaissances en la matière sont des plus réduites, je dois le confesser. Je mérite peut-être une fessée pour cela, non ?). Les spécialistes le confirmeront, mais il me semble bien que la "victime" de la photo n'est autre que la célèbre pin-up Betty Page, qui fit fureur dans les années 50 par ses photos en petite tenue et dans des postures plus ou moins fétichistes. De toutes les manières, une bien agréable illustration que cette carte !


A son verso, notre Mystérieux Expéditeur, toujours aussi facétieux, y a été de son habituel message sybillin : "Avec les vœux pieux des Éditions Les Pieds de Mouches de Gueullette ! An X du siècle 2000". Après avoir transmis au Mystérieux Expéditeur (ainsi qu'à tous les lecteurs de ce blog) nos propres vœux, on notera avec amusement cette amusante tournure de phrase du "siècle 2000", utilisée, je le présume pour éviter une répétition ("An X des années 2000" par exemple).


Quant aux " Éditions" sus-nommées, quel clin d'œil ! Les plus bibliophiles ici présents connaissent sans doute déjà l'énigme des "Pieds de mouches, ou nouvelles Noces de Rabelais (Paris, 1732, 6 vol. in-8)", que serait censé avoir écrit le dénommé Gueullette. Or, un passionnant article de l'excellent blog Le Bibliofil, signé d'un certain Paul Lacroix, lève le voile sur ce mystère : cet ouvrage n'a en fait jamais existé ! Après avoir mené son enquête en questionnant libraires et bibliophiles et en ayant parcouru maints ouvrages dont La France Littéraire de Quérard, Paul Lacroix a trouvé la clé : Jamet l'Aîné, sensé avoir participé avec Gueullette à l'écriture de l'ouvrage mystérieux, a, en fait "eu part avec Gueullette aux pieds de mouches et aux Nouvelles notes sur Rabelais" – en rappelant que les "pieds de mouches" sont, en jargon typographique, des notes de bas de page en caractères minuscules ! En fait, conclut Paul Lacroix, Gueullette et son acolyte auraient travaillé aux notes de bas de page des Essais de Montaigne ainsi qu'à celles des Nouvelles notes sur Rabelais, dans l'édition de 1732, en 6 volumes in-8... Une savoureuse enquête, n'est-ce pas ?
Quant à savoir ce que sa mention signifie dans notre Mystère… En dehors du fait que cela confirme que le Mystérieux Expéditeur est des plus lettrés, je ne vois guère… A moins qu'il s'agisse de signifier que, dans nos recherches, nous confondons contenant et contenu. Si quelqu'un a une idée sur le sujet…
En tous cas, le Mystère est toujours passionnant, du moins pour moi. Et je continue à prendre plaisir à recevoir ces Envois. Puissent-il continuer longtemps – même si j'ai hâte de savoir qui peut bien être ce Facétieux Expéditeur !

Otto Naumme

Le Tenancier est ému

Oui, il est ému par le témoignages de solidarité et d'amitié parvenus de différentes façons. Que l'on sache que le problème auquel le Tenancier doit faire face, s'il est préoccupant, ne saurait entamer sa vigoureuse bonne humeur. Après un coup d'arrêt, ce blog va reprendre doucement. Ainsi, tout à l'heure vous allez découvrir le nouveau billet d'Otto. A ce sujet, on n'aura pas eu le temps d'archiver le précédent. On compte donc sur votre sagacité pour consulter les archives pour raviver votre mémoire et consulter celui qui manque dans le corps de ce présent blog.
Enfin, le Tenancier envoie une pensée tout amicale à une personne qui ne s'est pas manifestée mais qui a actuellement d'autres préoccupations bien plus importantes.
Christophe, je pense à vous, notre rendez-vous tient toujours.

Le Tenancier ému (si si !)

Problème

Un gros plantage de ma base de données de livres - celle-ci est indispensable pour continuer de vendre sur ne net - m'oblige à ralentir considérablement ma production sur ce blog pour quelques temps. Je vais faire mon possible pour résorber ce problème le plus vite possible, mais le casse-croûte de votre serviteur est en jeu, c'est donc une priorité.

Á très bientôt.

Poche scriptum

Les lecteurs de ce blog se souviennent sans doute d'un billet où je montrais mon enthousiasme pour les couvertures de la collection Great Ideas chez Penguin Books. En voici encore quelques volumes ci-dessous. Pour en apercevoir d'autres, conçues par le même designer, on cliquera ici en direction de son site.
Merci de nouveau à Eva Truffaut pour qui tout ce qui est image n'est point étranger.




Mane, thecel, pharès

Le phantasme du collectionneur et du bibliophile est la complétude de sa collection, obsession un peu vaine dans sa prétention car qui n’a pas été parfois déçu par tel ou tel item dans une longue série ? Néanmoins, cette aspiration est au moins salutaire au bibliographe dont les recensions ne sauraient tolérer la moindre absence. Parfois, par la force des choses, par la rareté de l’objet de l’étude, on se voit obligé de laisser des espaces vierges, des Terrae Incognitae bibliographiques, laissant ainsi le soin et l’honneur aux plus chanceux d’entre nous de recenser ce que nous n’avions pu trouver par nous même. Il est parfois aussi d’étranges béances, des volumes qui apparaissent fugacement et dont on jurerait que leur place n’est pas entre nos lignes mais bel et bien dans une autre compilation. Et puis, il y a les exemplaires fantômes, les projets, les renoncements des éditeurs qu’ils n’ont pas eu le temps de combler par un autre volume, ou simplement à cause du décès de la collection ou de l’arrêt définitif de l’éditeur. Les exemplaires fantômes se manifestent parfois un temps et puis disparaissent d’une liste soudainement. On s’en frotte presque les yeux.
Le Tenancier pensait bien avoir la série complète des Minilivres de chez Deleatur. Un début de preuve réside dans les dix-neuf premiers volumes de la collection exposés dans ce présent blog…
Or, Le Patrick Boman, A Naïve Romance, aurait dû être le vingtième de la collection. A l’évidence un exemplaire avait échappé à notre sagacité. Par chance, la plupart des ouvrages de la collection comportent sur leur rabat de couverture la liste des titres parus. Il ne fut pas difficile de retrouver celui qui manquait, comme on le voit dans la reproduction ci-dessous.


Il s’agissait de Une nuit dans la Grande Bibliothèque, texte non signé et au sujet duquel nous pouvions seulement nous perdre en conjectures. Ce manque nous dégrisa quelque peu. Il nous fallut prolonger les recherches car, autant que le Tenancier s’en souvenait, il ne l’avait pas vu mentionné dans d’autres liste par ailleurs à sa disposition. Il fureta donc dans un rabat de livre plus récent et pu voir ainsi que l’ouvrage en question y avait été éliminé.


Le nouveau numéro 9 était le livre de Pierre Laurendeau Oli bobo et les 40 Douleurs. Ce décalage - on oserait même parler de Déclassement - renvoyait Une nuit dans la Grande Bibliothèque dans la catégorie des H.C., c’est-à-dire des « Hors Collection ». Enfer et Damnation ! Ainsi, tantôt le Tenancier fut, alors qu’il possédait déjà les 20 premiers volumes, détenteur d’une collection incomplète, puisqu’il en aurait fallu 21, mais il se retrouve désormais avec une collection complète tout en ne possédant pas précisément cet ouvrage ! (*)
Un événement vint jeter définitivement le trouble dans l’ordonnancement maniaque du Tenancier. Pierre Laurendeau, directeur de cette collection, sollicité par les soins de votre serviteur, se fit un plaisir de lui transmettre une version électronique de ce titre en lui en expliquant la teneur. Il était alors détenteur d'un exemplaire virtuel Hors Collection qui ressemblait furieusement aux exemplaires des Minilivres sans en faire partie, tout en…
Bref, on ne pouvait en définitive que signaler l’ouvrage, en mentionnant la chose suivante :
Exemplaire H.C. qui s’insérait entre le numéro 8 et le numéro 10 (lequel est devenu depuis le numéro 9). - Toujours la même présentation et le même nombre de pages...
En voici la reproduction.


Quant au livre lui-même ? Eh bien laissons Pierre Laurendeau s’en expliquer…
«Ce petit conte personnalisable a été écrit il y a une vingtaine d’années pour l’inauguration d’une bibliothèque. C’était l’époque où on pouvait encore jouer sur la « magie binaire » sans craindre qu’un fâcheux commente d’un air blasé : « Ben oui, c’est une fonction recherche/remplace ».
Je l’ai décliné en version h/f/couple !
Il y a une dizaine d’années, j’en « produisais » une bonne centaine par an, au gré des salons… Je me suis calmé, car c’est tout de même très contraignant !»
Donc, par la force des choses ce titre est forcément unique, puisque son possesseur en est le personnage principal. Heureux les mortels qui possèdent leur version papier !
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(*) - La maison ne délivre pas d'aspirine...

Effacement

On vient d'apprendre que Les Liaisons Dangereuses de Laclos ne seront plus au programme du bac de français l'année prochaine. À la place nous aurons le gentillet texte de Pascal Quignard, Tous les matins du monde...
On ne peut s'empêcher de penser que la motivation de ce changement ne tient pas à la potentielle incompréhension des lycéens mais bel et bien à deux facteurs essentiels :
- Le mépris de la culture classique, déjà illustré par les déclaration tonitruantes sur la Princesse de Clèves, qui nous signifie bien dans quel état la culture française veut être maintenue et dans quelle optique elle est désormais considérée.
- Au retour à un ordre moral antérieur même aux années 60, cette année 59 qui fit paraître l'adaptation par Vadim, Les Liaisons dangereuses 1960 et dont le scandale et la plainte de la Société des Gens de Lettres ne réussit toutefois pas à le faire interdire. Mais ce fut de justesse. La même année, l'interdiction de certains films passa de l'âge de 16 ans à celui de 18 ans, nombre de films de la Nouvelle Vague (dont le Vadim) étaient visés. On citera Roger Frey alors ministre de l'information, au parlement :
"Je ne cacherai pas mon inquiétude devant la génération spontanée de films scabreux ou qui frôlent la pornographie, devant la surenchère d'érotisme ou de violence à laquelle se livrent certains producteurs, sans l'excuse de la moindre considération artistique". (*)


Une censure nettement plus insidieuse et discrète est désormais en cours. Elle opère également sur l'intelligence, elle opère sur la culture. L'affrontement n'est plus frontal. Elle tend a faire disparaître un monde et une sensibilité. C'est une opération de substitution, d'effacement d'une identité culturelle, d'une identité française.
Et, curieusement, de celle-là, personne ne débattra.
...
Ah oui... Blaise Pascal est aussi viré du programme.

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(*) - Cité in : Cinéma 59 - n°41 - Novembre/décembre 1959

Ma sœur

Ah, mais n'allez pas croire que ma sœur ne possède que des machins ésotériques, ou des trucs de babas comme tout Castaneda, par exemple (elle les possède aussi), dans sa bibliothèque ! Deux livres ont rejailli, comme ça, de ma mémoire. J'en ai lu un. L'autre, il faudra bien que je le lui emprunte, depuis le temps que je le vois dans sa bibliothèque et que je tourne autour. Où alors, il faudra que je m'incruste chez elle, le temps de le lire, ce qui me dispensera de songer à le lui rendre lorsque je l'aurai fini. Qu'on se rassure, je lis relativement vite et je ne serai pas un poids longtemps pour elle. Et puis, elle n'est pas si cool : une soupe au lait...
Le premier, lu avec grand intérêt est un livre de Godfrey Hodgson : Carpetbaggers et Ku-Klux-Klan paru chez Julliard. L'autre est de Rap Brown : Crève, sale nègre crève, chez Grasset. Tous deux furent publiés dans les années soixante.
Bigre ! Ma sœur a donc eu une période "conscientisée" et s'était mise à lire des choses en rapport avec la condition des noirs aux États-Unis. Mais au lieu de la bête autobiographie d'Angela Davis, elle se payait le luxe de lire des textes nettement plus énervés et des essais historiques pointus. En fait, nombre de livres de sa bibliothèque ont été lus par mes soins lorsque j'étais nettement plus jeune. Je me rappelle avoir lu chez elle pour la première fois Crime et Châtiment (dans l'édition du Livre de Poche), Le Tremblement de Terre du Chili de Kleist dans l'édition de La Pléiade (Romantiques Allemands - tome 1 - je l'ai dans ma bibliothèque aussi, maintenant) - curieusement, je fis l'impasse pendant de longues années sur la Marquise d'O jusqu'à ce que mon visionnage du film de Rohmer m'y pousse enfin.... - et puis Walt Whitman, et bien d'autres textes. On reviendra sur quelques lectures de chez elle, un de ces jours.
Tout cela pour vous confirmer une chose que vous savez déjà tous : notre bibliothèque nous révèle presque infailliblement, d'autant que ma sœur - toute révérence gardée - eut pu être Tenancière, car elle travailla également en librairie, autant dire une sorte d'éponge sensible à l'air du temps. Comme l'érosion n'a pas eu prise sur sa bibliothèque, beaucoup de strates sont encore visibles dont celle qui contient le Rap Brown et le livre sur les carpetbaggers. On le sait déjà, c'est une créature tout droit sortie des années 60 et l'ère Jurassique de sa bibliothèque conserve encore quelques beaux specimen de fossiles. Mais son ère quaternaire est également riche quoique plus papillonnant, plus poétique et parfois nettement plus "mainstream"... comme ce livre sur les bandits célèbres.
Sur ce livre-là, Kipling aurait dit : "mais ceci est une autre histoire". Je me contente de vous renvoyer au prochain billet sur ma sœur...

Bibliographie : Minilivres - n° 19

Patrick Boman



A Naïve
Romance

A very short story



Angers - Éditions Deleatur, 1996
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en mars 1996 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques philologues.

Bibliographie : Minilivres - n° 18



Les Petits
Chaperons
rouges




Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en janvier 1996 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques croqueurs de galettes.

Éthers

Ces derniers temps, le Tenancier travaille a réassortir ses réserves, à vider une caisse pour en remplir une autre, à faire la navette entre sa salle de travail et son entrepôt. Dans un tel exercice, on ne se prête pas tellement à la contemplation. On sort les livres des caisses, on pointe, on range. Seulement il peut arriver que le Tenancier ait quelques faiblesses pour les images. C’est ainsi qu’il se surprit à feuilleter un album qu’il avait acheté il y a bien cinq ans et qui avait échappé inexplicablement à la concupiscence de ses clients.


On connaît la revue The New Yorker avec ses célèbres illustrateurs, tels Steinberg ou bien Chas Adams… Derrière ces noms, toute une cohorte de dessinateurs moins connus de ce côté-ci de l’Atlantique étaient également représentés dans l’album qu’il tenait entre les mains. La plupart des dessins – ligne éditoriale oblige – étaient d’un humour fin, incitant plus à sourire qu’à la franche rigolade. Il n’est pas étonnant, réflexion faite, que Sempé y participe ultérieurement. On rappellera d’ailleurs à l’amateur qu’un ouvrage rappelant ses travaux dans cette revue est paru très récemment.


Ainsi donc, le Tenancier, toute honte bue, fut dispendieux de quelques longues minutes, un vague sourire hasardé sur son visage buriné par la poussière de papier.
Ce fut au cours de ce papillonnement futile qu’il se trouva devant un signe ténu et néanmoins poétique. Puisqu’il n’est jamais de bonne nouvelle que celles qui arrivent par les éthers, le Mercure ailé se manifesta donc par les volatiles, bien évidemment.


Il y avait dans ce dessin comme un rappel confus d’une chose qu'il avait vu il y a quelques temps, mais quoi ?
La question resta en suspens un après-midi entier jusqu’à ce qu'il réalise…
Le dessinateur avait tout simplement prévu Les Hirondelles de Bannes, de notre ami cls. Alors, prémonition ou plagiat par anticipation ?


Deux signes en si peu de temps, en tout cas. On le sait déjà, le Tenancier reçoit de temps en temps des avertissements par les éléments aérien, vaporeux, subtils…
En attendant de savoir de quoi il retourne, Le Tenancier garde cet album par devers lui, lui prêtant à tout hasard les vertus d’un oracle.

Bibliographie : Minilivres - n° 17

Pierre Charmoz

Première
ascension
népalaise
de la tour Eiffel




Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en mai 1996 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques grimpeurs.
Première édition : Deleatur,1984

Bibliographie : Minilivres - n° 16



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Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en février 1996 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques cryptographes.

Bibliographie : Minilivres - n° 15

Jacques Abeille

Lettre
de Terrèbre





Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en septembre 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques voyageurs.

Bibliographie : Minilivres - n° 14

Pierre Laurendeau

Le Piège






Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en septembre 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques jolies guêpes.

Subtil enchantement pour des vœux

On n'attend de l’amitié souvent que de muettes ingratitudes, des efforts suspendus dans le vide de l’absence, un écho plat et filant comme le pouls d’un vieillard. Souvent on préfèrerait les afflictions d’un amour finissant que le silence d’un ami. Mais alors, on serait singulièrement masochiste de se situer dans cette alternative et même dans ce paradigme. Pourtant, si l’on est lecteur de La Fontaine, lorsqu’on a lu et fait sienne la fable des « Deux amis », on se déchire parfois de cette mutité qui ne vous entraîne même plus à deviner, seulement à vous demander, seulement cela…
Et puis revient parfois une trace ténue de celui qui vous manque. On revit un peu, on espère beaucoup, autant que l’on avait espéré auparavant et toujours avec cette même dose de lucidité qui est la condition de cette amitié. Sans illusion, donc, mais avec cette envie de bonheur des mots et du confort de cette présence-là.
Christian a fait sa carte de vœux.
Sa substance provient de ce qu’il avait écrit dans ce présent blog, il y a quelques temps.
Un signe s’y trouve.
Et cela me suffit pour l’instant.

Pour revoir et comparer, c’est ici et
Et pour faire risette chez lui : encore .

Bibliographie : Minilivres - n° 13

Charles Perrault

Le Petit
Chaperon rouge





Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en août 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques croqueurs de galettes.

Bibliographie : Minilivres - n° 12

Georges Le Gloupier

Ode à l'attentat
pâtissier





Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en juin 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques gourmands.

Le Mystère de l'Abeille, épisode 5

Tout d'abord, mes plates excuses pour ce retard. J'ai reçu un nouvel Envoi Mystérieux (les majuscules ne sont pas de trop) juste avant de partir en vacances de Noël (j'y reviendrais, vous verrez pourquoi…). Et j'ai été passablement débordé depuis mon retour.
Bref, je ne vais pas vous raconter ma vie, sauf cet épisode : j'ai donc reçu un nouvel Envoi Mystérieux. Comme tous les précédents (à voir ici), croquignolet à souhait, énigmatique au-delà de toute espérance, amusant, pour tout dire, Mystérieux !
Commençons par le commencement, avec une enveloppe qui ne manque pas d'attraits. D'abord parce que, pour la première fois, on peut y voir inscrit mon pseudonyme, cet Envoi étant destiné à "Otto Naumme, aux bons soins de …" (permettez que je taise ici, par pudeur et timidité bien sûr, mon réel patronyme et mon adresse…), manuscrit de la même écriture que la précédente enveloppe reçue. Côté philatélique, après les patchworks abeillo-norvégo-allemano-haddockien et otto-mobile des précédents envois, un nouveau clin d'œil est fait en direction de la Belgique, avec des timbres représentant les Dupont-d et la Castafiore, personnages ô combien illustres de l'univers tintinophile. Quant à ce qui tient désormais lieu de cachet de la poste, une rapide enquête démontre que le 39409A correspondrait à la Côte-d'Or.
Plus impressionnant est le verso de cette enveloppe. Car le dessin qui l'orne, à la gloire du magazine du début des années 70 Combat Non-Violent, démontre tout simplement qu'il s'agit en l'espèce d'une sorte de pièce de collection ! Je ne suis en effet pas sûr qu'il reste tant d'enveloppes de ce type en circulation de nos jours. En tous cas, mon cher ami Tenancier sera d'accord avec moi, voilà de quoi se demander s'il n'existe pas un rapport entre le Mystère et un bon vieil hymne goldorakien de notre connaissance ("Goldoraque lou larzem", des Los Gonococcos, qu'on peut écouter ici, de même que "Mezral oul qu'arodlogue", ici - il faut savoir que Los Gonococcos a réellement chanté celle-ci en concert ! - et ne manquez pas le remarquable autant que sous-estimé "Putaing Con", ici).
Bref… Qu'y avait-il dans cette enveloppe ? Une fois résolu à déflorer cette tranche d'histoire, j'ai donc pu découvrir le contenu de l'enveloppe : un objet emballé dans un papier crépon vert sur lequel était marqué, côté pile, "Un mystère invité !", le côté face servant de support à la phrase "Bon solstice !" (merci, au passage, cher Expéditeur ! Et vous de même, avec un peu de retard !) et un petit papier otto-collant fermant cet emballage crépon. Petit papier sur lequel est écrit (pardon pour la photo un peu floue…) "Credo Ligas" et, en plus petit, "Hecho a mano Jamastran", le tout illustré de deux masques fumant le cigare (ce qui est logique, Credo Ligas est une marque de cigares honduriens).
A l'intérieur de cet emballage, le cœur du sujet, un petit livre de Jean Raine paru en 1970, intitulé "Simulacres d'innocence" et illustré par une "Figure de Victor Brauner". Comme le souligne la couverture, il s'agit du volume 38 de la collection Les Poquettes volantes des éditions Daily-Bul, sises à La Louvière, en Belgique. Et cet exemplaire porte le n° 763 d'un tirage limité à 1 000 exemplaires.
A l'intérieur, la figure de Victor Brauner est titrée "Pour le club Antonin Artaud, ce portrait mytho-lyrique en progression libératrice", et signé le 30 août 1963.
Notre Mystérieux Expéditeur a marqué au moyen d'une pointe en laiton une page précise de l'ouvrage, qui contient un très amusant texte intitulé Les archives, dont le sujet peut se résumer ainsi : "comment lui enlever sa culotte pour le bénéfice de mon musée de la culotte et ce sans l'offusquer ?".
Certains le savent déjà, d'autres, moi le premier, ont eu recours à Internet pour le savoir (par exemple ici), Jean Raine a fait partie du groupe CoBrA en tant que poète, cinéaste et peintre.
Clin d'œil amusant, lors de mes vacances à Barcelone, j'ai visité le (plutôt décevant) musée d'art contemporain de la ville, où un artiste exposait toute une série de clichés représentant les membres de groupes connus (surréalistes, situationnistes, CoBrA, etc.) avec deux constantes : chaque photo représentait un groupe d'hommes plus une femme et la "légende" proposée par l'artiste attribuait des noms féminins à chaque homme tout en baptisant "Unknown" les femmes figurant sur la prise de vue. En soi-même, le "concept" n'a guère d'intérêt, mais le rapprochement avec le Mystère ne manquait pas de sel, d'où ces photos…
Pour conclure, tous ces indices ne me semblent pas nous faire avancer beaucoup vers la solution du Mystère. En matière de CoBrA, on peut même se demander s'il ne se mord pas la queue. Mais, quoi qu'il en soit, j'avoue avoir beaucoup apprécié ce bien joli cadeau dont je remercie chaleureusement le Mystérieux Expéditeur. Mais j'aimerais pouvoir, un jour, le faire de vive voix et non par l'intermédiaire d'un blog, fusse-t-il celui de notre cher Tenancier !

Otto Naumme






















PS : pour les curieux, voici la fin du texte Les archives, à la tourne : Alors, j'ai retenu "La Capture de la Culotte". Mais tout ceci est un rêve. Non le Musée de la culotte n'est pas près d'être fondé.
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Pour les épisodes précédents, c'est ici !

Toujours pas ressemblant...


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