Bibliographie : Omajajari - 12



Nathalie Quintane
Finis ton potache !
Jarry lecteur de Daudet

Plaquette 11 x 15 cm, 16 pages, dos agrafé,
pas de mention de tirage
Illustration de couverture de Nathalie Quintane - Collection Omajajari
Châlons en Champagne, Cynthia 3000, 2007

Copinage


Page(s), onzième année - salon de la bibliophilie


Fornax y sera, après une absence de cinq ans, et Christian Laucou sortira exceptionnellement de la caverne où il se cache pour défendre ses dernières et ses avant-dernières créations livresques.

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Espace Charenton
327, rue de Charenton 75012 Paris

vendredi 27 novembre 2009 de 14 à 18 heures
samedi 28 novembre 2009 de 11 à 20 heures
dimanche 29 novembre 2009 de 10 à 19 heures

Le Mystère, épisode 4

Je sors de ma tanière où la honte m'avait poussé à me reclure pour enfin vous dévoiler ce fameux épisode 4 du Mystère (voir ici, pour les précédents épisodes). Et, je vous le garantis, c'est le plus alambiqué de tous, les doigts dans le nez et les mains dans les poches (une posture intéressante mais quelque peu ridicule, au demeurant).
Or donc, le mystérieux Expéditeur a encore frappé ! J'ai reçu il y a quelques jours un envoi qui vaut son pesant d'intrigues.
Le recto de l'enveloppe, tout d'abord : mon adresse, manuscrite de la même manière que la carte postale de Ramona Mirador. Ensuite, une plaque entière de timbres célébrant une expo de voitures anciennes, "Philexjeunes 2000 – Annecy". Le tout cacheté à Ussac Pays de Brive – DCIS, 19. En sus, trois tampons encrés : l'un indiquant simplement la date 1955, les deux autres représentant les sigles de deux marques automobiles, Opel et Volvo.
L'enveloppe elle-même, ensuite : un format A5 environ, des œillets rivetés pour clôre l'envoi (je n'avais jamais vu cela, personnellement, sur une enveloppe) et, tamponné ou imprimé au verso, je ne sais, le logo (du moins j'imagine) d'un magasin nommé Int. Papyrus Center situé à Giza (Gizeh par chez nous) en Égypte !
De quoi déjà se poser pas mal de questions, isn't it ? Mais le plus beau est à venir.
A l'intérieur de l'enveloppe, une protection écologique semblable à celle utilisée dans l'envoi précédent, à la différence que celui-ci est replié et scotché, alors que trois dessins d'interrupteurs on-off ornent ce morceau de scotch…
Mon Expéditeur aimant probablement les poupées russes, sous cette protection figurait un emballage. Et pas n'importe lequel. Ficelé comme un rosbif, un objet de format 15 x 11 recouvert d'un papier d'emballage à l'effigie de James Dean (un rapport avec le 1955 de l'enveloppe ?). En fait une sorte de mini-poster produit par Jean Card & Gift Co., le verso de ce papier au format cahier étant une page de notes.
Après avoir coupé les deux ficelles et déplié James Dean, j'ai enfin pu accéder au contenu de cet envoi : il s'agit d'un petit opus signé Jean Clair (que l'on ne vous fera pas l'injure de présenter) et intitulé (cramponnez-vous) : "De l'invention simultanée de la Pénicilline & de l'Action Painting, et de son sens", ouvrage publié dans la collection Envois par L'Échoppe. Un petit livre non coupé d'une vingtaine de pages au contenu éminemment instructif, où il est question, bien sûr, de pénicilline et d'Action Painting, mais également de champignons (comestibles ou non), de Baudelaire, de transsubstantiation, de pain et de pâtes italiennes, le tout bien évidemment interconnecté de manière très talentueuse. En outre, surprise, deux passages de l'œuvre sont mis en avant par l'Expéditeur au moyen d'un point d'exclamation, tous deux portant sur les pâtes italiennes, tegole, orecchiette et taglierini pour le premier, ripieni pour le second. A en perdre son latin…
Ah ! J'allais oublier. Glissé dans l'ouvrage se trouvait également une carte postale, éditée par les Editions WPS de Marseille. Au recto, un dessin fort priapique d'Elliot Baldovich superposé à un poème en vers intitulé Les pipeaux (et, d'après ce que j'ai pu voir sur le site des Editions WPS, issu de Maldoror…). Au verso, une citation imprimée d'Héraclite, en rapport avec le dessin : "À l'arc le nom du bandeur mais son œuvre est la mort" (avec le o de oe rajouté à la main). En dessous, le message manuscrit (la même écriture que sur les cartes précédentes) indiquant "C'est pas du pipeau !" et signé "Stéphanie de Warchouf". Signature palimpseste, une première version écrite de ce nom ayant été gommée car, on le suppose, masquant mal l'écriture réelle de l'auteur. Quant à ce nom, Stéphanie de Warchouf, il n'est pas sans intérêt, comme le montre l'extrait de ce texte de Bertrand Galimard Flavigny, "Pour apprendre aux dames le calcul et l'orthographe…" : "Il (Pierre-Guillaume Galimard, avec un seul l, note d'Otto) avait, curieusement prit soin de l’ajouter à un autre titre, Vélocifère grammatical, ou La Langue française et l’orthographe apprises en chantant, ouvrage très élémentaire, unique en son genre, mis en vaudevilles et dédié aux demoiselles, signé Mlle Stéphanie de Warchouf « âgée de 15 ans, élève de M. Galimard ». Cette charmante demoiselle, du moins nous le supposons, et pour le moins précoce, n’aurait en fait jamais existé et dissimulerait notre professeur. C’est du moins Julien Tell qui l’affirme dans son ouvrage Les Grammairiens français depuis l’origine de la grammaire en France jusqu’aux dernières oeuvres connues [1520-1874] ; ouvrage servant d’introduction à l’étude générale des langues, paru chez Didot en 1874. Pierre-Guillaume Galimard aurait-il voulu faire un coup commercial en prenant ce pseudonyme féminin ?"

En tous cas, nous voilà donc avec une belle collection d'éléments variés :


- des timbres sur l'automobile ancienne
- un tampon 1955
- des tampons sur l'auto (Opel et Volvo, américano-allemand et suédois donc)


- une enveloppe parlant de papyrus, Giza (Gizeh chez nous) et d'Egypte


- un emballage écolo
- un morceau de scotch avec des dessins d'interrupteurs on-off



- un objet ficelé comme un rosbif



- un emballage James Dean



- un livre de Jean Clair, assez surréaliste (et volontairement)


- une carte postale surréaliste aussi, avec Lautréamont et Baldovich plus Héraclite


- une Stéphanie de Warchouf qui serait soit une gamine surdouée du XIXè siècle, soit le pseudo d'un Galimard et de toutes façons aurait écrit un ouvrage sur l'orthographe en chantant
- un texte "c'est pas du pipeau" qui doit vouloir dire quelque chose...
Comme tout le reste. Mais quoi ???
Juste comme ça, m'est venu à l'idée cette chose : Warchouf aurait donc été un pseudo, en son temps. Et il/elle signe aujourd'hui un texte disant "c'est pas du pipeau !". Ce qui semble nous faire quelque peu revenir au "Je peux mentir" du martien de Fredric Brown.
Certes. Mais où cela nous mène-t-il ? J'avoue ne pas en avoir la moindre idée.
Si quelqu'un en a une, d'idée, je suis preneur.
En attendant, un nouveau grand merci à l'Expéditeur pour cet ouvrage fort intéressant et cette énigme… énigmatique !
Mais bon, un de ces jours, j'aimerais bien savoir de qui il s'agit…

Otto Naumme

Bibliographie : Omajajari - 11



Lucien Suel
Déjà vu, déjà lu, déjà ri
(hommaRge à Jarry)

Plaquette 11 x 15 cm, 32 pages, dos agrafé,
pas de mention de tirage
Illustration de couverture de Lucien Suel - Collection Omajajari
Châlons en Champagne, Cynthia 3000, 2007

Mystère épisode 4 : bientôt sur vos écrans


C'est un lamentable teasing auquel me force le Tenancier, mais ses menaces (privé de jeux de mots pendant un mois) sont telles que j'ai du plier. Donc, me voici en train de faire un teasing, histoire de vous mettre l'eau à la bouche.
Parce que oui ! j'ai reçu un nouvel envoi de notre Expéditeur mystère !
Pour l'instant, je vous livrerai juste (on tease ou on tease pas, hein…) quelques éléments :
- Héraclite
- Gizeh
- 1955
- L'art painting
- Un rosbif.

A très bientôt pour découvrir toute l'histoire. En attendant, je vais cacher ma honte…

Otto Naume

Le Tenancier a décidé de vous faire lanterner un peu, histoire de vous faire réviser le début de l'enquête...

Bibliographie : Omajajari - 10



Pierre ZiegelmeyeR
Actes & Paroles
de Sangulus Épiphène,
renézidorien

Plaquette 11 x 15 cm, 16 pages, dos agrafé,
pas de mention de tirage
Illustration de couverture de Pierre ZiegelmeyeR - Collection Omajajari
Châlons en Champagne, Cynthia 3000, 2007

Tu tires ou tu pointes ?

Le recours abusif à des signes de l’appareil graphique peut se nommer surcodage, surbalisage. Intéressant de voir que l’emploi du guillemet est régulièrement galvaudé à l’écrit par méconnaissance de la convention qui lui confère pourtant quelques usages rares et très précis, aussi bien sur le plan typographique que sur le plan syntaxique. Les chevrons nous distinguent des apostrophes anglo-saxonnes.


Le guillemet a longtemps pallié l’absence d’italique ; ce temps est révolu et le recours à l’un ou à l’autre est bien distinct, désormais. Qu’on se le dise, le guillemet modifie le signifié, tandis que l’italique se fiche du signifié ! Le guillemet est subjectif et l’italique est objectif. Le guillemet cite, plaisante, distancie le signifiant du signifié, il minore, il « péjore » ; l’italique renforce. Bref, on ne guillemette pas des italiques : Les chevronnés ne font pas bon ménage avec les inclinés !

À la lecture d’un texte, l’intention que l’on prête aux guillemets à l’écrit disparaît, alors qu’ils affublent de plus en plus le discours.


Ce mésemploi d’ordre abusif aurait – aussi – dérivé dans la langue orale ?, dans ces phrases où, incidemment, on spécifie qu’un mot, une expression, sont à considérer « entre guillemets » ? Le locuteur veut exprimer une nuance et à défaut d’employer le mot qui convient, laisse son interlocuteur dans l’embarras du choix, le désarroi. Les tenants et les aboutissants résident dans la non-implication du locuteur qui relève à mon avis plus du syndrome que du symptôme si l’on ajoute la gestuelle imitant les guillemets avec les trois doigts de la pince palmaire pour dire que l’expression est à prendre avec des pincettes. On peut y voir une appropriation du langage : le locuteur signale qu’il emploie une expression dans une acception infléchie, personnelle voire ironique, à ne pas prendre au sens premier.

N’y a-t-il pas lieu de corréler un affaiblissement de la panoplie du vocabulaire à cet affadissement qui veut que l’on indique à son interlocuteur quels termes sont employés au sens premier et lesquels sont employés dans un sens second, en faisant appel à l’appareil figuratif ? En va-t-il de la villosité du langage au détriment de sa précision ?
Bref, grâce à ce pare-étincelles que devient le guillemet, je module, je dulcifie, je lénifie, je réfrène, je… maintiens mes distances, comme sur la route.
Le parfum est à la tempérance dans cette nouvelle ère de « tolérance » : ici, guillemets impératifs de distanciation par rapport au sens premier du mot tolérance. Soyons indulgents, car… pour tolérer, encore faut-il avoir le pouvoir de faire appliquer la loi et donc celui d’interdire.


L’ère de la néotypographie verbeuse est là : de l’italique et du romain entre guillemets à gogo. Je surcode pour que tu décodes. Tu tires ou tu pointes ? Eh !, je sais pas, alors je… je guille !
À quand le particularisme qui nous vaudra la mention orale d’entre virgula, « entre petites verges » ? Ben oui, entre virgules, quoi ! Après tout, un mauvais écrivain n’est-il pas un pisse-copie ?


ArD

Illustration de Sabine Allard
sabineallard.com

Bibliographie : Omajajari - 9



Michel Arrivé
Il n'y a que la lettre
qui soit littérature

Plaquette 11 x 15 cm, 20 pages, dos agrafé,
pas de mention de tirage
Illustration de couverture de Michel Arrivé - Collection Omajajari
Châlons en Champagne, Cynthia 3000, 2007

Ma sœur

Pourquoi l'offset est-il un terme lié à ma sœur ? La chose m'est restée longtemps inexplicable avant que je ne me rappelle mes expéditions dans la chambre du fond, là ou elle dormait (parfois, lorsqu'elle devait sans doute se reposer de ses nombreuses conquêtes) alors que j'étais môme. La porte de la chambre donnait tout de suite sur un pan de mur sur lequel il y avait l'affiche de la pièce de théâtre "Je ne veux pas mourir idiot", de Wolinski. Images fugaces. C'est de cette chambre que je sautais par la fenêtre pour rejoindre mes potes. En effet, le rez-de-chaussée était plus bas de ce côté que dans ma chambre. Mes sœurs devaient sans doute faire de même, mais tard dans la nuit. Mais ceci n'est qu'une supposition rétrospective. Moi, je rentrais harassé de mes chevauchées, pistolet à la hanche, elles, rentraient au petit matin sous le regard courroucé de notre père.
C'est sans doute à l'occasion d'une de ces visites - même lorsque l'on n'a que huit ans, les filles sont déjà mystérieuses - que je tombais sur les cahiers de ma sœur. C'était des cahiers de petit format, "Héraclès" (il y avait le fameux archer sur le premier plat de couverture) au papier un peu jaunâtre, à la couverture vert d'eau dans lesquels s'alignait la ronde écriture de ma sœur. C'étaient les cours qu'elle suivait alors au Cercle de la Librairie. Il y avait quelques schémas dont des choses qui tournaient autour de l'offset. Était-ce vraiment à cette époque, plus tard ? Les souvenirs se télescopent-ils, se sont-ils reconstitués au gré d'un besoin informulé ?
Qu'importe. En soixante-huit, ma sœur sentait parfois l'oignon (c'était l'odeur des lacrymos) et elle travaillait en librairie. L'avenir se lisait les yeux mi-clos avec un sourire d'aise...

Bibliographie : Omajajari - 8



Samuel Lequette
Introduction à l'Herménoptique

Plaquette 11 x 15 cm, 16 pages, dos agrafé,
pas de mention de tirage
Illustration de couverture de Samuel Lequette - Collection Omajajari
Châlons en Champagne, Cynthia 3000, 2007

Ça s'fête !!!





Ce court billet est le 200e du blog.


Merci à vous tous.



Une bibliothèque

"On a voulu faire un reproche à Paul de Kock. On a critiqué la composition de sa bibliothèque.
Elle n'était assurément pas distribuée comme celle d'un épicier retiré des affaires, qui met Descartes et Newton sur le premier plan, bien qu'il ne puisse pas les comprendre, et que d'ailleurs il ne l'ait pas tenté, ne les ayant jamais ouverts de sa vie.
Elle ne contenait ni Hugo, ni Lamartine, ni Châteaubriand.
Elle contenait les œuvres complètes de son propriétaire.
Il n'y avait chez lui que lui. Quand il voulait lire, il se lisait.

*
* *

Tout d'abord, cela semble impliquer une grande vanité, une pensée d'orgueil indicible.
Mais, en réfléchissant bien, on voit la constante préoccupation d'un écrivain qui veut embrasser son œuvre entière, et établir une sorte d'harmonie entre ses parties si nombreuses.
A ce propos, une anecdote vraie.
Léon Gozlan, de spirituelle mémoire, fut un jour invité par le dernier souverain de Compiègne.
Napoléon, auquel il fut présenté par le chambellan de service, lui dit :
« Monsieur Gozlan, je connais vos livres.
- Je vous remercie, Sire.
- Je ne les ai pas tous lus.
- Ni moi non plus, Sire. »
On pourrait peut-être en dire autant de Paul de Kock.
Il n'avait peut-être pas lu tout ce qu'il avait écrit."

Timothée Trimm
La vie de Ch. Paul de Kock
Paris, Georges Barba - 1873


Bibliographie : Omajajari - 7




Éric Dussert
Alfred et l'omnibus

Plaquette 11 x 15 cm, 20 pages, dos agrafé,
pas de mention de tirage
Illustration de couverture de Éric Dussert - Collection Omajajari
Châlons en Champagne, Cynthia 3000, 2007

Je ne suis que la moitié de moi-même

«Lorsque je rencontre des vignerons, il ne faut guère de temps pour que j’aperçoive une réserve au fond de leurs yeux ou que j’entende ces paroles : oh, lui, de toute façon, c’est un écrivain !
Devant des écrivains, même punition : ce n’est qu’un vigneron !
Je ne suis que la moitié de moi-même et en général jamais la bonne.
Il n’y a que devant un verre et la plume à la main que je me reconstitue, que je réunis mes moitiés, ce n’est peut-être pas mieux, mais au moins, je suis entier.»



Henri Lhéritier (au premier plan)

Il nous a paru pertinent de reproduire - avec l'autorisation de son auteur - un court billet de Henri Lhéritier qui trouvait sa résonnance dans celui publié ici même par Christophe Borhen. Les lecteurs réguliers de ce blog savent à quel point nous aimons la fréquentation des blogs de ces deux personnes. Que ceci soit donc un nouvel encouragement à les découvrir. On espère toutefois pouvoir les lire céans de temps en temps.

Le Mystère de l'Abeille, épisode 3

Vous ne l'attendiez pas ? Vous n'y croyiez pas ? Vous ne l'espériez même plus ? Et pourtant, il continue à sévir !
Qui ? Le Mystère de l'Abeille, voyons !
Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, nous nous garderons de faire un résumé de l'histoire en les renvoyant d'abord ici puis , qu'ils découvrent les tenants et aboutissants de cette histoire qui passionne la France entière… euh, non, tout le grand Sud… Un département ? Un chef-lieu de canton ? Non, juste les habitués de ce blog ainsi que les impétrants qui passent par ces pages au hasard des développements de ce mystère et de leur éventuelle implication (nous avons ainsi eu le plaisir de lire ici Otto Ganz, que nous saluons du reste s'il revient lire cette suite, ou de contacter le "vrai" RCW, qui a nié être à l'origine du commentaire signé de son nom sur le précédent post…).
Bref, ne faisons pas languir plus longtemps cette auguste assemblée : il vient d'y avoir récidive ! En ce matin d'un lundi pluvieux de novembre (phrase qui me fait comprendre pourquoi Elmore Leonard insiste sur le fait qu'il ne faut jamais commencer un roman en parlant de météo…), ma facteuse habituelle m'a donnée en mains propres une enveloppe qui n'a pas manqué de me surprendre. Comme vous pouvez le constater, pas moins de six timbres l'ornent ! Et pas n'importe lesquels ! De haut en bas, on trouve deux timbres français de 1977 et 1979 – avec des prix en francs (on remarque du reste à quel point le prix du timbre a augmenté en 30 ans…) – représentant l'un une cigale rouge, l'autre – comme c'est curieux ! – une abeille… En dessous, un timbre norvégien (!) de 1979 illustré d'un tableau que j'avoue ne pas connaître. Plus bas encore, un timbre allemand daté de 1975 et parlant apparamment de drogues (je ne comprends pas l'allemand mais si quelqu'un ici peut traduire "Kampf dem Drogen-mißbrauch", je suis preneur…). Pour finir, deux timbres français actuels dont l'un illustré par le capitaine Haddock. Et tous ces timbres frénétiquement tamponnés (on dénombre pas moins de cinq coups de tampon sur l'enveloppe !) d'un cachet indiquant "La Poste 42296A" sans autre mention, de ville ou de lieu (des timbres de 1977 avec un cachet de 2009, cela intéresse peut-être un philatéliste, de même qu'un timbre norvégien avec un cachet français…). A noter également, dans le coin supérieur gauche de l'enveloppe, le sybillin intitulé "Sans Comptes de Retour" en caractères d'imprimerie. Une sorte de rébus passionnant, peut-on présumer…






Et dans l'enveloppe, me demanderez-vous ? Eh bien, dans l'enveloppe, une protection Renz Wire Pack "résolument écologique" (ce dont nous félicitons l'expéditeur) protégeait une carte de format A5 éditée par les Editions Robert & Lydie Dutrou (des éditeurs-imprimeurs spécialisés dans les ouvrages d'art et réalisant apparamment de très belles choses, voir ici et intitulée "L'image entre les lignes". Au verso, de la même écriture que la précédente carte reçue (celle des "cent mots"), le texte "Du Grand Hôtel des Valises, un rebondissement d'expériences indivises" et la signature "πemporpag octobre." (lire la lettre grecque pi en premier caractère). Quelqu'un(e) qui doit bien s'amuser. En effet, le seul "pemporpag" que l'on peut trouver sur Internet est un personnage de World of Warcraft, de race "undead" (mort-vivant, quoi !) et appartenant à la guilde des Gladiators. Ce qui ressemble furieusement à un clin d'œil au premier commentaire du précédent article consacré à ce Mystère, commentaire où l'estimé Georges WF Weaver soupçonnait "Quelqu'un qui connaît Jimmy Gladiator, à mon avis."





Un nouvel envoi, donc, qui, on peut le dire, ne nous fait pas avancer vers une résolution de notre énigme. L'on sait simplement que l'impétrant suit le Mystère sur les Feuilles d'automne de notre ami Tenancier et qu'il connaît une belle liste de maîtres-artisans de l'imprimerie et de l'édition (et qu'il doit bien rigoler…). A défaut d'avoir démasqué l'auteur de cette amusante mystification, il faut avouer que la découverte de tous ces éditeurs et auteurs est un réel plaisir. En plus, quelque part, cela me manquait. J'en étais à me dire "tiens, quand vais-je de nouveau recevoir un courrier mystère ?". J'ai été comblé. Mais fichtre, je me sens bien en peine de démêler cet écheveau et de trouver la solution du Mystère de l'Abeille. Si quelqu'un a une idée, il est le bienvenu…

Otto Naumme